Bataillon de Sidi-Brahim

17 mars 2012

Les Chefs de Corps du Bataillon de Sidi-Brahim

NOS CHEFS DE CORPS

Commandant ( Chef de Bataillon ) Dès l'origine c'est la dénomination générique qui sert à désigner ou qualifier la personne qui est à la tête d'une troupe, d'un service ou d'une situation militaire. Le titre sinon le grade apparaît avec la création de l'unité dont il porte le nom dans l'infanterie : le bataillon. Commandant est le premier grade des officiers supérieurs.  Commandant est l'appellation commune qui permet de saluer ceux qui portent le titre de chef de bataillon. Le commandant porte quatre galons monochromes. De 1840 à 1942, au bataillon de Sidi Brahim (8e BCP) celui-ci fut commander par un Commandant (chef de bataillon) de 1943 à 1964 par un lieutenant-colonel, enfin de 1964 à sa dissolution en 1999 par un Colonel.

Colonel : Apparu au XVIe siècle, il provient de l'italien "colonnello", chef de colonne. Depuis Henry II jusqu'à Louis XVI, le chef d'un régiment d'infanterie est nommé selon la période colonel ou Mestre de camp. C'est à partir de 1803 que le titre s'impose comme grade pour ceux qui commandent un régiment ou dirigent un service de même importance en termes de responsabilités. De par l'organisation du régiment, les responsabilités et l'engagement du colonel auprès de ses hommes, il est désigné comme " le père du régiment ". Le colonel porte cinq galons du métal de son arme.

 

Les Chefs de Corps du 8e Bataillon de Chasseurs à Pied

«  Bataillon de Sidi-Brahim »

 

Noms                    Dates               Appellations

 

CBA – UHRICH - 1840-1841  -  Bataillon de Chasseurs à Pied

CNE – LATOUR - 1841-1842  -  BCP -Chasseurs d'Orléans- Mort du duc d'Orléans

CBA – FROMENT-COSTE - 1842-1845  -  Chasseurs d'Orléans – Mort à Sidi-Brahim

CNE – DELMAS - 1845-         -  Chasseurs d'Orléans

CBA – DE LOURMEL - 1845-1847  -  Chasseurs d'Orléans

CBA – DONAY - 1847-1849  - Chasseurs d'Orléans – BCP

CBA – BRAS DE FER - 1849-1853  -  Bataillon de Chasseurs à Pied

CBA – DE BRAUER - 1853-1856  -  BCP

CBA – BRINCOURT - 1856-1857  -  BCP

CNE – MANGIN    - 1857-1857  -  BCP

CNE – DOLEAC       - 1857        -  BCP

CBA – MERLE        - 1857-1860  -  BCP

CBA – LOCNHER    - 1860-1864  -  BCP

CBA – DUCRET DE VILLENEUVE 1864-  BCP

CBA - VINCENDON - 1864-1867  -  BCP

CBA – POYET        - 1867-1870  -  BCP Mort à Froeschwiller

CBA – VIENOT       - 1870-         -  BCP – dissolution du 8e et recréation en BMCP

CBA – ANTONINI   - 1870-         -  Bataillon de marche de Chasseurs à Pied

CBA – BERTRAND  - 1870-1871  -  BMCP

CBA – ANTONINI   - 1871         -  BMCP et recréation en BCP

CBA – VIENOT      - 1871-1872  -  BCP

CBA – ANTONINI   - 1872-1876  -  BCP

CBA – CHAUFFEUR - 1876-1882  -  BCP

CBA – CIROU        - 1882-1887  -  BCP

CBA – DESROZIERS - 1887-         -  BCP

CBA – MAUX         - 1887-1890  -  BCP

CBA – SOYER        - 1890-1892  -  BCP

CBA – BUNOUST    - 1892-1895  -  BCP

CBA – FEUCHERE   - 1895-1898  -  BCP

CBA – MOISSENET - 1898-1902  -  BCP

CBA – BEROT - 1902-1908  -  BCP

CBA – VALENTIN - 1908-1911  -  BCP

CBA – GIBON-GUILHM - 1911-1913  -  BCP

CBA – CLAVEL - 1913-1914  -  BCP

CBA – DEVINCET - 1914-1915  -  BCP

CBA – LEMOINE - 1915-1916  -  BCP

CBA – SAVORIN - 1916-         -  BCP Verdun

CBA – DE GRILLEAU - 1916-1919  -  BCP

CBA – MATHIEU - 1919-1923  -  BCP

CBA – D'ACQUIN - 1923-1925  -  BCP

CBA – BEUCLER - 1925-1930  -  BCP

CBA – GUY - 1930-1936  -  BCP

CBA – CARRIAS - 1936-1938  -  BCP

CBA – PAUTY - 1938-1941  -  BCP Armée d'Armistice

CBA – CADORET - 1941-1942  -  BCP

LCL – POCHARD - 1944-         -  BCPied

LCL – PUGLIESI-CONTI - 1944-1946  -  BCP et Bataillon de Chasseurs Portés

LCL – BIE - 1946-1948  -  BCPortés

LCL – TABOUIS - 1948-1949  -  BCP

LCL – ROLLET - 1949-1951  -  BCP

LCL – DE PENFENTENYO de KERVEREGUIN – 1951-1953  -  BCP

LCL – SANDRESCHI - 1953-1955  -  BCP

LCL – DELCROS - 1955-1957  -  BCP

LCL – JEANPIERRE - 1957-1960  -  Groupe de Chasseurs Portés

LCL – METZLER - 1960-1961  -  GCP

LCL – ETCHEVERRY - 1961-1963  -  GCP

COL – ETCHEVERRY - 1963-1964  -  GCP

COL – LESCAN - 1964-1965  -  GCP

COL – SOURIEAU - 1965-1967  -  GCP

COL – VERGUET - 1967-1969  -  Groupe de Chasseurs Mécanisés

Col – De LA HAYE-SAINT-HILAIRE -1969-1971  -  GCP

COL – GRASSER - 1971-1973  -  GCP

COL - BORG - 1973-1975  -  GCP

COL – LABBE - 1975-1977  -  Groupe de Chasseurs

COL - LAMANT - 1977-1979  -  GC

COL – SICARD - 1979-1981  -  GC

COL – JOLIBOIS - 1981-1983  -  GC

COL – RENIER - 1983-1985  -  GC

COL – DAGIRAL - 1985-1987  -  GC

COL – ROLLAND - 1987-1989  -  GC

COL – TEYSSIER - 1989-1992  -  GC

COL – MALBEC - 1992-1994  -  GC

COL – LOMBARD - 1994-1996  -  GC

COL – GALLET - 1996-1998  -  GC

COL – TUFFAL - 1998-1999  -  GC

Dissolution le 1er mai 1999

 

 

Posté par SFORLEANS à 17:00 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


12 février 2010

LES RESCAPES DU MARABOUT DE SIDI-BRAHIM


 

 Le caporal Jean LAVAYSSIERE 

 

Pour
ouvrir ce début de dossier sur les rescapés des combats pour le marabout de Sidi-Brahim, j'ai bien dit Le combat pour la défense du marabout ! Ne pas le confondre avec celui du KERKOUR qui est autre chose et avec d'autres combattants,  ou bien des rescapés de ceux qui avaient été fait prisonniers durant celui du KERKOUR.img052

Beaucoup ont tendance à amalgamé les trois phases des combats de «Sidi-Brahim»

Ainsi je commencerais par le plus célèbre d'entre-eux et par le plus célèbre des combattants

 

Jean Lavayssière -
Il était né à Castelfranc le 23 novembre 1821, un petit bourg près
de Cahors dans le département du Lot.

Au 8e Bataillon de Chasseurs à pied de 1842 à 1848.

Le Caporal Lavayssière c'est conduit  avec le plus grand courage lors du terrible combat du Marabout de Sidi-Brahim et dans  l'évasion de celui-ci. Il   s'était déjà fait remarquer en concevant un drapeau tricolore avec un morceau de la ceinture rouge du lieutenant de Chappedelaine, sa cravate bleue de chasseur, on y joint un mouchoir blanc, et voilà les trois couleurs assemblées ; Il manque encore une hampe : on prend un des roseau  qui était là, on fixa l'ensemble sur le mat et le carabinier Stapponi monta en haut du figuier  attacher sous une grêle de balles le glorieux emblème. Le brave Lavayssière qui faisait preuve d'une grande force de volonté et de caractère pour garder le moral de ses camarades avait pris le commandement alors que tous les officiers et sous
officiers avaient été tué. img002

Autre acte de courage de ce caporal, c'est encore à une heureuse diversion venant fortuitement les sauver: Trois coups de canon venant du fort sont tirés du Fort à un court intervalle et jette l’effroi parmi les agresseurs; Le premier projectile tomba même au milieu d'un des groupe des plus acharnés. L'effet produit est immédiat, les
indigènes s'enfuient tous précipitamment ; en emmenant avec eux dix hommes du 8e bataillon, 3 hussards, Moureau, l'ordonnance de Montagnac, et Lévy L'interprète.

Les carabiniers  qui restaient debout avaient la voie  Libre; ils devaient gravir, pour arriver à la redoute, le côté du ravin opposé à celui qu'ils avaient descendu et non  suivre simplement le lit du ruisseau.

Les premiers arrivés eurent  même quelques peines à se faire reconnaître ; les défenseurs du poste, qui avaient appris les événements des derniers jours, étaient en effet d'une défiance extrême, et s'imaginaient tout d'abord que les indigènes avaient pris un déguisement français pour pénétrer dans la redoute.

Le docteur Artigues était sortit seul pour aller au devant des malheureux qui arrivaient ; Il rencontra le hussard NATALI à 300 mètres des murs environ, et revint avec lui.

Natali passa par la petite porte, la grande étant fermée, et trouva toute la garnison  à son poste de combat.

A la vue de ces hommes épuisés, pâles, méconnaissables, la garnison s'émut ; de nombreux militaires et quelques civils sortirent pour porter  secours aux derniers reste de la vaillante troupe. De la colonne de chasseurs d'Orléans et de hussards partis de Djemmaa-Ghazaouet le 21 septembre au soir, LAVAYSSIERE revenait le 26
au matin avec quinze hommes seulement, lui seul ramenait au fort sa carabine.
Suite à ce combat, les seize rescapés du Marabout reçurent la Légion d'honneur.FRDAFAN83_OL1505065v001_L_1_



Dans la cassette en acajou contenant la carabine il y 1.000 francs en pièces de cinq francs dans dix petites cases.

"... En échange de celle qui a été sauvé par vous " ».

Après l'avoir félicité le général CAVAIGNAC déclare devant le front des troupes : « Sergent LAVAYSSIERE, au nom du Roi et du Prince Royale, en récompense de votre belle conduite dans la retraite du Marabout de Sidi-Brahim, dont vous êtes le héros, je vous fais la remise d'une carabine d’honneur en échange de celle qui a été sauvée par vous.

Sergent Lavayssière, vous avez bien mérité de la Patrie ! »

La duchesse d'Orléans réclama le fanion tricolore devenu une loque et la carabine d’ordonnance rapportée par le héros. Elle fit placer le fanion et la carabine dans la chambre du duc d'Orléans aux Tuileries.

A la révolution de février 1848, la chambre fut respectée. La carabine resta en possession de la famille d'Orléans mais le fanion de Sidi-Brahim disparut.

Le sergent LAVAYSSIERE
assistait à toutes les cérémonies en l'honneur des combattants de Sidi-Brahim

Le 31 décembre 1848 LAVAYSSIERE est libéré du service militaire, il rentre en France, à Marseille, puis à Castelfranc. Le 23 mai 1849 il épouse Rose PAGES. De ce mariage il eut trois filles : la première Maria, née à Castelfranc le 23 mars 1850, qui avait épousé FAIDEAU, forgeron à Poitiers et mourut le 17 avril 1878, ayant eu un fils, mort en Cochinchine, et une fille CELINA, femme de M. DELFOUR, cultivateur à Castelfranc. La seconde fille, SARA née à Capdenac (Aveyron), le 27 juillet 1852, épousa le 25 avril 1876 Auguste LAFON, ex-sergent, qui avait fait la campagne de 1870-71 et mourut le 30 novembre 1911. La veuve Sara LAFON, née LAVAYSSIERE, habitait Castelfranc, gardienne fidèle de la carabine du héros ; elle eût un fils, Raymond LAFON, né à Castelfranc le 22 décembre 1885, qui fut sergent au 8e bataillon de chasseurs à pies à Amiens. LAVAYSSIERE eut enfin une troisième fille, CELINA, née à Capdenac née le 24 mai 1855, qui avait épousé M. ATTENDU à Castelfranc, et mourut le 8 septembre 1879. 560_001_1_

Jean LAVAYSSIERE est signalé comme un opposant aux idées républicaines ; il est soupçonné d'être attaché aux traditions royalistes. Le Gouvernement Impérial en 1852 vint en aide à ce héros et lui offre une place d'éclusier à Arelles (Aveyron) et en 1856 à Douelle (Lot).

Notre héros a du mal à se réadapter à la vie civile, il est nerveux, violent, d'un caractère difficile ; au cours d'une discussion avec un de ces chefs qui lui faisait une observation, LAVAYSSIERE le saisit et le jeta dans le canal. LAVAYSSIERE est suspendu de ses fonctions en 1863.

Il n'a plus de ressources, sauf ces 250 francs de sa croix. Il retourne à Castelfranc et pour élever ses trois filles il devient viticulteur. La vente de son vin lui procure 1.500 francs par an. Il est engagé comme suisse à l'église de Castelfranc.

De 1876 à 1880 LAVASIERE connaît la misère, le manque d'argent, le phylloxéra a ravagé ses vignes. Il perd son père en 1879. En 1882 il perd son épouse.

Jean est seul, désemparé, anéanti ; il est menacé de cécité. Le 13 juin 1883 au soir, sous la flamme tremblante de la bougie il prend sa plume, il écrit au chancelier de la Légion d'Honneur le général FEVRIER. Il rappelle qu'il a planté le drapeau français sur le Marabout de Sidi-Brahim, il dit qu'il vient de perdre un œil, il n'a que 250 francs pour vivre. Il demande son admission à l'hôpital  des Quinze-Vingt à Paris afin d'être soigné. Cinq jours après le
général FEVRIER lui fait parvenir son admission gratuite aux Quinze-Vingt et 80 francs pour son voyage. Par les journaux  qui signalent son arrivée, les commandants de plusieurs bataillons de chasseurs sont prévenus. Tous organisent pour lui plusieurs banquets. En 1883, Il est souvent invité dans son ancien bataillon du 8e chasseurs.sidi_brahim_en_g_n_ral010

C'est une grande fête, il est reçu à la citadelle d'Amiens , le bataillon entier lui présente les armes au son de la marche de Sidi-Brahim.

Il réintègre les quinze-Vingt où il subit une opération qui lui assure la conservation d'un œil.

La solidarité chasseurs fonctionne. A sa sortie les 30 bataillons de chasseurs ouvrirent une souscription en faveur du héros. Avec le capital reçu il fut constituait une rente viagère à LAVAYSSIERE.
Notre héros était tiré de la misère.

LAVAYSSIERE regagne Castelfranc où il vécut auprès de sa fille et de son gendre. Il passait pour un homme bon et généreux, tenace et têtu.

Il mourut le 4 juillet 1892 à Castelfranc. Dans son délire il luttait contre les ennemis qui voulaient lui arracher des mains le drapeau qu'il avait planté sur le Marabout de Sidi-Brahim.sidi_brahim_en_g_n_ral009

Il fut enterré dans le petit cimetière de Castelfranc. En 1892 un percepteur du lot, ancien chasseur, essaya d'organiser un comité en vue d'élever un monument à LAVAYSSIERE. Un député éleva le ton, disant que LAVAYSSIERE ne méritait pas qu'on fasse quelque chose. Le comité fut dissous ; pendant 18 ans la tombe du héros LAVAYSSIERE fut abandonnée.

Le 31 octobre 1909 au banquet parisien de la Sidi-Brahim organisé par l'Union des Sociétés de chasseurs à pied, le commandant CAFFIER signale que la tombe de LAVAYSSIERE est abandonnée.

Aussitôt un comité d'initiative est créé, il comprend le général BRUN, Ministre de la Guerre, M. Albert SARRAUT, député, sous-secrétaire d’État, 50 bataillons de chasseurs à pied souscrivent, 44 sociétés d'anciens chasseurs , 70 anciens commandants, 65 officiers de l'active et des réserves. Les musiciens et la chorale du 7e d'Infanterie à Cahors. Souscrivent également les amicales : les originaires du Lot à Paris, ceux de Bordeaux, les cadets du Quercy.

Il est décidé d'élever un monument de 5 mètres de hauteur au héros de Sidi-Brahim; le sergent LAVAYSSIERE.

C'est M. ROUGE, statuaire, architecte à Cahors qui réalisera le monument.

Le 7 mai 1911, à Castelfranc, le monument est inauguré. Le corps de LAVAYSSIERE est transféré et placé sous le monument ; au sommet figure le buste de LAVAYSSIERE. Un bas-relief représente le vaillant soldat luttant contre les Ouled-Ziri.

Anatole de MONZE termine son discours d’inauguration en disant :  «  Il ne manque qu'au bon soldat qu'une épitaphe véridique, je la voudrais ainsi conçue : «  Ici repose Jean LAVAYSSIERE  qui n'eût  pas les vertus d'un éclusier ni d'un Suisse, mais qui fut un héros ».

La bataille de Sidi-Brahim est devenue la fête traditionnelle de toutes les unités de chasseurs.

De nos jours les chasseurs défilent au son de la Sidi-Brahim,  « Chant des Chasseurs » créé par A. POROT

Le monument du sergent LAVAYSSIERE se trouve à Castelfranc à la bifurcation de la route 911 et de la route D45 vers Cazals.

Sa maison natale se trouve en face le monument,. Une plaque sur la façade rappelle que c'est là où est né notre héros.img039

Chaque année les anciens chasseurs viennent en délégation à Castelfranc rendre hommage et fleurir le monument élevé au sergent LAVASIERE.

 

Louis BULIT

 

Sources des articles :


--- M. De BEAUREPAIRE-FROMENT : article sur Lavayssière. « Le midi socialiste », 21 décembre 1910.
--- Hommage à Lavayssière, Castelfranc, 7 mai 1911, Saumur, imprimerie Moderne Coubard , 1912

--- Général  Ingold - Sidi Brahim

--- Général Paul Azan- Sidi Brahim 1945



numérisation : Michel CHANTRIAUX décembre 2011


 

 

Jean Désiré Florentin Tressy

Jean Tressy, carabinier Caporal, Resta Comme beaucoup de ses camarades, impressionné. En septembre 1892, Tressy Disait à un des ses compatriotes à Chilleurs-aux-Bois: «Pour moi, Durant quinze ans, à peu près Toutes les nuits, je reproduisais quelques uns des épisodes de ce terrible combat, et Aujourd'hui, après quarante-sept ans de, Le souvenir m'en reste aussi présent que le premier jour.

Jean né le 30 novembre 1819 un Chilleurs-aux-Bois (Loiret) Fils d'Antoine Tressy et de Marie Rosalie Jahier

Jean Tressy Charretier Était à Sigloy (Loiret) avant d'être appelé Comme au jeune soldat 67e Régiment d'infanterie de ligne le 12 octobre 1840. Peu de temps après, Jean Est Tressy au Mute 8ème Bataillon de chasseurs à pied, Qui devenait bataillon de chasseurs d'Orléans en 1842, suite à la mort de Leur fondateur, le prince royal Ferdinand-Philippe duc d'Orléans

Devant la reprise des escarmouches entre l'armée d'Abd-El-Kader et la nôtre, la France créait de nouvelles troupes et les m'étaient sous les ordres du général Bugeaud, devenant Ainsi, Gouverneur Général de l'Algérie en 1840.

Au mois de mai  1841, mais auparavant devait Avoir lieu à Paris, la cérémonie de la remise du drapeau aux bataillons des chasseurs. Il avait en effet Été Décidé Qu'il N'y aurait Qu'un drapeau pour l'ensemble des premiers dix bataillons, et que «celui-ci resterait à Vincennes.

 

Le 8e Bataillon Faisait partie de cette expédition, il partit de Paris avec le 5e pour la province d'Oran le 12 mai 1841 (les 3e 6e Bataillons suivis de près par le 10e  ÉTAIENT Destinés à la province d'Alger.

 

Voilà Jean Tressy Avec ses camarades du 8e bataillon lancé Dans la conquête de l'Algérie,. On le Retrouve Dans Le combat de la Sikak (21 mars 1842). L'année 1843 s'écoula entre les périodes de repos Dans le quartier de Tlemcen et des expéditions contre les tribus dissidentes de la frontière marocaine. Au printemps 1844, le bataillon aux fortifications Prend à part Lalla-Marinia, camp de retranchement créé par le général Lamoricière La première grande affaire à la participation Laquelle Tressy FUT La Bataille de l'Isly, du 12 août 1844, Où Bugeaud eut sur les bras Les forces réunies d'Abd-el-Kader et de l'Empereur du Maroc et les mit en déroute.

 

En 1845, l'activité du 8e Limitée s'etait, Durant l'hiver et le printemps à la répression de quelques insurrections et à des travaux de fortifications à Sebdou. Le 10 août, il alla Prendre ses quartiers à la place Djemaa-Ghazaouet (Petit Port de mer) ou, Réuni à un escadron du 2e Hussards, il passa sous le commandement du lieutenant-colonel de Montagnac.

img063M. Charles Tressy, neveu de Jean Tressy, remet à M. Portheault, Maire de Chilleurs-aux-Bois, La Croix de la Légion d'Honneur

Nous somme à moins de deux mois de la bataille de Sidi-Brahim. Pour permettre de bien saisir Dans ses origines et ses développements Le drame de Sidi-Brahim, il importe de Rappeler sommairement la situation de l'Algérie et, plus particuli, Celle de la province d'Oran à l'entrée de l'automne de l'année 1845.

 

Sur le plan général, un traité avec le Maroc Avait Été Signe et venait d'être promulgué (18 mars-23 août 1845). Aux termes de ce traité, Abd El Kader, réfugié au Maroc, ne devait plus Bénéficier du droit d'asile sur le territoire chérifien, MAIS NE FUT La clause jamais respectée. «L'émir, écrivait Bugeaud, Y FAIT Ce qu'il veut et y Reçoit toute espèce de secours; des cavaliers marocains, mêlés aux siens, VIENNENT faire des courses sur notre territoire», Abd El Kader Avait reconstitué Une DEIRA, sorte de Smala, aux proportions plus réduites, Qui se tients Habituellement Sur les bords de la Moulouia, à proximité de la frontière algérienne. En Algérie, et notamment Dans la province d'Oran, les tribus Soumises Sont exposées à la pression de l'émir et aux vengeances exactions et de ses partisans. Quelques ouvertement tribus des environs donnent des gages à l'émir, ou même se rangent  à ses côtés. «En présence d'Aussi Une situation tendue, Il était urgent de Prendre des Mesures pour ÉVITER insurrection» une. Verser Surveiller les agissements d'Abd El Kader et faire échec à ses tentatives, quelques postes avaient Été installés ou à proximité de la frontière et notamment à Djemmaa-Ghazaouet, Au bort de la mer (aujourd'hui le petit port de Nemours) et Lalla -Maghrnia (aujourd'hui Marnia) à une trentaine de kilomètres vers le Sud, sensiblement à mi-chemin entre Djemmaa et la localité marocaine d'Oujda. Le poste de Djemmaa Était placé sous les ordres du lieutenant-colonel de Montagnac, Celui de Maghrnia Était Commandé par le lieutenant-colonel de Barral.

 

N'attendant pas les ordres de son supérieur, le Général Cavaignac, dans la nuit du 21 au 22 septembre, par une nuit sans lune, il Quitta Djemmaa-Ghazaouet avec Tout Ce Qu'il Avait d'hommes valides Dans sa garnison.

 

«L'ensemble des événements L'que le nom designated Généralement le sous de combat de Sidi-Brahim, comprend en réalité deux épisodes bien distincts bien, légèrement décalés Dans Le Temps Et dans l'espace; Celui du KERKOUR (23 septembre au matin) Jean Tressy auquel ne participera voiture Seul 3 compagnies du 8e (3e, 6e, Et 7e) ÉTAIENT partis avec de Montagnac, le commandant du bataillon, Froment-Coste, resta au bivouac avec la 2e Cie (Capitaine Burgart) et la compagnie de carabiniers (8e Cie: Capitaine de Gereaux) auquel Jean Tressy »appartient.

 

Nous connaissons la suite, le massacre de ses trois compagnies et Celle du 2e escadron du 2e Hussards. Puis c'est au tour de la 2e Compagnie qu'avait emmene Froment-Coste de subir le même sort, la 8e (Celle des Carabiniers ÉTAIENT restes au bivouac à la garde des bagages.

 

Sur le Champ de Bataille, le mot est: « Ils Sont morts tous ... Tout est fini. »

 

Tout est fini en effet, les compagnies du 8 Quartese Sont d'Orléans après anéanties Une résistance acharnée. Le chef de bataillon Froment-Coste est tué, La plupart des chasseurs Sont Tués, quelques-uns Blessés, Sont prisonniers emmenés APRES AVOIR Été Leurs dépouilles de vêtements. Du 8e d'Orléans, subsiste un seul élément: les carabiniers, sont ils au bivouac environnement  Quatre-Vingts. Parmi eux, un médecin: Rosaguti, interprète l'Levy, et Un jeune chasseur Qui FERA  Parler de lui dans l'après midi: Le Caporal Lavayssière. A la fin de la matinée du 23 septembre, toute résistance AYANT CESSE Dans le KERKOUR. «2e épisode des combats de Sidi-Brahim ». A la fin de la matinée (23 septembre), AYANT CESSE toute résistance au KERKOUR, les premiers ministres des cavaliers arabes font irruption vers le camp des carabiniers. Le capitaine de Gereaux se rend parfaitement compte de l'impuissance de sa petite troupe à se Défendre en terrain plat devant un ennemi plus de vingt fois supérieur en nombre. Aussi, APRES AVOIR Rassembler fait l'essentiel des bagages dont il a la garde, il donne l'ordre de se replier vers le Marabout de Sidi-Brahim. Les épisodes suivant Sont CONNUS maintenant de tous, la pose d'éléments formant le drapeau Français (cravate bleu du Caporal Lavayssière, de la Ceinture de Chappedelaine et du mouchoir blanc de Tressy), Les Trois tentatives de redditions de demande, la mort du capitaine Dutertre, l'Ordre donnée à Rolland de sonné la retraite, il sonna la charge, etc Devant un tel acharnement à Défendre et Impuissance RECONNAISSANT fils à faire fléchir les carabiniers, Abd el-Kader s'en est allé, laissant un effectif Blocus au Suffisant du Marabout. img147

Une idée nait Dans l'Esprit et, peu à peu, le corps prend. Djemmaa-Ghazaouet N'est Qu'à Une dizaine de kilomètres. Pourquoi ne pas Tenter Une sortie et essayer de se Frayer un chemin jusqu'au poste. Les Arabes AYANT relâchés Leur surveillance, qu'au matin du 26, de Gereaux et sa petite troupe Sorte du marabout, surpris, les guetteurs donnent l'alerte. Les Arabes se précipitent, mais poussés Par leur instinct de Les piliers, ils se dirigent vers d'Abord les bagages. Cet Accorde un incident assez Délai profit à long Qu'ils mettent de Leur mieux. Plus de la moitié du trajet est accomplie, l'espoir renaît, notre ami Jean Est carabinier Tressy Toujours Parmi rescapés CES. Le combat n'était pas fini encore pour eux, Un carré, Puis deux, trois avaient Puis Été formes, Encore des ma, le capitaine de Gereaux, Le Lieutenant de Chappedelaine, Rosaguti et L'Interprète Levy sont fait prisonnier. On se bat à la baïonnette pour ecarter les plus Entreprenants. « Lors Des, chacun pour soi, racontait plus tard le Tressy carabinier, et en avant Dans la masse profonde des Arabes Qui nous poussent de toutes pièces. La baïonnette française DECRIT Toutes les arabesques de l'escrime, en ont poursuivi leur moulinet, ON NE voyait que des yeux flamboyants de colère, dents de fauves se disputeur Une proie, des visages de démons incarnant La Haine, bras tendus, mains crispés, Armes de Toutes Sortes , cherchant par tous les moyens à nous et à nous Atteindre Donner la mort. On entendait des vociférations que et hurlement, c'était effrayant vacarme de l'ONU, UNE Mêlée »Terrible Il ne reste plus maintenant que quelques hommes, seul un miracle Peut sauver cette poignée d'carabiniers héroïques, et il se produisit. D'un Observatoire de Djemmaa, le suivait depuis quelques instants déjà les péripéties du combat, sans d'ailleurs se rendre compte de quoi il S'agissait. Cependant, quand la masse des indigènes s'approche de la localité, sur l'initiative d'un sous-officier, Trois coups de canon Sont Tirés du poste avec un bonheur rare. Les Arabes se Sont enfuient emmenant avec eux quelques prisonniers. Les survivants pouvaient alors s'approcher du poste Où ils avaient d `abord du mal à se faire reconnaître. Ils n'étaient QU'UNE Quinzaine dont le carabinier Jean Tressy. img062

Ramener Dans son pays natal, et après Avoir Été Honoré, il repose dans le cimetière de Chilleurs-aux-Bois. Septembre 1999, Une cérémonie commémorative, une Été Organisée à l'occasion du 5oe anniversaire de la création de l'Amicale des sections «Sidi-Brahim du Loiret», un connu cette année un temps fort.

 

 

 

 

En effet, cette cérémonie un pied d'égalité Marquée l'Été inauguration de la nouvelle stèle érigée en mémoire de l'enfant du pays. Assistaient à cette cérémonie: le Verlot général, président de la Fédération nationale  des amicales de chasseurs, M. Charrier député, le Représentant de l'ONAC du Loiret, M. Bergerard, Président de la Région Centre. La musique départementale des sapeurs pompiers rehaussait cette grande journée.

 

 

 

 

 

Le caporal Gabriel Léger

 

 

Ce héros de SIDI-BRAHIM était né le 16 novembre 1812 dans la Nièvre, décoré de la Légion d’honneur sous le n° LH 1557-42. Les recherches ne sont pas brillantes, malgré cela nous pouvons vous présenter un petit article sur le lieu d’inhumation et de mémoire de ce brave carabinier.img122

 

Concernant sa tombe, l’amicale des anciens chasseurs à pied de la Nièvre a l’honneur

 

d’avoir dans le cimetière de la commune de Gouloux la tombe du chasseur-carabinier, Gabriel Léger. Elle est souvent honorée et entretenue par cette amicale d’anciens chasseurs.

En 1995, cette association regroupant ceux qui ont fait leurs service militaire dans cette arme d’élite (Chasseurs à pied et Alpins) ont décidé d’élever une stèle sur un terrain proche du parking du site du saut du Gouloux, à la gloire du 8ebataillon de chasseurs et à la mémoire du carabinier Léger. Ainsi, une borne supplémentaire sera placée sur le chemin de la mémoire collective.

 

Dans un environnement verdoyant, non loin du pont Dupin et de la cascade su saut de Gouloux se trouve cette stèle destinée à rendre un hommage particulier à l'enfant du pays, Gabriel Léger, ainsi qu'à ses compagnons d’armes, ayant participé à la sanglante bataille de Sidi-Brahim en 1845.img027
Ce n'est pas un hasard que cette stèle soit installée à cet endroit, elle est destinée à honorer la mémoire de Gabriel Léger né ici sur la commune de Gouloux en 1812.
Gabriel Léger décédé en 1901 appartenait au 8e bataillon de chasseurs à pied, qui a combattu très loin de son Morvan natal puisque c'est un des 15 soldats qui a survécu à la terrible bataille de Sidi-Brahim.
Du 22 au 25 septembre 1845 les troupes françaises du 8e bataillon de chasseurs à pied et les troupes d'Abd El Kader se sont battues durant plusieurs jours, faisant preuve d'une bravoure extrême, mais n'ayant plus de munition, les troupes françaises seront massacrées, il ne restera que 15 survivants au sein du bataillon de Sidi-Brahim.
Le monument commémoratif du 150 ème anniversaire de la bataille a été érigé en 1995, sur le parking de la cascade.

                                                                  

58129_5_photo1_g

 

58129_5_photo2_g

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par SFORLEANS à 23:08 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
22 novembre 2009

Le Clairon ROLLAND dit " Le clairon de SIDI-BRAHIM "

ENTRETIEN AVEC GUILLAUME ROLLAND DE SIDI-BRAHIM

Reportage sur le clairon Rolland de Sidi-Brahim réalisé dans son village natal de Lacalm, alors qu’il était dans ce monde, illustré de quelques gravures inédites. Parue dans une vielle revue ayant pour titre « Lecture pour tous » datée du 1er août 1913.Ce document est unique et exceptionnel sur l’un des rares survivants du célèbre combat de Sidi-Brahim.790_001

L’attention s’est reportée, à l’occasion de la revue du 14 juillet, sur un des plus braves survivants de nos guerres, le clairon ROLLAND qui s’illustra au combat de Sidi-Brahim (21-22 et 23 septembre 1845). Nous avons voulu qu’un de nos rédacteurs allât le visiter dans sa modeste retraite.

Ainsi, c’est le héros lui-même qui va faire à nos lecteurs le récit de l’admirable prouesse où il sut joindre à l’intrépidité une présence d’esprit et un esprit si français.

L’AUTO, dans sa course rapide, m’emporte à travers les plateaux verdoyants du Rouergue, vers le vieux soldat, héroïque et modeste, que je vais visiter. Depuis Rodez, je suis une route qui, sinuant au flanc des monts, escalade les hauteurs. Voici Lacalm, où le clairon ROLLAND habite, à l’extrémité du village, une maisonnette au bord d’une route qui fuit vers la forêt prochaine. On y accède par un humble balcon de bois surmontant une petite cour au fond de laquelle s’élèvent quelques arbres.

Je frappe à la porte, qui est entr’ouverte :

« Monsieur ROLLAND est-il là ?

- Oui, oui entrez » me répond aussitôt une voix de femme. Et je vois s’avancer, vers moi, une bonne vieille dont le visage bruni s’empreint  de gravité affable.

Prés de l’âtre éteint, un vieillard s’est levé. Il vient vers moi d’un pas ferme. C’est à peine si ses épaules se voutent. La tête seulement s’incline un peu sur sa poitrine. Un feutre noir fait à son front une large auréole. Son visage, que colore un teint rosé d’enfant s’encadre, à sa base, du blanc éventail d’une barbe abondante et fine.

J’ai devant moi Guillaume ROLLAND, qui pris une part glorieuse au combat de Sidi-Brahim… il y a soixante huit ans !

Nous nous asseyons et, d’une voix un peu affaiblie par l’âge, mais très claire, le père ROLLAND – comme on l’appelle dans le pays avec un affectueux respect – répond aux questions que je suis venu lui poser.

« Sidi-Brahim, si je m’en souviens ! C’est là que je reçus mes deux premières blessures. Pourtant j’hésite à vous raconter par le menu cette sanglante affaire. Cela me fatiguerait trop, car je suis bien vieux. Lais attendez… Je vais vous chercher  quelque chose qui vous intéressera. »

Bientôt après, il revient et, me tendant une coupure jaunie de journal :

« Tenez, me dit il, voici le discours prononcé par le maire d’Oran à la cérémonie d’inauguration du monument élevé, en 1898, dans cette ville, à la mémoire des combattants de Sidi-Brahim. »

J’ai ainsi sous les yeux le récit exact de l’affaire. C’était en septembre 1845. Abd-el-Kader, harcelé  par nos troupes, s’était réfugié en territoire marocain et y soulevait les tribus contre nous. Le 21 septembre, le lieutenant-colonel de MONTAGNAC qui commande les postes Djemmaa, près de la frontière, comptant sur l’aide d’une tribu soi-disant amie, celle des Souhalias, forme une petite colonne de 60 cavaliers du 2e Hussards et 4 compagnies de chasseurs d’Orléans. ROLLAND est clairon à l’une de ces compagnies. Le 23 au matin, contact est pris avec l’ennemi commandé par Abd-el-Kader en personne. Le combat s’engage, affreusement meurtrier, car les Bouhalias ont trahi et fait cause commune avec l’émir : Le colonel de MONTAGNAC, les commandants de COGNORD et FROMENT-COSTE, le capitaine BURGARD, sont tués, le capitaine DUTERTRE décapité, etc. La totalité des hussards et les quartes cinquièmes des Chasseurs restent sur le terrain. Les Arabes se précipitent sur les survivants presque tous criblés de blessures – parmi eux se trouve ROLLAND – et les entrainent prisonniers. Seuls, les débris de la compagnie de GEREAUX, retranchés dans le marabout de SIDI-BRAHIM, résistent encore.

A peine ai-je terminé cette lecture que le père ROLLAND prend la parole :img519

« Nous étions cernés par les Arabes qui, à bout portant, nous fusillaient. Bientôt nous sommes réduits à une douzaine d’hommes valides ; nos munitions sont épuisées ; pour ma part, j’ai brûlé ma dernière cartouche. Même, j’ai glissé dans mon fusil sa baguette et l’ai tirée sur les Arabes. Un coup de feu me blesse à la cuisse gauche : me voilà gisant à terre. Les cavaliers ennemis, ne craignant plus rien de nos armes, s’élancent alors sur nous. L’un d’eux pousse sur moi sa bête et, se baissant avec agilité au moment où il passe à ma portée, et me fend le pied d’un coup de yatagan.

« Bientôt après, je suis fait prisonnier par un chef. Je perdais mon sang en abondance et les forces m’abandonnaient.

UNE FARCE HÉROÏQUE

« A la fin du combat, nous somme une soixantaine de prisonniers, exténués et sanglant. Les Arabes nous conduisent  auprès d’Abd-el-Kader. Il s’est installé sur une hauteur, à peu de distance du champ de bataille. C’est de là qu’il suit les phases du nouveau combat qui se livre, à présent, autour du marabout, où tient toujours le capitaine de Géreaux.

« L’émir, que la vue de mon clairon intrigue fort, me fait un signe d’approcher. Il me fait asseoir sur le riche tapis où lui-même est assis.

« Les Français sont fous, me dit-il, de résister plus longtemps. Il faut qu’ils se rendent ! Connais-tu une sonnerie pour mettre fin au combat ?

« - Oui, la retraite.

« - Eh bien ! Sonne la retraite aux Français ! »

« Alors je me lève péniblement, car mes blessures sont douloureuses ; je porte le clairon à mes lèvres, rassemble tout ce que je sens en moi de forces et, les yeux fixés sur l’émir qui va sans doute me faire payer de la vie cette audace, mais le cœur gonflé d’une ivresse secrète, je sonne… la charge éperdument !

« Quand j’ai fini, Abd-el-Kader attend l’effet promis de la sonnerie. Mais bernique ! Pas ombre d’effet… Comme l’émir s’étonne :

«  Bah ! Vous savez, lui dis-je, les Français sont têtus ! Il n’y a rien à faire. Ils se battront jusqu’au dernier ! »

Après sept mois de captivité. ROLLAND réussit et rejoint Lalla-Maghrina après maintes péripéties.

« Dés mon retour à Tlemcen, le général CAVAIGNAC me fit appeler et me parla ainsi :    « Je ne puis pas te nommer officier, mais je t’ai proposé pour la croix. En attendant, je veux qu’on te rende les honneurs neufs et dont on se souvienne.

«  Et, m’ayant fait asseoir sur l’affût d’un canon, il ordonna qu’on me fit faire trois fois le tour du camp devant les troupes présentant les armes. Ce fut le plus beau jour de ma vie.

« Quand à mon clairon de SIDI-BRAHIM, je l’ai laissé là-bas, dans la brousse. Les chefs marocains s’amusaient à m’en faire jouer ; alors, un jour, profitant d’un moment favorable, je l’ai crevé d’un coup de pied et jeté dans les ronces.

« J’ai gardé celui qui me fut donné à Tlemcen, il se trouve à l’église de Lacalm. Je l’ai offert, avec ma croix et ma médaille forestière, à Notre-Dame des Victoires.

Et le brave Rolland, un éclair de malice aiguë dans le regard, sourit dans sa barbe blanche, au rappel de ce fait facétieux.

LES PÉRIPÉTIES D’UNE ÉVASION 

Le 23 septembre 1845, après l’hécatombe du Kerkour (Plaine où avait eut lieu les combats) Abd-el-Kader s’était porté à l’attaque du marabout de Sidi-Brahim, où s’était réfugiée la compagnie de carabinier de Géreaux.img540

Parmi les premiers prisonniers  qui furent amenés étaient l’adjudant Thomas et le maréchal des logis chef Barbut, sans blessures, sauvés par Kada ben Hachemi. Courby-de-Cognord, épargné grâce à l’intervention du Kalifa Bou Hamidi , avait repris connaissance lorsque des réguliers avaient lavé son visage ; il fut amené sur un mulet, après avoir traversé le champ de bataille du Kerkour, couvert de cadavres entièrement nus et la tête tranchée, parfois horriblement mutilé. Assis à terre en face d’Abd-el-Kader, et soutenu par Barbut et un régulier, il vit arriver la réponse, écrite en arabe par l’interprète Lévy, à la sommation faite à Géreaux, après celle du capitaine Dutertre : le brave de Géreaux disait que lui et ses hommes étaient décidés à mourir, mais ne se rendraient jamais.

Abd-el-Kader occuper par l’attaque du marabout, fit transporter sur son cheval Courby-de-Cognord à l’endroit où la colonne française avait bivouaqué la veille. Il vint lui-même y camper dans l’après midi et fit dresser sa tente contre un olivier sauvage, à quelques pas de Courby-de-Cognord, tandis que ses troupes s’installaient en trois camps. Ses compagnons et les gens des tribus accoururent le féliciter et lui rendre hommage, baisant sa main ou plus souvent son burnous.

Les têtes coupées sur le champ de bataille furent apportées à l’Emir comme symbole de sa victoire, et déposées à terre à côté de sa tente, sous l’olivier sauvage, de manière à ce qu’il pût facilement les compter. Il y en avait environ 300. Courby-de-Cognord reconnut avec horreur celles de Montagnac et de Gentil de Saint-Alphonse.

Peu à peu furent amenés les prisonniers, la plupart blessés et dépouillés de leurs vêtements, quelques-uns la corde au cou. Le sous-lieutenant Lazaret n’avait plus que sa chemise et son caleçon.

Le 25 avril 1846, Des groupes de prisonniers avaient été formés, et séparés des uns aux autres, certains furent attachés ensembles, et conduits par les réguliers dans un ravin proche de la Moulouïa. Là, ils furent tués à bout portant, leurs têtes coupées immédiatement, et leurs corps jetés à la rivière.

D’autre s’étaient réfugiés dans leurs anciens gourbis au milieu du camp ; le feu y fut mis, et ils furent massacrés au fur et à mesure qu’ils en sortaient

Deux prisonnier seulement purent échapper à l’hécatombe, le Clairon Rolland et le Chasseur Delpech.clairon_rolland

Rolland placé dans un gourbi avec six de ses camarades possédait un couteau trouvé sur le bord de la Moulouïa. Il veillait. Lorsqu’il entendit le signal du massacre, Il se précipita dehors, blessa de son couteau un régulier qui tentait de l’arrêter, et traversa la haie d’épines entourant le camp. Il vit de loin l’incendie des gourbis et entendit les coups de feu des assassins et les cris des victimes ; il marcha durant trois nuits, se cachant le jour, fut emmené le troisième jour par un Marocain qui le vendit deux douros (12 francs) à un autre, et fut ramené le 17 mai 1846 à Lalla-Maghrina. Il put faire aux autorités françaises le récit du massacre.

Delpech, au signal donné, fut lié par une corde avec les cinq camarades de son gourbis, et conduit avec eux vers la Moulouïa pour y être fusillé. Le coup qui lui était destiné ayant raté, il put se délier, se sauver, et se jeter dans la Moulouïa ; après trois nuits de marche, il tomba aux mains d’un indigène, qui le mena chez lui et l’employa à la maison. Au bout de quelque temps, un Marocain l’aida à s’évader, et le vendit à un autre qui le ramena à Lalla-Maghrina le 2 avril 1846.

De tous les prisonniers emmenés au Maroc, Rolland, et Delpech étaient ainsi, avec le chasseur Bernard, échappé précédemment, les seuls qui avaient pu rejoindre l’Algérie.

Des 300 prisonniers de septembre 1845, onze seulement restaient sous la surveillance des régulier de l’Emir.

Posté par SFORLEANS à 09:56 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
09 octobre 2009

Capitaine Dutertre

Au Capitaine Dutertre.

Monument érigé à Calais au Capitaine Dutertre, héros de Sidi-Brahim

***

Le 3 juillet 1904 eut lieu, à Calais, l’inauguration officielle dudit monument, élevé par le souvenir Français, avec la coopération spéciale des bataillons actifs de Chasseurs à pied, de la Réunion amicale des officiers de Chasseurs à pied de la réserve  et de la territoriale  de la Seine et de l’Institution Saint-Vincent de Senlis, autrefois Saint-Louis, où Dutertre avait fait ses études.

La cérémonie, présidée par M. le général Sage, membre du Conseil d’administration central du Souvenir Français, eut un éclat extraordinaire, dont tous les journaux de la région se sont fait justement l’écho.

img516

Toutes les parties du programme officiel des fêtes, que nous reproduisons aux pièces annexes à titre de document et pour en matérialiser le souvenir, y furent exécutées de façon irréprochable, avec un enthousiasme indescriptible.

Mais le clou de cette imposante cérémonie fut certainement le défilé de la délégation du 8e Bataillon de Chasseurs à pied, sous les ordres directs de son chef, M. Bérot, chef de bataillon de 1902/1908.

Quand elle passa devant le monument, au son entrainant de sa fanfare, le Drapeau des Chasseurs à pied flottant au vent, les applaudissements frénétiques de la foule indiquèrent bien que l’hommage particulier rendu à l’héroïque Dutertre allait droit au cœur des Calaisiens….

Le comité national du Souvenir Français était aussi représenté à la cérémonie par son éminent secrétaire général, M. Niessen, qui a rappelé dans une vibrante allocution qu’autrefois les prétoriens pouvaient mourir pour un César, mais qu’aujourd’hui c’est pour la France, notre mère à tous, que se dévouent soldats et Marins.

D’autres discours furent encore prononcés par M. le Commandant Beauquesne, président du Comité calaisien du Souvenir Français ; par M. Basset, maire de Calais ; par M. le lieutenant-colonel Gazères, commandant d’armes à Calais et représentant du Ministre de la Guerre ; par M. le général Sage ; par les Commandants Bérot et Caffier du 8e Bataillon de Chasseurs, le Capitaine Pinet, président des Vétérans, et enfin par M. Chanson, président de la Société centrale des Naufragés. Tous produisirent la plus grande impression sur l’assistance.

Le Monument de Calais, un des plus beaux de France, se dresse aujourd’hui dans une emprise du parc Saint-Pierre, sur le boulevard Jacquard, en vue du bassin maritime.img764

Nous reproduisons ci-après notre discours, qui en donne la genèse. Ce monument, construit tout en pierre d’Euville, est érigé sur un plan carré. Le socle, surélevé de trois marches avec bornes aux angles surmontées de couronnes et de fleurs, est orné d’inscriptions les guerres et épisodes militaires de 1845, de 1870-71 et des expéditions ultérieures, ainsi que les noms des héros tombés au champ d’honneur. De ce socle, haut de deux mètres, s’élève une pyramide avec base à écusson, dont deux à bas reliefs en bronze, symbolisant le Devoir et l’Humanité, c’est-à-dire le dévouement à la Patrie, en cas de guerre, et le sauvetage de nos semblables en toutes circonstances.

Le haut de la pyramide se termine par un groupe : « Le capitaine Dutertre couronné par la gloire. » Une figure ailée, d’une expression très sympathique, couronne le héros de Sidi-Brahim à l’instant où il adjure ses camarades du Marabout de se défendre jusqu’à la mort plutôt que de se rendre.

La commission organisatrice, présidée par M. le commandant Beauquesne, avait confié la direction de l’œuvre à l’architecte lillois, M. D. Ghesquier, qui a pris comme collaborateurs M. Maugendre-Villiers pour la statuaire et M.A. Deffrennes pour la mise en œuvre et le montage du monument.

L’ensemble, d’une jolie silhouette et de style moderne, dans ses profils, est très gracieux et fort agréable à l’œil ; Le ton de pierre blanche se détachant sur le fond vert des arbres du parc est du plus heureux effet. Une grande grille cintrée doit sous peu lui servir de cadre ainsi que de clôture au jardin, situé en contrebas du monument, qui s’élève à l’alignement du boulevard et dans l’axe du futur hôtel-de-ville. Les figures sont largement traitées et d’un beau style ainsi que les deux bas-reliefs en bronze.

Une mention spéciale doit être attribuée à l’entrepreneur M. Deffrennes, qui est sorti tout à son honneur des grandes difficultés de montage de ce monument dont le sommet atteint 13 mètres de hauteur et pèse environ 100.000 kilo.

C’est en somme une très belle œuvre, due surtout à l’habilité et au désintéressement  de MM. Ghesquier et Maugendre, puisque ces deux artistes se sont contentés d’une modeste gratification de 1.000 fr. pour leur travail personnel.

(Merci à Jean-Claude Lebon, Calaisien, de m’avoir offert une copie de l’ouvrage, d’où j’ai réécrit ce récit.) 

Contribution des Bataillons de Chasseurs

Au Monument de Dutertre, à Calais

Désignation des Bataillons

Mont .de la souscription

Participation à la Tombola

Billets

demandés

Sommes reçues

1er

2e

3e

4e

5e

6e

7e

8e

9e

10e

11e

12e

13e

14e

15e

16e

17e

18e

19e

20e

21e

22e

23e

24e

25e

26e

27e

28e

29e

30e

Amicale des chasseurs de la Seine

Institution St. Vincent, à Senlis

   

77.10 fr

42.00

66.80

70.30

  205.80

    42.00

    90.30

    93.70

    71.25

  124.25

    62.55

  104.50

    11.00

    33.65

    19.30

    49.95

    41.80

  « 

« 

38.60

31.60

  107.05

61.45

45.85

39.50

   126.05

45.00

54.20

   125.75

13.00

 

   163.00

  200.00

    59.25 fr

15.00

«

20.00

«

44.00

«

75.00

    150.00

«

27.25

«

«

57.00

«

    130.25

84.75

    103.25

«

31.00

14.50

11.00

30.00

40.00

    103.25

    100.00

15.50

72.75

72.00

20.00

10.00

75.00

237

60

«

80

«

176

«

300

600

«

109

«

     «

228

«

521

339

413

«

124

58

44

     120

160

413

400

  62

291

288

  80

      

      40

    300

  136.25 fr

57.00

66.80

90.30

   205.80

86.00

90.30

   168.70

   221.25

   124.25

     89.80

   104.50

  11.00

  90.65

  19.30

180.20

126.55

103.25

«

  69.60

  46.10

   118.05

  91.45

  85.85

   142.75

   226.05

     60.50

   126.95

   197.75

     33.00

   173.00

   275.00

TOTAUX

2.257,30

1.360,75

5.483

3.618,05

Posté par SFORLEANS à 23:14 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
02 août 2009

VISITE DU MARABOUT DE SIDI-BRAHIM

- VISITE DU MARABOUT DE SIDI-BRAHIM –

20 décembre 1898 - Les fêtes officielles d’Oran sont terminées ; mais la Délégation du 8e Bataillon de Chasseurs à Pied, après avoir posé au pied du monument élevé à la gloire des héros de Sidi-Brahim, avec la Délégation du 2e Régiment de Hussards, pour conserver un souvenir tangible de sa mission, se dispose à partir pour Nemours sur les lieux même où s’illustrèrent ses devanciers. Entre temps, elle est reçue avec une cordialité très marquée par le 2e Zouaves, par les officiers de l’Etat-major de la Division, par ceux de l’arrondissement d’Artillerie, et par tous les sous-officiers de la garnison, y compris ceux de la marine, réunis encore au café de France !

Après 2 jours de voyage, les 22 et 23 décembre, traversé Tlemcen, Mansourah, pour Nemours où nous arrivions en soirée. Après un bon diner, la réception qui s’en suivit, se prolongèrent jusqu’à 11 heures du soir.

Une retraite aux Flambeaux avait parcouru la ville, de 8 à 9 heures, et préparé ainsi la cérémonie du lendemain.

- 21 décembre 1898 – Je me lève à 6 heures du matin et ma toilette terminée, je me rends à la popote des officiers du 2e zouaves pour y prendre le café.

On m »amène le second cheval du commandant Chiché, qu’’i veut bien mettre à ma disposition, pendant toute cette journée, et je vais immédiatement à la Mairie pour exprimer à M. le Maire et à tous les conseillers municipaux nos regrets de les avoir dérangés inutilement la veille ; mais nous ignorons complètement tous les préparatifs faits pour nous recevoir et honorer nos camarades de Sidi-Brahim. Des fonds avaient été recueillis, en outre, pour l’achat de trois couronnes à déposer par la municipalité au Tombeau des Braves, au monument de Montagnac et au cimetière même de Nemours, où sont encore inhumés les ossements de la plupart des combattants de Sidi-Brahim.

Toutes ces couronnes, du plus bel effet, portaient l’inscription suivante : « Aux Héros de Sidi-Brahim, les Habitants de Nemours, 1845-1898. »

Je remercie avec effusion M. le Maire et serrai la main à tous les conseillers municipaux, déjà réunis, puis je remontai à cheval et partis chez M. le commandant du Chiché, chef du 1er bataillon de zouaves, commandant d »armes à Nemours, près de l’ancien nid de pirates : Djemmaa-Ghazaouet.

Toute la garnison était sur le pied de guerre : gendarmes, douaniers, forestiers, pompiers, zouaves, anciens, en armes ; jeunes, de la dernière classe en armes.

Le Tombeau des Braves est situé sur l’Oued Mersa, à 2 kilomètres environ au sud de Nemours, au pied des escarpements des Ouled-Ziri et non loin du confluent de l’oued Mella avec l’oued Mersa, où furent massacrés les derniers combattants de Sidi-Brahim.

Quand nous y arrivâmes, le commandant Chiché, le capitaine Roux, du 2e Zouaves, le lieutenant Brugère et moi, la foule était compacte aux abords du monument et les troupes était alignées sur le côté de la route, y faisant face. Les délégués se placèrent à gauche du monument ; la municipalité à droite ; le commandant fit présenter les armes, ouvrir le ban, puis, se tournant vers le tombeau, il dit : « Officiers, sous-officiers et soldats, nos camarades de France ont envoyé ici une Délégation pour rendre, aux héroïques combattants de Sidi-Brahim, un respectueux hommage d’admiration et de reconnaissance. Nous nous associons de tout cœur à leur mission patriotique. La lutte était ardente, le 23 septembre 1845, entre les Hussards de Chamborant, les Chasseurs d’Orléans et les réguliers de l’Emir Abd-el-Kader ; la lutte était surtout inégale ; mais nos camarades ont préféré mourir plutôt que de se rendre. Que leur souvenir soit fidèlement conservé au 2e Zouaves et dans toute l’armée française ! » Puis en se tournant vers moi, il me fit signe de prendre la parole et de déposer la couronne, en métal bronzé, était faite d’une branche de chêne et d’une branche de laurier entrelacées ; sur le fond en cuivre, on lisait, gravée en lettre noire, la dédicace suivante :

                   « Le 8e Bataillon de Chasseurs aux héros de Sidi-Brahim.

-         18 décembre 1898. »

Quand elle fut sortie de sa caisse et accrochée au sommet du monument, je dis :

                                      Mon Commandant, Messieurs,

« Au nom de M. le commandant Feuchère, mon chef de Bataillon, au nom des officiers, sous-officiers, caporaux et chasseurs à pied du 8e Bataillon, au nom de tous les Chasseurs de France, qui sont de cœur avec nous dans cette pieuse manifestation, je dépose au Tombeau des Braves une couronne commémorative.

« Nous n’avons pas cru pouvoir rentrer en France, sans avoir visité le théâtre même des exploits de nos aînés.

« A Oran, au moment de l’inauguration du magnifique monument élevé à leur mémoire, M. le Général de Ganay, avec sa haute autorité et son âme ardente, a retracé en termes inoubliables les hauts faits de nos camarades les Chasseurs du 8e Bataillon et les Hussards du 2e Régiment. M. le Maire d’Oran en a fait aussi un récit fidèle et complet. Je n’y reviendrai pas.

« Qu’il me soit seulement permis d’exprimer ici un vœu, de formuler même une prière à M. l’administrateur du territoire et à M. le Maire de Nemours.

« Tous nos camarades, en succombant les uns après les autres dans une lutte inégale, en se sacrifiant héroïquement les uns pour les autres, plutôt que de se rendre, ont donné un sublime exemple de camaraderie de Combat…

« Oui, Messieurs, ils ont lutté et souffert ensemble, Chasseurs d’Orléans ert Chamborant ; ils ont versé ensemble leur sang pour la Patrie : que leurs ossements soient enfin réunis dans le même lieu, au Tombeau des Braves, où un ossuaire est préparé pour les recevoir ! »

Pris alors d’une indicible émotion, empoignée aussi par le spectacle de cette foule recueillie, je me tourne alors vers le Tombeau et je termine ainsi :

« Mes chers camarades, vous nous avez montré comment il fallait mourir pour sauver l’honneur, et, si la France faisait appel à notre dévouement, elle nous trouverait encore prêts pour tous les devoirs, pour tous les sacrifices ! »

Je salue militairement et je reprends ma place à la droite de la délégation du 8e Bataillon et tous les officiers sans troupes : « Vive l’Armée ! Vive la France ! » Crie frénétiquement la foule …

M. Ducommun, maire de Nemours, prend la parole à son tour : « Il s’associe, dit-il, à la patriotique manifestation d’aujourd’hui, il est heureux au nom de la population de Nemours, de rendre hommage aux héroïque combattants de Sidi-Brahim, mais il regrette en même temps, que le monument élevé à Oran, n’ait pas été placé à Nemours, où se sont déroulés les derniers épisodes du combat de Sidi-Brahim !... »

La première partie de la cérémonie était terminée. Nous remontâmes à cheval et partîmes sous la direction du capitaine Roux pour visiter d’abord le ravin des Ouled-Ziri  et ensuite, gagner directement le marabout de Sidi-Brahim où se concentra la résistance de nos camarades pendant trois jours pleins, du 23 au 26 septembre 1845 !

La Koubba où repose le marabout de Sidi-Brahim, corruption de Sidi-Abraham, paraît-il, situé dans la plaine des Souhalias, large dépression au sud de Nemours, près de la frontière du Maroc. D’une blancheur éclatante, elle attire le regard et l’on conçoit très bien l’attraction qu’elle a exercée sur les chasseurs de Géreaux  et de Chappedelaine, échappés aux précédents massacres.

Après avoir laissé souffler les chevaux pendant dix à quinze minutes, le commandant Chiché donna l’ordre de départ pour la colonne de Montagnac.

Ce monument est une pyramide quadrangulaire, élevé sur une croupe très prononcée qui domine l’horizon, vers le sud-ouest de la Koubba de Sidi-Brahim. On traverse, pour arriver, un bois clair, semé de taillis et de broussailles, et l’on passe auprès qu palmier historique, où Abd-el-Kader, vaincu à son tour, se présenta, le 23 décembre 1847, pour faire sa soumission au général de Lamoricière, qui l’attendait à Nemours ; mais nous avions hâte d’arriver au monument de Montagnac et nous ne fîmes que passer…

Grand fut notre étonnement, en descendant de cheval, de trouver réunis, au pied de la colonne Montagnac, tous les officiers di Cercle militaire de Lalla-Marghnia, tous les caïds du territoire et le peloton de spahis, venus là pour rehausser l’éclat de la cérémonie !

La municipalité de Nemours, qui devait venir déposer une couronne, n’était pas encore arrivée, et je faisais tous mes efforts pour gager du temps ; mais enfin, vers onze heures, je dus m’exécuter pour ne pas trop retarder le retour de la caravane à la Koubba de Sidi-Brahim, où Mme Chichè et de Vialar avaient organisé une diffa en notre honneur : «  Messieurs dis-je, la délégation du 8e Bataillon de Chasseurs, venue de France pour assister, le 18 décembre, à Oran, à l’inauguration du monument élevé à la gloire de ses aînés, a considéré comme un pieux devoir de pousser jusqu’à Nemours, et de visiter les lieux mêmes du combat de Sidi-Brahim. Ici, Messieurs, se sont accompli les hauts faits de nos camarades. Ici, nos illustres vaincus nous ont donné un sublime exemple de dévouement à la Patrie, en luttant jusqu’à la mort plutôt que de se rendre.

« Merci, Messieurs, d’avoir si bien compris le but de notre pèlerinage, et d’être venus si nombreux de Lalla-Marghnia et des environs, pour rehausser l’éclat de cette manifestation patriotique.

« Au tombeau des Braves, où nous avons déposé une couronne, nous avons déjà rendu hommage à tous nos camarades morts au champ d’honneur. Ici, au pied du monument de Montagnac, je ne puis pousser qu’un double cri, qui résume bien nos aspirations communes : Vive la France ! Vive l’Algérie ».

La course au galop reprit ensuite de plus belle vers le marabout de Sidi-Brahim.

Sous une tente en étoffe très riche de soie rayé de bandes vertes et jaunes était disposée sur une table, mais ceux qui désiraient observer la couleur locale pouvaient se coucher sur des tapis étendus sur le sol et manger à la façon arabe.

Après le repas eut lieu la visite du marabout. M. le lieutenant Ravet, du 2e Zouaves, poussa même l’amabilité jusqu’à vouloir prendre une photographie de tous les convives et des sous-officiers de la Délégation du 8e Bataillon de Chasseurs au pied du monument.

Autour de la tente était un véritable campement arabe ; nos chevaux étaient entravés et attachés à la corde comme en campagne. Je retournai alors au marabout, où l’on m’appelait pour assister à la remise d’une couronne offerte par les ponts et chaussées, mais j’expliquai au gardien indigène, par l’intermédiaire de M. de Vialar, qui voulut bien me servir d’interprète en cette circonstance, que le 8e Bataillon de Chasseurs enverrait, nom pas une couronne, mais une plaque en marbre noir avec inscription en lettre d’or, en souvenir de la visite de sa Délégation, et je lui demandai de la faire respecter comme le Marabout lui-même qui repose dans la Koubba.

- Certainement, me fit-il répondre, tant que les Français respecterons notre Marabout, nous respecterons le souvenir de ton Bataillon. D’ailleurs, les arabes eux-mêmes ont reproché sa cruauté à Abd-el-Kader, et ils sont convaincus qu’il a été malheureux parce qu’il a fait décapiter ton camarade avec une barbarie indigne d’un chef comme lui.

- De quel camarade parles-tu ?

- D’un capitaine comme toi, qu’il a envoyé au Marabout et qu’il a fait ensuite décapiter près d’ici

- Dutertre ?

- Oui, Dutertre.

- Eh bien, c’est entendu, j’enverrai une plaque de marbre et tu veilleras à ce que personne ne la dégrade.

Il s’inclina en signe d’assentiment et nous partîmes.

Dehors, un employé des Ponts et Chaussée m’attendait pour m’offrir un petit bloc d’onyx qu’il venait de trouver dans une carrière à proximité du marabout ; ce bloc, qui est un cube à peu près parfait de 0m.15 de côté, je l’ai emporté avec le plus grand soin et je le conserve chez moi précieusement.

J’ai fait polir et graver sur une des faces, en lettres d’or, l’inscription suivante.

SIDI-BRAHIM

1845

Koubba – 24 décembre 1898

Enfin un gendarme m’offrit encore quatre palmes arrachées au palmier d’Abd-el-Kader ; deux de ces palmes ont été déposées à la salle d’honneur du 8e, les deux dernière, remises par moi, au sergent-major Delawarde et au caporal Fourquez, ont «été données par eux à la salle de lecture des sous-officiers du 8e. C’est ainsi que ce fixe les souvenirs.

La journée du 24 décembre 1898 était terminée ; mais elle laissera dans mon cœur de soldat un souvenir ineffaçable avec tous ceux dont j’étais chargé de célébrer la mémoire.

Pose d’une plaque commémorative au Marabout de Sidi-Brahim

Le 14 avril 1899, la garnison des Nemours, sous les ordres du commandant Chiché, alla au marabout de Sidi-Brahim pour assister à la pose de la plaque commémorative, offerte par la Délégation et tous les officiers, sous-officiers, caporaux et soldat du 8e Bataillon de Chasseurs à pied.

Cette plaque, dont l’exécution fut assurée par un de mes amis, que j’avais retrouvé sur la terre d’Algérie, après 20 ans de séparation, M. Evariste Flahaut, ingénier-architecte à Oran, a été fixé sur le mur ouest de la Koubba et porte l’inscription suivante

SIDI-BRAHIM. – 1845

Hommage du 8e Bataillon de Chasseurs

A ses héroïques camarades.

Délégation. – 24 décembre 1898.

M. le commandant Chiché, avant de quitter le marabout, rappelle à tous ses subordonnés l’exemple des combattants de Sidi-Brahim, et leur dit en terminant : « Il n’est pas toujours facile de vaincre, mais il est toujours possible à des soldats dévoués de mourir pour vaincre. C’est par le mépris de la mort qu’une troupe acquiert toute sa valeur. »

Ces paroles, dit l’Eco d’Oran du 14 avril 1899, auquel nous empruntons ces détails, impressionnèrent vivement tous les zouaves.

Restait une dernière sanction à la mission, dont je m’étais chargé en allant à Nemours : la translation des ossements de nos camarades à l’ossuaire du Tombeau des Braves, conformément au vœu que j’avais formulé, expressément, publiquement, le 24 décembre 1898, devant ce Tombeau ; et, coïncidence curieuse, j’appris à Senlis, dans la maison même où Dutertre avait fait ses études, que cette cérémonie devait avoir lieu quelques jours plus tard.

Posté par SFORLEANS à 10:14 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


TRANSLATION DES OSSEMENTS DES HEROS DE SIDI-BRAHIM

TRANSLATION DES OSSEMENTS DES HÉROS DE SIDI-BRAHIM

Au Tombeau des Braves

--------------

La Translation des cendres des héros de Sidi-Brahim a donné lieu à une imposante manifestation. Nous en empruntons  encore le récit à L’Echo et à la semaine Religieuse d’Oran, ainsi qu’à des lettres particulières.

23 mai 1899. – L’église de Nemours avait été décorée avec un gout parfait. Des trophées de drapeaux et d’armes,  des guirlandes de verdures, avaient été disposées à l’intérieur ; sur des écussons étaient inscrits les numéros des corps qui avaient combattu à Sidi-Brahim : 2e Hussards, 8e Bataillons de Chasseurs. Au dessus de la porte d’entrée, entourée de feuillages, de palmes et de lis, se détachait une banderole avec la dédicace suivante : Au Héros de Sidi-Brahim.

Il est six heures et demie du soir. Les cloches tintent le glas funèbre. M. le Curé Mihioud se dirige vers le vieux cimetière, situé aux portes de la ville, bénit les ossements des héros de Sidi-Brahim, renfermés dans un cercueil, recouvert d’un grand drapeau tricolore. Tout Nemours, sans distinction de religion et de nationalités, est là. Le monument est solennel. Le cortège  se met en marche dans la direction de l’Eglise.

La musique du 1er Bataillon du 2e Zouaves joue la marche funèbre de Chopin ; elle est suivie d’une compagnie de Zouaves.

Le deuil est conduit par M. le Commandant Chiché, M. Mongrelet, adjoint, remplaçant le maire, malade, et de nombreux officiers de Nemours et des garnisons voisines.

L’émotion est grande parmi tous les assistants, et chacun est heureux de voir enfin donner une sépulture, digne d’eux, aux combattants de Sidi-Brahim !

L’église est bondée quand le cortège y arrive. Le cercueil est déposé sur un catafalque où il passera la nuit, sous la garde des sous-officiers de la garnison.

24 mai 1899. – A 6 heures 45 du matin, le glas funèbre se fait entendre et appelle les habitants à la patriotique cérémonie. A 7 heures, les troupes arrivent et s’alignent dans l’église, de chaque côté du catafalque. La municipalité, le corps consulaire et toutes les notabilités prennent place à droite ; tous les officiers à gauche. La cérémonie présidée par Mgr Cantel, évêque d’Oran, commence. La musique du 1er Bataillon de Zouaves fait alterner ses morceaux avec les chants religieux. L’exécution est irréprochable.

Enfin, Monseigneur monte en chaire et prononce une éloquente allocution, que pouvons résumer ainsi :

         « Messieurs les officiers et soldats

         « Mes très chers Frères,

« Je bénis la divine Providence qui a fait coïncider notre visite pastorale avec cette auguste et touchante cérémonie. Je vous remercie de m’avoir demandé d’y prendre part et d’avoir pensé que l’hommage rendu aux Héros de Sidi-Brahim ne pouvait être complet, véritablement digne d’eux, sur les grands souvenirs, les espérances immortelles….

« Honneur à vous, généreux habitants de Nemours !

« Sidi-Brahim !... Est –il besoin de redire cette épopée sublime, cette lutte contre un ennemi trente fois plus nombreux, lutte soutenue pendant quatre jours, tenace, obstinée, indomptable ? Est-il besoin de rappeler l’abnégation magnanime des chefs, la grandeur d’âme des soldats : la mort ne se lassant pas de frapper parmi eux et les survivants ne se lassant pas de combattre, sans pain, sans repos, sans trêve, n’ayant qu’une seule pensée : être digne du Drapeau, être digne de la France ? Tous ces détails sont gravés dans vos mémoires. Qu’il me suffise d’affirmer que chez aucun peuple, ni dans le temps anciens, ni dans les temps modernes, rien de plus beau ne s’était vu, et qu’un tel fait d’armes suffit pour illustrer une armée !...

« Cette vaillance, cette ténacité, cet héroïsme ont des racines profondes qu’il ne faut pas ignorer. Nos braves s’étaient formés dans la discipline, dans l’obéissance. Ils avaient longuement endurci leurs corps à la fatigue, accoutumé leur âme à ne pas craindre la mort. L’honneur, le drapeau, La Patrie, étaient pour eux un culte sacré. Un seul mot résumait toute leur vie : le devoir ?... Aussi, lorsqu’un jour, pour eux, le devoir a été l’héroïsme, ils se sont trouvés prêts….

« Et maintenant, je ne prononcerai plus qu’une seule parole, la parole de la sainte liturgie, la parole de l’Eglise : Qu’ils reposent en paix ! Requiescant in pace !

« Que leurs âmes habitent dans la paix, dans la félicité infinie de Dieu, qui les a reçues, qui les a couronnées ! Que leurs ossements glorieux réunis dans le monument élevé par le souvenir, par l’affection, par l’admiration de leurs frères d’armes, reposent en paix, sous la garde de la croix et du Drapeau de la France !... Ainsi soit-il ! »

Après les prières de l’absoute, l’immense cortège se déroule hors de l’église ; le cercueil est déposé sur un corbillard improvisé et recouvert de feuillages et de fleurs. Il est neuf heures quand il arrive au Tombeau des Braves.

Le cercueil est descendu dans la crypte au milieu d’un recueillement profond. Mgr Cantel donne les dernières bénédictions, dit les dernières prières, et M. le Commandant Chiché rend, à son tour, un suprême hommage aux Héros de Sidi-Brahim, remercie le clergé et la population d’avoir bien voulu s’associer à cette patriotique manifestation, et demande à tous ses subordonnés d’en conserver le souvenir.

Mgr Cantel répond encore qu’il est très heureux  et très fier d’avoir pu participer à cette touchante cérémonie ; puis M. Mongrelet, adjoint au maire de Nemours, rappelle que quelques jours après les fêtes d’Oran, c’est-à-dire le 24 décembre 1898, la Délégation du 8e Bataillon de Chasseurs à pied, venue pour visiter Nemours, déposer une couronne au Tombeau des Braves et parcourir le champ de bataille de Sidi-Brahim, avait demandé au Maire de Nemours et à l’Administrateur de Nedromah d’autoriser la translation des cendre de tous les combattants  de Sidi-Brahim au Tombeau des Braves, et que M. Le Maire, aujourd’hui empêché par la maladie, avait pris l’engagement de donner satisfaction à la touchante requête de M. le Capitaine Caffier, dans le plus bref délai possible. « Aujourd’hui, ajoute-t-il, grâce au précieux concours de toutes les autorités militaires et civils, grâce à la présence de Mgr l’Evêque d’Oran, la cérémonie a pu s’accomplir en grande pompe. Merci donc à tous ceux qui y ont pris part ! »

La cérémonie est terminée. Les troupes défilent devant le Tombeau des Braves, aux son d’une marche guerrière, et la foule se retire, elle aussi, très émue, par cette manifestation imposante.

Nobles aux, reposez-vous !

Dormez dans vos couches austères !

La France peut compter sur nous :

Les fils seront dignes des pères !...

Posté par SFORLEANS à 10:08 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

"INAUGURATION DU MONUMENT DE SIDI-BRAHIM A ORAN "

« INAUGURATION DU MONUMENT DE SIDI-BRAHIM A ORAN. »

Je tiens à remercier vivement ici, dans ce blog du 8e B.C.P., Jean-Claude LEBON, un camarade du 16e B.C.P pour m’avoir fait parvenir une copie de l’ouvrage du Commandant CAFFIER, ex-capitaine-Major du 8e Bataillon de Chasseurs à pied, ayant pour titre « Au Marabout de Sidi-Brahim et à Calais ». Œuvre sortie pour l’inauguration du monument  du Souvenir Français et dédié à la gloire du Capitaine Dutertre, héros de Sidi-Brahim.

Editeur : Jules Tallandier 1904.

De cet ouvrage, j’ouvre au chapitre suivant :

Le 18 décembre 1898 eut lieu, à Oran, sous la présidence de M. Laferrière, gouverneur général de l’Algérie, l’inauguration du monument élevé par souscription publiques à la mémoire des héros de Sidi-Brahim (Ce monument est situé sur la place d’Armes au cercle militaire ; il est composé d’un piédestal de forme cubique, et d’un tronc de pyramide supportant une gloire aux ailes éployées, portant en ses mains une palmes et une couronne de lauriers. Assise au pied de la pyramide, l’Histoire, un drapeau dans la main gauche, écrit en lettres d’or sur la pierre les mots célèbres : « Camarades ! Défendez-vous jusqu’à la mort. » - Les figures allégoriques sont dues au ciseau du sculpteur Dalou ; l’architecture  proprement dite a pour auteur H. Formigé ; H. Gress a construit l’infrastructure et la maçonnerie ; et c’est M. Guillaume qui a placé la grille monumentale.- La hauteur de l’œuvre entière est de 16 mètres. La pyramide est en pierre de taille de Cassis et le socle en pierre des carrières avoisinant Bel-Abbès.). < Le petit Fanal >

A deux heures précises commence la vraie fête, celle qui réunit des milliers de personnes. La foule déborde d’enthousiasme, quand le cortège gubernatorial arrive.

Le voile qui recouvrait le monument est enlevé.

La délégation du 2e Hussards, commandant de Carné, est à droite. La délégation du 8e Bataillon de Chasseurs, Capitaine Caffier, est à gauche, au pied même du monument. Les deux délégations encadrent le clairon Rolland, ayant à sa gauche le sergent Rigoulau et à sa droite le sergent Pègues.

Avant de donner la parole au Commandant Mirauchaux, président du comité d’initiative, le gouverneur général descend de la tribune, salue les délégations et serre la main aux survivants, particulièrement au clairon Rolland, puis il remonte au fauteuil présidentiel.

La foule crie : Vive l’Armée ! Vive le Gouverneur ! Avec un ensemble saisissant.img299

Décidément la fête commence bien !

M. le commandant Mirauchaux, M. Gobert, maire d’Oran, M. de Rochefort, au nom du comité d’organisation des fêtes, prennent successivement la parole pour retracer les événements de Sidi-Brahim et célébrer dans un langage très élevé, très patriotique, les vertus militaires de nos camarades ; mais le fait le plus saillant de cette cérémonie fut certainement le discours de M. le Général de Ganay, commandant la Division d’Oran, qui parla au nom de l’Armée. Sa péroraison, dite d’une voix forte et mâle, impressionna vivement et fut justement applaudie.

« Soldats, mes chers soldats, s’écria–t-il, soldats de tous âges et de tous grades, soldats d’hier, soldats d’aujourd’hui et soldats de demain, imitez vos devanciers de Sidi-Brahim, sachez, quand il le faudra, mourir silencieusement comme eus pour le pays ! Votre part sera belle encore, car la France si souvent victorieuse, sait honorer même ses infortunés vaincus ! » Enfin le gouverneur Général se lève et prononce le discourt de clôture. Il développe cette pensée : « C’est déjà pratiquer la vertu que de savoir l’honorer dignement », et il termine par un vibrant appel à l’union de tous pour l’avenir de l’Algérie.

L’inauguration officielle du monument est terminée ; les troupes se massent pour défiler sous le commandement du général Mauduit, pendant que la musique du 1er Régiment étranger exécute, avec sa maëstria habituelle, le pas redoublé de Sidi-Brahim.

Après l’l’Armée, les sociétés civiles, bannières en tête, passent aussi devant le monument, et ce n’est pas la partie la moins pittoresque de cette fête patriotique.

A sept heures du soir, à l’Hôtel de la Préfecture, diner offert par le Préfet et Mme De Malherbe au Gouverneur Général. Le chef de la délégation du 8e y assiste.

Enfin, à dix heures, un punch offert par la municipalité à tous les invités et à tous les officiers de la garnison eut lieu à l’hôtel de la Mairie. La salle des fêtes est splendide, et la lumière, qui verse à flots ses rayons sur les uniformes militaires et civils, donne à cette réunion un caractère grandiose.

M. le maire d’Oran remercie encore le Gouverneur Général et tous ses invités, puis M. Laferrière fait ses adieux et se retire.

Au dehors, la foule continue de circuler joyeuse.

Le lendemain, 19 décembre 1898, le programme comporte : une fête arabe au village nègre ; un punch offert aux sous officiers par la Municipalité, au café de France, et une représentation théâtrale au cirque des Nouveautés ; à neuf heures du soir : Apothéose des Héros de Sidi-Brahim !

La fête arabe fut originale. Je fus surtout intéressé par les assauts de savate et de matraque ; et par les danses des foulards et des épées. On sentait que les indigènes étaient dans leur élément et tenaient à briller. Aussi la lutte fut-elle parfois vive et poussé jusqu’au sang.

A près les danses plus ou moins lascives eut lieu la fantasia arabe ; mais l’arène m’a paru trop restreinte pour que les cavaliers, si audacieux qu’ils soient, pussent donner toute leur mesure. Il était facile quand même de constater leur vigueur, leur entrain et leur habileté équestre.

Mettez, d’ailleurs, un arabe quelconque sur un cheval, sur un mulet ou même sur un âne, et vous le verrez se métamorphoser immédiatement en guerrier. Il lui faut le cheval pour faire parler la poudre et se montrer sous son vrai jour.

Au punch des sous-officiers, à 4 h.et demi, je dus y aller, moi aussi, de mon toast et je dis : « Messieurs, je ne comptais pas prendre la parole dans cette réunion. J’avais seulement prié MM. Les membres du Comité d’organisation de vouloir bien ajouter un dernier toast à tous ceux qui ont été prononcés pendant ces deux journées inoubliable ;  mais M. le Président du Comité croit qu’aucun autre n’est mieux qualifié que le chef de la délégation du 8e Bataillon de Chasseurs pour rendre un pieux hommage  aux deux sœurs du Commandant Froment-Coste  et au peintre militaire, M. Alphonse Chigot, de Valenciennes.

Je ne puis donc me dérober à ce devoir et je viens vous prier, Messieurs, de bien vouloir bien associer aux fêtes de Sidi-Brahim Mesdemoiselles Froment-Coste, qui sont aujourd’hui de véritables octogénaires, habitant la Rochelle.

Elles seront certainement heureuses et fières d’apprendre tout ce qui a été fait ici, sur la terre d’Afrique, et particulièrement à Oran, pour glorifier leur frère.

Messieurs, à la santé de Mesdemoiselles Froment-Coste !

Je désire aussi, avant la fin de cette réunion, rendre un public hommage à M. Alphonse Chigot, dont le fils, administrateur dans cette colonie, est ici le représentant autorisé. M. Alphonse Chigot, ancien chasseur d’Orléans, qui avait combattu à Isly, les 14 aoûts 1844, à côté du 8 e Bataillon de chasseur, avait été impressionné par les événements de Sidi-Brahim, qu’il avait résolu de travailler, afin de pouvoir quelque jour les fixer sur la toile.

Son vœu s’est réalisé, Messieurs, et l’ancien fourrier du 6e Bataillon est devenu un artiste, un peintre de grand cœur  et de grand talent, dont nous admirons aujourd’hui les œuvres, dans notre salle d’honneur : Le combat de Sidi-Brahim, l’héroïsme du capitaine Dutertre et l’Evocation.

Je vous demande donc, Messieurs, de lever une dernière fois mon verre en l’honneur de M. Alphonse Chigot, le peintre de Sidi-Brahim !

Je remercie enfin la municipalité d’Oran de son accueil si cordial. Cette fête honore, sans doute, nos aînés, mais nous trace aussi nos devoirs : nous saurons les remplir. »

Alors, tous les sous-officiers mettent sabre au clair et font aux survivants une voûte d’honneur, sous laquelle nous défilons tous pour rentrer chez nous, en attendant la représentation théâtrale.

A 8 heures 45, j’étais de retour à l’hôtel continental pour prendre le clairon Rolland, les deux sergents Pègues et Rigoulau, et les conduire au cirque des nouveautés. On les appelait « Les survivants » mais de survivant réel, ayant pris une part effective à la défense des carrés ou du marabout de Sidi-Brahim, du 23 au 26 septembre 1845, il n’y avait que Rolland.

A notre entré la salle était déjà comble.

Rolland fut l’objet d’une innovation chaleureuse quand il parut à côté de moi, dans la loge réservé aux délégations officielles.

La soirée débuta par l’Ouverture de Charles VI, magnifiquement exécutée par la musique du 2e Zouaves.

L’orchestre à cordes du 1er étranger exécuta aussitôt après une fantaisie sur les Dragons de Villars, qui provoqua des applaudissements unanimes.

Le rideau se leva ensuite pour la représentation du drame héroïque de « Sidi-Brahim » par M. Briet.

Le monologue du Lieutenant-colonel de Montagnac, au moment même où il sent la vie lui échapper, est de toute beauté ; et le portrait du caporal Lavayssière y est tracé de main de maître.

Toute la pièce, qui reflète le plus pur patriotisme, a un relief extraordinaire et mérite d’ailleurs d’être conservée.

Le chant de Sidi-Brahim exécuté ensuite par les deux musiques du 1er étranger et du 2e zouaves fut écouté debout par tous les assistants.

Enfin une ode héroïque : l’Histoire aux Morts, fut dite avec émotion par Mme Bernard, du Théâtre municipal d’Oran, puis l’apothéose des héros de Sidi-Brahim eut lieu aux son de la Marseillaise et des cris enthousiastes, frénétiques, de : « Vive l’armée, Vivent les chasseurs ! Vivent les hussards !

Le tableau représentait la Gloire couvrant le Drapeau tricolore des combattants de Sidi-Brahim, étendus sans mouvement au pied du marabout !

Cette dernière partie du programme fut absolument réussie, et tout le monde se retira impressionné !

(Des médailles commémoratives, grand modèle, en argent, furent frappées à l’occasion de l’inauguration du monument, et M. de Rochefort, président des fêtes, voulut bien m’en remettre une pour le 8e bataillon de Chasseurs à pied ; elle est aujourd’hui déposé à la salle d’honneur.)

Posté par SFORLEANS à 10:04 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
10 juin 2009

LES VILLES DE GARNISONS DU 8e B.C.P.

LES VILLES DE GARNISONS DU 8e BCP

 

                                   (En temps de paix)

 

 

 

22 septembre 1840:    Ordonnance Royale de Création.

 

1er novembre 1840 :    Formation au camp d’Helfaut (Saint- Omer). 

 

30 décembre 1840  :    SAINT OMER.

 

12 avril 1841         :    PARIS au camp de ROMAINVILLE

 

Du 20 juin 1941 au 9 mai 1850 : Campagne d’Algérie.

 

6 juin 1850            :    LYON Dépôt : GRENOBLE.

 

28 janvier 1851      :    BESANÇON.

 

6 décembre 1851    :   PARIS (CHARENTON).

 

15 mars 1852         :   Dépôt à DOUAI.

 

30 juin 1954 : Camp du Nord (WIMEREUX BOULOGNE-SUR- MER.       

 

30 mars 1855         : PARIS (Jardin du Luxembourg)

 

15 octobre 185 ?    : VINCENNES.

 

13 janvier 1856      :   LYON (Dépôt BESANÇON).

 

Du 2 avril 1852 au 12 février 1859 : Campagne d’Algérie.

 

28 février 1859      :  Camp de SATHONAY.

 

19 avril 1859         :  GRENOBLE.

 

Du 27 avril 1859 au 7 août 1859 : Campagne d’Italie.

 

26 août 1859         :  PARIS puis BESANÇON

 

9 octobre 1859      :  RENNES.

 

13 février 1863      :  BOULOGNE-SUR-MER

 

12 janvier 1865      :  METZ

 

16 septembre 1866 :  Vincennes.

 

12 septembre 1869 : PARIS (Quartier du Prince EUGENE.

 

                                 :   Dépôt à TOULOUSE-.

 

11 septembre 1869 : TOULOUSE.

 

21 juillet 1870      :   Départ de TOULOUSE pour LYON-

 

                            STASBOURG et l’armée du Rhin.

 

Septembre 1870   :    Dissous et reformé à Orléans en Bataillon de marche 

 

GUERRE DE 1870-1871 :

 

18 mars 1871       :    TOULOUSE. Camp de Larsac NARBONNE

 

13 avril 1875 au 13 octobre 1878 : Campagne d’Algérie

 

18 octobre 1877   :     AMIENS

 

6 avril 1913         :     ETAIN

 

GUERRE DE 1914-1918 :

 

11 novembre 1918 :   SAINT-GERMAIN la VILLE

 

26 novembre 1918 :   VITRY-LE-FRANÇOIS

 

2 décembre 1918   :   PERTHES

 

15 décembre 1918 :   HAGUENEAU et PALATINAT

 

5 juillet 1919        :    METZ

 

Mars 1931           :    SAVIGNAC (Dordogne)

 

7 juillet 1940        :    LIMOGES (Quartier BEAUPUY)

 

2 août 1940         :    Dissous et reformé en armée d’armistice

 

29 août 1940       :    THIVIERS (Dordogne)

 

30 août 1940             et MAGNAC-LAVAL (Haute-Vienne

 

DISSOUS EN 1942

 

4 septembre 1944 :    Constitution à PARIS du 8e BCP-FFI

 

Campagne 1944-1945

 

Mai 1945             :     SOUPPES-SUR-LOING

 

2 août 1945         :     COMBREUX  (LOIRET)

 

12 septembre 1945 :    En RHENANIE

 

6 octobre 1945     :     TREVES (Allemagne)

 

Novembre 1951     :     WITTLICH (Allemagne)

 

Mai 1999      :    DISSOLUTION

 

 

 

 

Continuité avec l'amicale des Anciens du " Bataillon de Sidi-Brahim"

  • Amicale : rue Auguste Bartholdi - 75015 PARIS - (Contacter l'auteur du blog)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par SFORLEANS à 23:21 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
20 mai 2009

Petit historique rapide du 8e B.C.P.

PETIT HISTORIQUE RAPIDE DU 8ième B.C.P.

 

 

 

Le 8e Bataillon de Chasseurs à pied, ainsi que neuf autres Bataillons, est créé par l’Ordonnance Royale du 23 septembre 1840.

 Une autre Ordonnance du même jour confie l’organisation de ces Bataillons au Duc d’Orléans, Lieutenant-Général du Royaume de France : d’où le nom de Chasseurs d’Orléans qui servira, pendant un certain temps (Le 19 juillet 1842, le duc d’Orléans se tuait dans un accident de voiture à Neuilly. Un mois plus tard, pour honorer la mémoire du créateur des chasseurs, le Roi rendit une ordonnance le 18 août 1842, conférant aux bataillons le nom de « Chasseurs d’Orléans ».  Ils devaient conserver cette appellation jusqu’en mars 1848).

 Commandé par le Chef de Bataillon ULRICH, le 8e assiste, le 12 mai 1841, au camp de Romainville (Seine), à la revue du Roi et à la remise du  drapeau confié à la garde des Chasseurs à pied.

 Le 10 juin 1841, Le Bataillon s’embarque à Toulon, à destination de l’Afrique. Débarqué le 14 à Mostaganem, il prend part, le 21 mars 1842, au combat Sikak, sous les ordres du Général BEDEAU.

 Il est Bataillon d’avant-garde à la bataille de l’ISLY, gagné par le Général BUGEAUD, le 14 août 1844.

 Le 23 septembre 1845, sous les ordres du Lieutenant-colonel DE MONTAGNAC, le 8e Bataillon, commandé par le commandant FROMENT-COSTE, grossi des 2e hussards commander par le Chef d’Escadrons COURBY-DE-COGNORD, réalise ces prestigieux exploits qui ont immortalisé le nom de « SIDI-BRAHIM ».

Le Commandant, 8 officiers et 252 sous-officiers et chasseurs sont frappés à mort.img998

 En 1856, il fait partie de l’expédition de Kabylie.

 En 1859, il prend part à la bataille de Magenta, en Italie.

 Le 15 août, jour de la Saint-Napoléon, le 8e Bataillon défile à Paris, avec le reste de l’armée d’Italie, sous les applaudissements populaires.

 Après la campagne d’Italie le Bataillon vit dix années de calme.

 Par décret du 10 mars 1860, les Bataillons de Chasseurs sont reconstitués à huit compagnies.

 Le 21 avril de la même année, le commandant Merle est remplacé à la tête du Bataillon par le commandant LOCKNER.

 Le Bataillon alla tenir ses quartiers à Boulogne, du 28 avril 1862 au 22 décembre 1864

 Par décision du 16 octobre 1864 le commandant DUCREST de VILLENEUVE prend le commandement du « 8e ».

 Par décret du 28 décembre 1864, il fut appelé ensuite au commandement des Chasseurs de la garde, et remplacé par le commandant VINCENDON.

 Du 13 janvier1864 au 1er décembre 1866 le Bataillon se trouve à Metz et au camp de Châlons ; à Vincennes jusqu’au 11 septembre 1867.

 Par décret du 3 août 1867, le commandant POYET est appelé à remplacer le commandant VINCENDON à la tête du Bataillon.

 A partir du 12 septembre 1869, le Bataillon tient ses quartiers à Paris jusqu’au 22 septembre 1869, date à laquelle il part pour Toulouse où il reste jusqu’à la déclaration de la guerreLe 21 juillet, le Bataillon quitte Toulouse er arrive le 25 à Strasbourg. Il fait partie du 1er corps d’armée commandé par le maréchal de MAC-MAHON, 3e division (général RAOULT), 1re brigade (général l’HERILLER).

 Le 3 août, le Bataillon subit à Frœschwiller. Le 6, la 1re et la 2e chargimg132e l’ennemi à la baïonnette jusque dans les maisons à Woerth. La bataille fait rage à Reichshoffen. Les 3e, 4e, 5e, et 6e compagnies sont dans les bois à Frœschwiller. Le commandant POYET est tué. Assaillies de tous côtés, les compagnies durent mettre  bas les armes. Il ne restait plus au Bataillon que les 1re et 2e compagnies qui malgré leurs pertes, avaient échappé au désastre. On compta 250 hommes tués ou blessés dans les rangs du 8e.

 Le 8e Bataillon est reconstitué au camp de Châlons (après avoir récupéré dans ses rangs environ 100 hommes à Saverne et 190 hommes venus du dépôt de Toulouse). Le 4 août, le 8e fait partie du 1er corps d’armée (DUCROT), 3e division (lL’HERLLIER),1re brigade (CARTERET-TRECOURT).

Le 21 août, le « 8e » part avec l’armée de Châlons, les troupes sont bloquées sous Metz. Lors de la bataille de Sedan, ou l’armée française est de nouveau vaincue par le nombre, encerclée et bombardée dans la cuvette de Sedan, le « 8e » est de ceux qui se battent jusqu’à la dernière heure. La capitulation est inévitable. NAPOLEON III se constitue prisonnier pendant la nuit. Le 2 septembre on procède à la reddition. " Dans cette journée, le Bataillon fort de 490 hommes perdit environ 110 hommes, tués, blessés ou disparus." Le Bataillon est prisonnier, le 6 septembre il part pour l’Allemagne avec les autres prisonniers de guerre. Les officiers furent conduits sur Coblence et les Chasseurs à Ingolstadt en Bavière.

Cependant, dès la fin de septembre 1870, avait commencé la mise sur pied avec les éléments les plus divers : chasseurs des compagnies de dépôts, recrues de la classe 1870, engagés volontaires, de bataillons de marche de chasseurs à pied.

Le 9 novembre, GAMBETTA quitte la capitale en ballon pour organiser depuis TOURS de nouvelles armées.

La vie de ce 8e de marche dans Orléans sera très coute : à peine formé, mal équipé, sans munitions suffisantes, il perd les deux tiers de son effectif n_19_Orl_ans_les_Aydes___inauguration_du_monumentdans les combats d’Artenay (nord d’Orléans) et dans les Faubourgs d’Orléans (les Aydes). Les 10 et 11 octobre aux Aydes, les troupes françaises livrent un dur combat d’arrière garde, quand surgit sur le terrain un Bataillon de Chasseurs à pied arrivé en toute hâte d’Orléans. C’est le 8e de marche qui se met en ligne, à la place des troupes française.

Sous le commandement du Chef de Bataillon ANTONINI, il se déploie le long du chemin de fer. Le commandant signale au lieutenant Frédéric d’ASSIGNY (7e Cie) une masse noire qui débouche du côté de Cercottes : " Voilà la cavalerie, tout le monde couché ! hausse à 500 m et laissez arriver !" Les chasseurs et les éléments d’autres unités rallié aux chasseurs couchés le long du talus reçoivent, à 500m les cavaliers allemands par un feu roulant très meurtrier ; ils font demi-tour et vont se reformer derrière leur artillerie.

 Le combat dura 6 heures et la Bataillon menacé de débordement, ayant subi des pertes sérieuses, se replie sur la forêt d’Orléans. Son équipement, ses dotations en munitions étaient incomplets, sa constitution en détachements de chasseurs mal soudés en rendait le commandement délicat. Mais, persévérant et tenace, le commandant ANTONINI était un soldat intrépide. Il venait d’être nommé au commandement du « 8 » dont les rangs se mêlèrent au 5e Bataillon de marche de chasseurs à pied dont ANTONINI venait de commander une compagnie.

 Dans le faubourg des Aydes ils combattirent au coude à coude et les allemands eux-mêmes témoignèrent de leur héroïsme : " on se battit durement autour de ce faubourg et cette bataille ne peut se comparer qu’à la prise d’assaut de Bazeilles".

 Le commandant ANTONINI, à bout de force avec plusieurs de ses chasseurs se cachèrent dans la sacristie de la Visitation (Notre Dame des Aydes). Antonini avait pris des habits de jardinier du couvent et demeurait quelques jours sur place ; Malheureusement, il sortit trop tôt en ville. Il fut reconnu, arrêté et déporté.

Le 11 octobre 1871, un monument fut inauguré aux Aydes, élevé par les Orléanais aux soldats qui les avaient défendus le 11 octobre 1870, les 5e et 8e Bataillons de marche de chasseurs à pied y figurent sur la face gauche.

Sur une autre face on lit :

 

img126

 

 

 

 

 

Le bataillon est reconstitué à Laval du 18 au 27 octobre, le commandant BERTRAND en prenait le commandement le 3 novembre.

Le 4 novembre 1870, Alors que la ville de Paris est assiégée, la 1re République est proclamée.

Le 17 novembre, le « 8e » prend part aux combats de Landelles (Eure-et-Loir).

Le 21 novembre, 2 compagnies sont engagées dans les combats de Bretoncelles (Eure-et-Loir)

Le 4 décembre 1870, le « 8e » est de retour dans Orléans et participe à sa défense, le soir il reçoit l’ordre de se replier et de repasser la Loire. Orléans est à nouveau perdue. Réduit à 125 hommes, le Bataillon participe à la bataille du Mans, le janvier 1871. Le lendemain l’armée de la Loire amorce sa retraite sur la Loire.

Le Gouvernement capitule le 28 janvier 1871.

Le 15 avril, les prisonniers rentre de captivités. Le commandant VIENO, reprend le commandement du bataillon, jusqu'au 28 janvier 1872 où le commandant ANTONINI le remplace

La paix est ratifiée par l’Assemblée le 10 mars.

 Le 10 mai 1871, la France signe le désastreux Traité de Francfort qui exige d’elle la cession de l’Alsace et une grande partie de la Lorraine.

 Une fois l’armée dissoute, le « 8e » est renvoyé à Toulouse, ou il arrive le 18 mars les compagnies du « 8e » de marche fusionnent avec les 2 compagnies du dépôt de Chasseurs, Le commandant ANTONINI, rentré de captivité en prenait le commandement les 26 et 27 mars 1871.

Le Bataillon est garnison à Toulouse jusqu’au 15 avril 1875. Envoyé en Afrique du Nord à cette époque, il séjourna successivement à Fort-National jusqu’en mai 1877 et à Millianah jusqu’en octobre.

Le 11 juin 1877, le commandant CHAUFFEUR remplaçait le commandant Aimg061NTONINI.

 Le 3 octobre 1877, le « 8e » rentrait en France et était envoyé à Amiens. La compagnie de dépôt venant de Toulouse l’avait précédé.

Le 2 octobre 1878, après son arrivée à Amiens, ce qui devait être sa ville de garnison jusqu’en 1913. Il célébra la fête commémorative du combat de SISI-BRAHIM, d’après un programme arrêté par les commandants des 30 Bataillons de Chasseurs à pied réunis à Châlons. Il en a été décidé que cette fête serait renouveler chaque année.

En 1899, le 8e bataillon comptait parmi ses officiers le capitaine Pétain

Guerre de 1914-1918

Une décision ministérielle du 5 mai 1913 désignait le « 8e » Bataillon de Chasseurs à pied pour aller tenir garnison à Etain, près de Verdun. Le « 8e » quitta Amiens le 30 septembre, et arriva dans sa nouvelle garnison le 5 octobre.

 Du 18 au 22 août 1914, le « 8e » est tout d’abord placé en surveillance entre Etain et Metz.

 Du  19 au 21 août, dans les environs de Longuyon et Pierrepont il perd un capitaine 3 lieutenants, un adjudant et une centaine d’hommes, il doit alors se replier sur Arrancy ou il reçoit l’ordre de tenir la position « coûte que coûte jusqu’à la mort », « Arrancy va être votre Sidi-Brahim », tel fut le mot du général ROQUES.

 Le 22 octobre, le « 8e » est envoyé en Belgique. Sa mission est « d’aider les troupes belges à regagner le terrain perdu au nord-est de Pervyse ».

 Le 2 novembre, le bataillon rentre dans Dixmude.

 Le 31 décembre , sous les ordres du commandant DEVINCET, il rentre en France, une des périodes les plus noires de son histoire vient de s’achever.

 L’année 1915 débute pour le 8e B.C.P. par une période de repos et d’instruction avant de retourner au front de janvier à juillet, dans l’Argonne les combats du 29 juin au 1er juillet 1915 à Bagatelle sont l’évènement de l’année 1915.

 Dans le secteur de Bagatelle le « 8e »relève le 16e B.C.P.

 Au lendemain du combat de Bagatelle, au moment où les débris du Bataillon ont été relevés, le Chef de corps a pu compter 4 sous-lieutenants survivants et environ 130 chasseurs. Trois jours avant, le Bataillon avait pris les tranchées avec un effectif de 21 officiers et 1100 chasseurs. Il avait donc perdu dans ce combat 17 officiers, et près de 800 chasseurs.

 Le 11 juillet, le « 8e » B.C.P.était passé en revue par M.MILLERAND, ministre de la guerre, qui remettait au commandant DEVINCET la croix de la Légion d’Honneur. Peu après le Bataillon recevait sa première citation à l’ordre de l’armée pour son courage lors des combats de Bagatelle.

 Du 25 septembre au 15 octobre 1915, le Bataillon participe à la grande offensive de Cham8e_clairons_02pagne.

 Dès le 21 février 1916, commence la grande offensive allemande sur Verdun. Le général JOFFRE, qui ne voulait pas compromettre l’offensive sur la Somme, confia la défense de la place au général Pétain. Cette place put tenir, malgré les pertes énormes du côté français. Le 8e BCP, connut des journées particulièrement rudes dans le secteur de Verdun.

 Après une période de repos à Châlons sur Marne, le « 8e » Bataillon est envoyé dans le secteur de Douaumont du 10 au 31 mars. Pendant vingt jours le « 8e » tient ce secteur au milieu d’un bombardement sans égal, il est relevé dans la nuit du 30 au 31 mars.

 Après une courte semaine de repos, le « 8e » est envoyé dans le secteur de Mort-Homme qu’il va défendre du 9 au 11 avril aux côtés du 16eB.C.P. et du 151e R.I.

 Du 9 au 11 avril, le Bataillon résiste héroïquement à une vive attaque allemande « Dans ces journées de combats le Bataillon a perdu 19 officiers et près de 600 hommes de troupe ».

 Le « 8e » B.C.P. est relevé dans la nuit du 11 au 12 avril par le 251e R.I. ; Il cantonne ensuite à Combles où il reste jusqu’au 7 mai pour y être reconstitué.

 Par un décret du 12 avril, le capitaine Michel de Grilleau, commandant le groupe cycliste de la 2e division de cavalerie, était promu au grade de chef de Bataillon et recevait le commandement du 8e B.C.P. Pour la troisième fois le « 8e » reprenait la direction de Verdun.

 Du 13 au 29 mai 1916, le « 8e » occupe, le secteur de Cumières-Chatencourt.

 Du 11 juin au 22 août, le 8e B.C.P., occupe le secteur de Reillon, en Lorraine, à l’est de Lunéville, secteur relativement calme malgré l’attaque allemande du 10 juillet qui fut repoussé les 11 au 12 juillet.

 En septembre, le Bataillon est envoyé en Picardie.

 Le 20 septembre au matin, le Bataillon occupe ses positions devant Rancourt qu’il aura mission d’attaquer le 25. A peine installé, il subit un bombardement des plus violents qui détruit la moitié de la 2e compagnie. La prise de Rancourd est un succès, malgré les barrages d’artillerie et le feu des mitrailleuses ennemies. Les pertes sont lourdes, mais le bataillon avançait toujours. Il est relevé dans la nuit du 29 au 30 septembre après que tous les objectifs soient atteints.

 Le 26 octobre, le Bataillon monte à nouveau en ligne à Sailly-Saillisel (30 km au sud d’Aras) dans ces combats, ses pertes sont encore très lourdes : 100 tués, 201 blessés, 90 disparus, 15 évacués. Il est relevé dans la nuit du 6 novembre par le 1er Bataillon du 161e R.I.

 Jusqu’en avril 1917, le Bataillon ne participe à aucun fait d’armes important. Il se prépare à l’offensive générale prévue par le général Nivelle.

 Le 16 avril, le Bataillon participe à l’offensive au nord de Berry-en-Bac, avec le 332e, le 94e R.I. et le 16e B.C.P. L’effectif du « 8e » est de 35 officiers, 1420 gradés et chasseurs. On ne parvient qu’à enlever le premier échelon au prix de lourde pertes : 69 tués, 69 disparus, 382 blessés, 9 évacués. Mais grâce au courage des Chasseurs, le « 8e » fait 287 prisonniers, prend des mitrailleuses, 3 minens et un canon de 37. « Les Chasseurs sont remarquable de courage et de sang froid », note fièrement le rédacteur du journal de marche.

 Pendant 21 jours, avec la faim, la soif, le froid, les nuits sans sommeil, au milieu des bombardements, les Chasseurs du « 8e » tiennent le secteur ; ils sont relevés dans la nuit du 7 au 8 mai 1917.

 Le 15 mai, Nivelle cédait la place à Pétain au poste de Chef d’Etat-major.

 A Verdun, avec le 16e B.C.P. et le 287e R.I., le « 8e »participa à l’une des attaques à objectifs limités. L’attaque commence le 20 août au matin. Le commandant de Grilleau est blessé. Malgré des pertes sensibles (110 hommes hors de combats) les positions sont enlevées. On fait plus de 150 prisonniers et l’on prend 8 mitrailleuses. Du 20 au 2 août les combats sont acharnés. Le 26 à « A 13 heures, tous les objectifs  sont atteints, 400 prisonniers dont 17 officiers ont mis bas les armes » journal de marche du 26 août 1917.) Le bataillon est relevé le 27 août. L’attitude particulièrement valeureuse et les actions héroïques de nombre de ses Chasseurs valent au « 8e » une nouvelle citation à l’ordre de l’armée en date du 20 septembre 1917. En novembre 1917, ayant obtenu quatre citation à l’ordres de l’armée, le « 8e » reçoit la fourragère aux couleurs de la médaille militaire.

 Après cette attaque, le « 8e B.C.P se trouve pendant trois semaine à Laheycourt, (près de Châlons-sur-Marne)pour y être reconstitué. Puis il remonte en ligne vers les Eparges. Après un mois de repos au sud de Toul (du 5 octobre au 2 novembre 1917), il passera tout l’hiver de 1917-1918 dans le secteur du bois Le Prêtre." Les pertes pendant cette occupation se sont élevés à 5 tués, 8 blessés, 2 disparus. " le 2 mars 1918, le Bataillon reçoit des mains du général DEBENAY la garde du Drapeau des Chasseurs.

 Le Bataillon sera relevé du bois le Prête le 7 avril 1918.

 Après quelques jours de repos dans la région de Toul, il est embarqué par chemin de fer pour se rendre dans la Somme où l’offensive allemande à fait des progrès inquiétants.

 Début mai, le Bataillon est en ligne devant Hangard-en-Santerre où il reçoit la mission de défendre Amiens, ville où il eut ses quartiers pendant trente cinq ans.

 Le 8 août, Le bataillon passe à l’attaque dans la région de Thennes, près d’Amiens. Il progresse de plus de 9 kilomètres dans les lignes ennemies, fait 280 prisonniers, prend 4 canons de 150, 3 de 77, 22 mitrailleuses lourdes, 37 légères, et un important matériel ; ses pertes était de 41 tués, 122 blessés. Le « 8e » obtient une autre citation à l’ordre de l’armée à la suite de cette offensive.

 Après l’attaque du 8 août le Bataillon est envoyé dans le secteur relativement calme de Moivrons, Près de Metz ; il est relevé début octobre et s’apprête à monter en ligne.

 La triple offensive du 26 septembre de grande envergure : Franco-américains, Franco-anglais et Franco-belges oblige la Bulgarie à signet un Armistice. Dès le 3 octobre, le gouvernement allemand demande l’Armistice immédiat.

 Ainsi le 1er novembre 1918 " Le Bataillon est chargé de soutenir l’attaque commencée par le 16e B.C.P. au nord-est de Vouziers, de le dépasser et de s’installer en fin de combat sur la rive gauche de la Bar, au sud est de Chatillon-sur-Bar ".(Journal de marche)

 C’est à Saint-Germain-la-Ville où le 11 novembre, le « 8e » apprend la signature de l’Armistice.

 Le « 8e » s’est glorieusement illustré pendant " la Grande Guerre ". Pour ces 7 citations (6 à l’ordre de l’armée, 1 à l’ordre du corps d’armée), il reçoit, le 21 janvier 1919, la fourragère aux couleurs du ruban de la Légion d’honneur.

 Le Bataillon a perdu durant cette période 2281 Officiers, sous-officiers, caporaux et chasseurs, soit environ deux fois son effectif. La France en 1918 comptait 1.310.000 tués ou disparus et 1.100.00 blessés, mutilés, gazés, frappés d’une invalidité permanente

L’ENTRE DEUX GUERRES

Le 8e Bataillon fait partie, pendant les premiers mois de l’année 1919, des troupes d’occupation en Allemagne. Il cantonne à Haguenau puis à Sultz. Le Bataillon est chargé d’assurer l’ordre dans une région pétrolifère où commence une grève.

 De retour en France, le 24 juin 1921, le 8e B.C.P. manœuvre sur le terrain de Frescaty en présence du Prince Impérial du Japon et du ministre de la guerre qui le lendemain, adresse ses félicitations au Bataillon.

 Le 8 mai 1923, une partie du 8e B.C.P. quitte Metz à destination de la Rhur, en renfort de l’armée du Rhin.

 Le 9, le Chef de Bataillon d’ACQUIN (1923-1925), trois capitaines, cinq lieutenants, et 362 chasseurs débarquent à Düsseldorf où ils cantonnent dans les bâtiments du jardin zoologique. Le 8e assure à partir du 10 mai la garde du Q.G. de l’armée au Stalhof et la surveillance d’un secteur de voies ferrées allant de Düsseldorf à Bilk.

 Le Bataillon passera les années 1925 et une partie de 1926 en casernement.

 Après Haguenau, Saint-Ingbert, Sultz, Metz et Düsseldorf, le « 8e » retourne à Metz le 27 août 1926.

 Le 17 septembre 1927, le Bataillon repart à nouveau pour assurer le service d’ordre à Paris pour l’arrivée de l’ « Américain Légion ».

 Le 28 mars 1931, le Bataillon de Sidi-Brahim fait une entrée remarquée dans sa nouvelle ville de garnison. A 14 heures, le « 8e » fait son entrée dans la ville de Forbach toute pavoisée. Après avoir parcouru les principales artères de la ville, il est reçu solennellement devant la mairie par la municipalité qui offre un vin d’honneur aux officiers, une prime de 5 francs aux sous-officiers et une prime de trois francs à tous les chasseurs présents au Corps.

 Le 8 janvier 1932, un détachement du Bataillon, composé du Chef de Corps, du Drapeau (au corps depuis le 7 septembre 1930) de la fanfare et de quatre sections de la 2e compagnie, quitte Forbach pour se rendre aux obsèques du ministre de la guerre. André MAGINOT.

 Le 1er août 1934, le Bataillon quitte Forbach par voie ferrée pour se rendre à Nancy où il doit assister aux obsèques du Maréchal LYAUTEY (décédé à Thorey, le 27 juillet 1934.

 Le « 8e » a donc changé huit fois de garnison entre 1919 et 1934. Les mutations nombreuses ne sont pas l’apanage de quelques corps. Les hésitations du ministère de la guerre pendant l’entre deux guerre provoquent des va et vient incessants qui sont préjudiciables à l’entrainement de la troupe.

 LES MANŒUVRES ALLEMANDES

 Le 30 janvier 1933, HITLER est nommé chancelier en Allemagne, deux ans plus tard la Sarre vote son rattachement à l’Allemagne nazie. Le 7 mars 1936, HITLER dénonce le traité de LOCARNO et occupe militairement la Rhénanie. Ces événements sont sous-entendus par le commandant PAUTY (chef de corps du  « 8e » du 24 juin 1938 au 10 septembre 1941) dans l’historique du Bataillon, concernant la période 1936-1941 : en 1936 le Bataillon tient encore ses quartiers à Forbach. En août 1936 le Bataillon quitte Forbach pour Toul.

 Lorsqu’en septembre 1938 HITLER envahit la Tchécoslovaquie, la tension internationale ne cesse de monter. Paris rappelle alors une partie de réservistes. Le Bataillon se porte à la frontière pour tenir «  le secteur confié à sa garde »

1939 – 1940

 Dès le 21 août 1939, le Bataillon est alerté en raison de la situation internationale.

 La journée du 22 est consacrée aux opérations de mise sur pied de l’échelon « A ».

 Le 23 à 11 heures, le commandant Pauty présente le bataillon au Drapeau ; le 8e quitte le quartier Luxembourg pour se rendre à la gare où il embarque pour Sarre-Union.

 Les cadres officiers et sous officiers rejoignent avec l’échelon « B » et ceux passant dans d’autres formations sont sur le quai pour saluer les partants.

 Après le débarquement, le Bataillon se fractionne ; l’état-major, la 1re Compagnie, la compagnie, la Compagnie d’accompagnement vont cantonner à Kirviller ; la 2e Compagnie et la 3e Compagnie se dirigent  sur Honskirich (Moselle).

 Du 24 au 30 août, le Bataillon exécute des travaux de défense passive.

 Le 31, l’échelon « B » amené par le capitaine BATARD est reparti dans les unités, la Compagnie Hors-Rang passe sous le commandement du Capitaine MOREL, la 1re Compagnie reçoit le Capitaine PILLANT.

 La journée du 1er septembre ne laisse pas présager une mobilisation générale, qui est néanmoins décrété le 2 à zéro heure ; elle est suivie le lendemain de la déclaration de guerre à l’Allemagne, à 11 heures par l’Angleterre, à 17 heures par la France.

 Le Général AYMES, commandant la 11e Division lance l’ordre du jour suivant : « Ordre général n° 1 : -Au moment où la 11e Division, entre en campagne, je rappelle aux officiers, sous-officiers et hommes de troupe qu’ils appartiennent à une grande unité particulièrement réputée pour son beau passé militaire. »

 « Aujourd’hui, comme hier, la Division de fer saura, je l’espère, qui la maintiendront inébranlablement sur le chemin de l’honneur et de la victoire qu’elle a toujours suivi ».

 Le 5 septembre à 22 heures, le Bataillon se regroupe sur Kirviller et part pour Ippling où il cantonne le 6 et une partie du 7.

 Le 8e Bataillon se porte dans le bois de Grosbliederstroff où il s’organise aux lisières Est.

 Dans la journée du 8, les unités complètent leurs approvisionnements en munitions ; un réglage d’artillerie est effectué. Ces opérations font prévoir une attaque proche.

 Le 9, la 11e Division ayant attaqué au petit jour, le Bataillon appuie le 170e R.I. sur son flanc gauche, la 3e Compagnie et une section de mitrailleuses franchissent la Sarre à Grosbliederstroff, suivis du gros du Bataillon.

 La 1re Compagnie s’installe aux lisières Nord de Kleinblittersdorf, la 2e avec des éléments du C.A., aux lisières Est, la 3e Compagnie dont une section avait tenu la Tuilerie, s’installe sur la route de Bubigen.

 Le Bataillon est accueilli par des rafales de mitrailleuses venant de Vorderwald ; les mines commencent à faire parler d’elles ; une chenillette saute occasionnant la mort des occupants et la perte de la vue de l’adjudant FEHSE.

 Au cours de la nuit, le groupe du sergent PIRE de la 2e Compagnie capture un prisonnier qui est immédiatement emmené à la Demi-brigade.

 Le 10, dans l’après-midi, la Tuilerie est réoccupée par une section de la 2e Compagnie, appuyée par une section de mitrailleuses ; la section BERNARD de la 3e Compagnie vient ensuite étoffer le dispositif.

 La 1re Compagnie profite de l’obscurité pour se porter dans Bubingen  avec une section de mitrailleuses et l’occupe sans coup férir. Les mines causent des pertes en hommes et en matériel.

 Le 11, une reconnaissance de la 1re Compagnie (lieutenant GUYON) part en direction  de Gudingen, son chef est grièvement blessé ; une autre de la 2e Compagnie (lieutenant FORET) se dirige vers la lisière de l’Hinterwald qu’elle met en état de défense ; elle est renforcée par la section CHALVET de RECY. Le reste de la 2e Compagnie s’installe sur le saillant Est de Bubingen.

 La 3e Compagnie est en retrait au téléphérique.

 Du 12 au 18 septembre, l’ennemi réagit par son artillerie et par l’envoi de nombreuses patrouilles ; nos incursions journalières dans les lignes allemandes permettent de déterminer qu’il s’organise sérieusement dans le Hambusch et le Birnberg. Au cours d’une reconnaissance, le chasseur MARIEN se défend seul avec son F.M. ; malgré le bipied en travers et la bretelle de son arme coupée par les balles, il continue le feu ce qui lui permet de décrocher.

 Du 19 au 23, le Bataillon cantonne à Welferding ; il effectue des travaux de défense passive et de terrassements à la Côte 345, au nord d’Ausmacher Sarre).

 Le 24, il relève le 2e Bataillon du 170e R.I. dans l’Hinterwald et le Vorderwald et reste en secteur jusqu’au 12 octobre.

 A partir du 4 octobre, le 8e occupe seul le front de 2 Bataillons.

 Il reçoit la visite d’un Général Anglais, venu inspecter nos organisations.

 Dans la nuit du 12 au 13 octobre, il est relevé par le 170e R.I. et va se reposer en étant toutefois en réserve d’armée à Remelfing ;

 Le 15, la 1re Compagnie est détachée en Sarre à Frauenberg. Après un repli stratégique, le 17, la 2e Compagnie se porte sur Welferding pour interdire le franchissement de la Sarre.

 Le 19, le Bataillon occupe Hundling, Metzing, et Ippling ; le soir, il regagne Remelfing d’où il doit partir pour une contre-attaque avec chars sur la Blies près de Neunkirch ; cette opération est annulée, la reconnaissance ayant reconnu que l’ennemi n’avait pas franchi la rivière ; la 1re Compagnie rejoint Sarrensming.Le 24, le 8e relève à Caderbronn les éléments du 18e Chasseurs à cheval ; il tient les avant-postes de l’Ermerich, de kerbach et la ligne de résistance passant près de la route de Forbach-Sarreguemines.

 De jour, un groupe de la section de l’Ermerich occupe le village d’Alsting situé entre les deux lignes adverses. Pendant 21 jours, les travaux d’organisations sont poussés malgré la pluie qui inonde les tranchées et les abris précaires.

 Le 11 novembre, le Bataillon se tient sur ses gardes en prévision d’une attaque ennemie qui ne se produit que le 1e 12 à la gauche du dispositif.

 Relevé par le 7e R.I., il arrive le 13 à Ernstwvller et embarque en camion pour Einville au Jard (Meurthe-et-Moselle) son cantonnement de repos.

 Le 23 novembre, une prise d’armes a lieu à Lunéville.

 Le 30, le 8e va cantonner à Jallaucourt (Moselle).

 Le 9 décembre, il a l’honneur de défiler à Novéant devant le Roi d’Angleterre.

 Le 5 février 1940, une remise de croix de guerre s’effectue par les soins du Général REQUIN qui lui-même, le 15, est décoré à Vic-sur-Seille de la grand-croix de la Légion d’honneur.

 Le 18, le Bataillon quitte Jallaucourt  et se rend fractionné à Lanning et Maxstadt, où dès le 20 il pose des rails, creuse des tranchées, coule du béton jusqu’au 26 mars date à laquelle il organise une position à Lixing et Vahlebersing.

 Le 10 mai, il quitte ses cantonnements qu’il avait agrémenté de jardin potagers et de massifs de fleurs pour se rendre à Bening.

 Le 11 mai au soir, il relève le 61e B.C.P. dans la région de Cocheren près de Forbach. La 1re Compagnie tient Rosbruck, la 2e Compagnie est à l’Hérapel, la 3e occupe Morsbach ; la Compagnie d’accompagnement est répartie dans les autres unités.

 Le 12 à 3h 55, l’ennemi commence à pilonner nos positions ; son tirse termine vers 13 heures et il lance son infanterie à l’attaque en formations très denses. Les avant-postes qui ont reçu la mission de tenir jusqu’au bout exécutent fidèlement l’ordre et sont encerclés ; les tentatives de dégagements sont vouées à l’échec. Leur sacrifice à permis aux éléments de la ligne de résistance d’ajuster leur feu et de disloquer les vagues qui déferlaient de toutes parts.

 Le 13, la canonnade reprend, mais elle est de moins longue durée que la veille ; les tentatives d’infiltrations échouent devant notre tir intense.

 Les Allemands n’ayant pu entamer notre position, entreprennent des tirs de harcèlements, mais comme les jours précédents, notre artillerie fait taire celle d’en face.

 Le 16 à 22 heures, Le Bataillons relevé se rend à Fremestroff, le 18 il cantonne à Pévange et Rode.

 Le 19, juin 1940, il embarque à Haboudange. Après plus de trois jours de voyage, il arrive à Plessis-Belleville et gagne Chaalis ; le lendemain il fait mouvement sur Bethisy-Saint-Pierre (Oise) où il séjourne quelques heures ; il marche sur la Faisanderie (8 kilomètres de Compiègne) où il organise la défense de la forêt, particulièrement contre les engins blindés.

 Le 2 juin, il occupe les bords de l’Aisne et creuse des emplacements dans la région de Trosly-Breuil.

 Le 10, il reçoit l’ordre de décrocher ; le départ est salué par des rafales de mitrailleuses.

 Le « 8e » se porte sur Ormoy-Villiers où à nouveau il crée des organisations ; la 3e Compagnie appuis le 61e B.C.P. et soutien un combat acharné ; malgré un ennemie nombreux se renouvelant sans cesse, elle ne se laisse pas entamer.

 La 2e Compagnie s’apprête à renforcer la ligne dans la soirée du 12 ; à ce moment l’ordre arrive de se porter sur la Marne à Trilbardou. L’ennemi étant à Meaux, le Bataillon décroche et se rend  à Presle-en-Brie ; il embarque en camion pour la Chapelle-la-Reine et prend ensuite le train pour la Ferté-Saint-Aubin.

 Le 17 juin, il stationne dans le bois de la Caille, près de Tigy ; le lendemain il occupe les bords de la Loire, près de Sully-sur-Loire, où tous ses éléments rivalisent de cran pour en empêcher le franchissement et permettent aux éléments n’ayant pas trouvé de ponts, de revenir sur notre rive.

 Le 19 juin, il bivouaque à la ferme de Boulaire à 3 kilomètres de Pierrefitte ; la 2e Compagnie et une section de mitrailleuses doivent renforcer le 61e B.C.P. ; la reconnaissance est effectuée, mais l’ordre d’exécution est annulé par suite du mouvement général envisagé. Vers 22 heures, l’ennemi tente de déborder notre gauche ; les rafales de mitrailleuses et de mitraillettes crépitent sur les éléments rassemblés  au point initial ; la riposte est immédiate, nos F.M. et fusils imposent bientôt le silence.

 Après la traversée de Salbris, le « 8e » s’installe à Mennetou où certains éléments ennemis l’avaient précédé ; il s’organisent et passe la journée sur les bords du Cher, interdisant l’approche de notre rive, appuyé par un canon de 75, en batterie près du pont sauté et tirant à vue directe.

 Au court de l’action, le capitaine NACHBAUR est blessé grièvement ;la 1re compagnie est chargée de tenir la rivière pendant que les autres unités gagnent Grassay et quitte son emplacement dans la nuit.

 Le Bataillon embarque en camion à destination de Buzançais, puis du château de Lacombe. Il s’organise dans la journée du 23 à Pouillac, puis est transporté à nouveau à Aumont où il apprend la signature de l’Armistice le 24 juin 1940.

 Pendant la durée de cette guerre, le 8e Bataillon de Chasseurs à pied s’est montré digne du numéro qu’il porte ; partout où le commandement lui a fixé une mission, il l’a fidèlement exécutée ; il ne sait jamais découragé et même dans les moments difficiles, il s’est souvenu qu’il était le Bataillon de « SIDI-BRAHIM ».

 Les témoignages des grands chefs qui sont insérés  dans cet historique prouvent d’une manière éloquente qu’au combat et en paix, il a à cœur de continuer les belles traditions que lui ont léguées les Chasseurs de 1845 et ceux de 1914-1918.

 

                                     Ordre du Jour du Général FRÈRE

 

Commandant la VIIe Armée

Officiers, Sous-officiers, Soldats,

         La guerre se termine sans que la VIIe Armée ait été battue. Attaqués sur la Somme et sur l’Ailette par un ennemi disposant d’une supériorité écrasante aviation et en engins blindés, vous n’avez pas cédé.

         Ces durs combats ont été suivis de la douloureuse épreuve de la retraite. L’avance de l’ennemi sur nos deux flancs nous menaçant d’encerclement, il a fallu pour échapper à son étreinte, opérer un repli de plus de 400 kilomètres. Je connais les efforts surhumains que vous avez dû fournir. Si je vous ai demandés, c’est pour éviter la honte et les misères d’une  capitulation en rase campagne.

         Vous connaissez les causes de nos échecs. Le Maréchal Pétain, le glorieux vainqueur de 1918, vous les a indiquées.

         Soldats de la VIIe Armée, vous représentez une force contre laquelle l’ennemi s’est brisé et qu’il n’a pu dissocier. Il faut que les vôtres le sachent, quand vous rentrerez dans vos foyers.

         Je décide donc que tout combattants, ayant pris part aux opérations du 5 au 24 juin et resté en armes dans son unités, recevra la croix de Guerre.

         Maintenant, refaites vos forces et demeurez, comme dans la bataille et dans la retraite, groupés autour de vos chefs. C’est aujourd’hui, plus que nécessaire que jamais.

         Soldats de la VIIe Armée, conservez le cœur fier et la tête haute : vous n’avez pas connu la défaite.

 Q.G.A., 24 juin 1940 (23h).                             Le Général FRÈRE

                                                                      Commandant la VIIe Armée                              

 

PARTICIPATION A L’ARMEE D’ARMISTICE

 

Le 8e est reformé à la même date en unité d’armée d’armistice. Il stationne à Marthon (Charente), ou plutôt, il " est disséminé sur 25 kilomètres du front pour assurer la surveillance de la ligne de démarcation." (le P.C est à Marthon, la 1re Cie à Tapont, la 2e à Vouzan puis à St. Somain, la 3e à Grassac, les engins à Feuillade). Au printemps 1941 le « 8e » séjourne au complet pendant quelques semaines au camp de Bourg-lastic, puis il part pour le camp de la Fontaine du Berger, près de Clermont-Ferrand, où le commandant PAUTY lui fait ses adieux le 10 septembre 1941 après l’avoir commandé depuis le 24 juin 1938, il est remplacé le 15 septembre par le commandant CADORET. Le 3 octobre le Bataillon rallie Marthon qu’il quitte le 21 pour Magnac-Laval. (Haute-Vienne).

 Après un séjour au camp de la Courtine (juin-juillet1942), le « 8 » est dissous le 27 novembre 1942 lorsque l’armée d’armistice est désarmée lors de la riposte allemande au débarquement en Afrique du Nord.

 LA LIBERATION

 Le 25 août 1944, Paris était libéré. Le Général de GAULLE s’adressait dans un célèbre discours à l’hôtel de ville au peuple parisien, alors que la libération du pays s’organisait.

 Par note du commandement supérieur des forces Françaises en Grande-Bretagne n° 41/EMG en date du 11 août 1944 et la note du Général NOIRET chef de l’Etat-major guerre, n° 57/EMA/I en date du 7 septembre 1944, il était procédé dans la région parisienne à la création d’un Bataillon de Chasseurs qui prendrait la nomination de 8e Bataillon de Chasseurs.

 Le lieutenant –colonel POCHARD était désigné pour prendre le commandement.

 Cette unité devait être constituée par priorité au moyen du personnel de la " Sidi-Brahim" société de préparation militaire, qui sous le commandement du Lieutenant de réserve MONTEGUIAGA s’était reformée sous l’occupation, et avait combattu pour la libération de Paris dans le 14e arrondissement, et complétée, si besoin était à l’aide d’autres éléments F.F.I. de la région parisienne.

 ENCADREMENT DU 8e B.C.P.

 Commandant du Bataillon   : Lieutenant-colonel POCHARD (A)

Chef d'Etat Major                : Chef de bataillon KUGLER (R)

 Capitaine adjoint               : Capitaine PUGLESI-CONTI (A)

 Médecin Chef                    : Médecin Capitaine BERTRAND (R)

 COMPAGNIE DE COMMANDEMENT

 Commandant de Compagnie : Capitaine SIMEON (R)

 Officiers des détails            : Lieutenant de MONTPLANET (R)

 Officier du matériel             : Lieutenant FROMAGEOT (R)

 Officier des Transmissions   : Lieutenant HAINAULT (A)

 Officier d’appro. Et auto      : Lieutenant GEX (R)

 Le Bataillon se forme à l’école militaire à Paris et très rapidement son effectif atteint 800. Tous les gradés et Chasseurs sont des Parisiens. Tous sont F.F.I., de la région Parisienne.

 En septembre 1944, il adopte une structure à 8 compagnies de combat et 1 section hors rangs puis en octobre le type américain "Rangers". Il comprend alors une compagnie de commandement, une compagnie d’appui et 3 compagnies de combat. Les compagnies de combat sont à l’effectif de 75, à deux pelotons et un groupe de mitrailleuse.

 La période du 22 septembre au 20 octobre fut mise à profit pour pousser l’instruction et se procurer l’armement et l’équipement nécessaires.

 Le 21 octobre 1944, après un long mois d’attente, il embarquait enfin pour la région de Verdun. Il débarquait à Dieue-sur-Meuse et était mis sous les ordre du Général DODY, gouverneur militaire de Verdun et de Metz. Le Bataillon était alors mis à la disposition du Général WALKER. Commandant le 20e Corps d’Armée US.

 Le 11 novembre, le Capitaine d’active PUGLIESI-CONTI prenait le commandement : Le 10 novembre la 1re Brigade de Chasseurs avait été formée (8e, 16e, 30e Bataillons), le 8e fournissait aux 16e et 30e Bataillons un important appoint de cadres et de spécialistes.

 Le 16 novembre, la Demi-brigade serait sur le dispositif du 20e C.A. U.S, le « 8e » se portait à Thionville et Rezonville.

 Le 18, les patrouilles tâtaient les défenses avancées de Metz à Gravelotte. En ramenant une trentaine de prisonniers, le détachement s’engagea dans un champ de mines et le Chasseur LAPEYRADE fut déchiqueté, premier mort du Bataillon et de la Demi-brigade.

 Le Bataillon participa avec la Demi-brigade et le 20e C.A.- U.S à la libération de Metz où il défila le 22 novembre 1944, c’est le premier défilé des troupes françaises à Metz depuis 1940. Le Général WALKER adressa au colonel POCHARD la lettre suivante.

 " Mon colonel,

 Le 20e Corps s’est emparé de Metz, c’est avec beaucoup de fierté que je remercie les officiers et Chasseurs de la 1re Demi-brigade pour leur participation à la bataille. Je veux exprimer à vos Bataillons ma joie et mes remerciements d’avoir eu sous mes ordres au cours de cette opération historique, des éléments de la 1re Demi-brigade de Chasseurs de Lorraine comprenant le 8e, 16e, et 30e Bataillon de Chasseurs à Pied " .

                                                                                               Fidèlement votre

 Le « 8e » devait garder son P.C. à Thionville durant 3 mois. Le Bataillon de Sidi-Brahim effectua des missions de sûreté pour le 20e Corps dans la région de Valmestroff, Koeningsmaker, Petit-Hettange, Kerling, ayant pour mission de garder les voies de communications, et les dépôts d’essence et de munitions du 20e Corps.

 En décembre, la 3e compagnie s’installe dans la région d’Apach-Monneren, et pousse des reconnaissances en Allemagne dans la région de Perl.

 Début mars 1945, les éléments avancés du « 8e » collaient à la D.I. U.S et entraient en Sarre. Le Général Walker faisait alors officiellement demander au gouvernement Français que la ½ brigade de Chasseurs reste à sa disposition au cas ou le 20e C.A. entrerait en Allemagne.

 Le 29 mars, les éléments du « 8e » atteignent Coblence et Boppard qu’ils occupent, l’armée Américaine franchit le Rhin mais la ½ brigade reçoit l’ordre de s’arrêter sur le Rhin (le « 8e »  exploite l’occasion, et tremper son fanion dans ce grand fleuve). Cependant certains éléments le franchissent et font le coup de feu avec les " Yankee Brothers".

 Le 27 avril, le 8e B.C.P se rassemble à Thionville, il entre alors dans la composition de la 3e D.B. Il s’implante le lendemain à Souppes-sur-Loing.

 Le 11 juin l’armistice surprend le « 8e » en manœuvre de chars avec l’armée américaine.

 Le Bataillon est porté fin septembre dans la région de Trèves.

 Le Bataillon de Chasseurs à pied, fut l’une des premières unités régulières reformées sur le territoire libéré. De ce fait, il a été stationné dans la zone des combats du 21 octobre 1944 au 28 avril 1945.

 Le 8e B.C.P. a eu 8 morts et de nombreux blessés.

 Le Général Walker lui a fait décerner 14 bronzes Stars (4e médaille dans l’ordre américain).

 Le 25 novembre 1944 le Général PATTON, commandant la 3e Armée américaine, est nommée sergent honoraire au 8e Bataillon de Chasseurs à Pied.

 Quatre années après c’est le lieutenant-colonel POCHARD qui a recrée le 8e B.C.P. qui devenu en 1847 le 8e Bataillon de Chasseurs portés sous les ordres du lieutenant-colonel TABOUIS.

 Alors que le colonel VERGUET commandait le Bataillon en 1968, le « 8e » a pris le nom de groupe de Chasseurs mécanisés.

 C’est enfin sous les ordres du Colonel LONBARD que le « 8e » groupe de Chasseurs, en tant qu’unité de la 1re division blindée, va participer à l’aventure européenne en devenant l’un des corps d’infanterie du Corps Européen.

 Le Bataillon voit sa dissolution à Wittlich, en 1999

 

Note de l'auteur

 Je garderais un grand souvenir de ce 7 mai 1999 où j’ai put assister aux adieux à la population de Wittlich du « BATAILLON DE SIDI-BRAHIM » J’y aie entendu, de la part de grand anciens du Bataillon, des paroles dures envers ceux qui ont d’un trait de crayon, rayé de l’Armée française ce Bataillon décoré de la Légion d’honneur, qui a offert à l’arme Chasseurs, les traditions qui ont fait deux une arme d’élite.

 L’auteur Michel Chantriaux

 

Posté par SFORLEANS à 17:39 - - Commentaires [5] - Rétroliens [0]

Les survivants de SIDI-BRAHIM

LES survivants DU COMBAT DANS LA Koubba DU MARABOUT «Sidi-Brahim» (Bataille Déroulée du 24 au 26 septembre 1845)

Voilà bien un sujet Qui va Intéresser de Nombreux lecteurs et chasseurs!

     Ce sujet Avait déjà éveillé bons nombres de camarades, depuis Une certaine rubrique dans la revue des chasseurs anciens.

     Reprenons nos Recherches sur les survivants, elle Précise que nous JEANPIERRE, Audebert, FERT, Médaille et SIGUIER moururent en arrivant à DJEMMLÂA ou quelques temps après.

     Qu'au sujet du Chasseur Marie-Jean TROTTET. Lors d'Une prise d'armes au Carrousel le 21 mars 1852, au cours de Laquelle l'Empereur NAPOLÉON III remettre les premières médailles militaires (création par décret du 22 janvier 1852), Une de celles-ci FUT épinglée sur la poitrine du chasseur Marie-Jean TROTTET «11 années de services, 9 ans de campagne, Prisonnier d'ABD-EL-KADER, un réussi à recouvrer la Liberté par son audace et son énergie». Ce qui nous fait dire que ce rescapé de Sidi-Brahim, il aurait Été Le chasseur de premier pied à recevoir la Médaille Militaire.

     Je reprends très Une mise au point complète d'un ancien chasseur des (ex 20e et 27e), D'après les travaux du Lieutenant (futur général Paul AZAN).

     L'étude de Paul AZAN: Sidi-Brahim, Paris, Ch.. LAVAUSELLE éditeur 1905, évoquée Dans les numéros spéciaux de 1942 et sur 1966 les «chasseurs» écrite alors que l'auteur Était lieutenant à la section Histoire de l'EMA, permet de Rétablir la liste des survivants du 8e Bataillon de Chasseurs d'Orléans AYANT  participe aux combats du KERKOUR et de Sidi-Brahim (les 23 au 26-09-1845), à savoir:

1) Dix survivants DJEMMLÂA rejoint AYANT-CHAZAOUET (allias NEMOURS) à partir du 31-12-1846. Le 26-09-1845 peu après 9h 30 (classés en fonction de Leur ancienneté du 8e):

Carabinier MICHEL Victor, Né le 28-09-1815 à Sarrians (Vaucluse), au 8e  de 1840 à 1848;

Carabinier LAPARRA Etienne, Né le 11-04-1818 à Saint-Simon (Cantal), au 8e de 1840 à 1848;

Carabinier LANGEVIN Maurice, Né le 01.01.1818 à ANCHE (Indre-et-Loire), au 8e de 1840 à 1847;

Chasseur LANGLAIS Charles-Auguste, Né le 05-08-1818 à ESTAIRES (Nord), au 8e de 1840 à 1846

Carabinier Tressy Jean Florentin, Né le 30-11-1819 à Chilleurs-aux-Bois (Loiret) au 8e de 1840 à 1847   

Carabinier ANTOINE Claude Charles, Né le 27-12-1819 à Grozon (Jura) au 8e de 1840 à 1846;

Carabinier LÉGER Gabriel, Né le 16-11-1812 à Paris (Seine), au 8e de 1840 à 1847;

Carabinier DELFIEU Elie, né le 29-05-1820 à SAINT-PAUL-la-Coste (Gard), au 8e jusqu'en 1847;

Caporal de 2e Classe Jean Lavayssière, Né le 02-11-1821 à Castelfranc (Lot), au 8e de 1842 à 1848

Chasseur Rimond Joseph Martin, Né le 13-03-1822 à PLAN-DE-LA-COUR (Var), au 8e  jusqu'en 1850;

Also avaient rejoint Djemaâ Avec les précédents mais N'ONT pas survécu:

Le Carabinier AUDEBERT Louis Lepic, né le 18-09-1818 à Sommières-du-Clain (Vienne), au 8e depuis 1840, mort à quelques mètres de l'entrée du fort;

Le caporal de 2e Classe JEANPIERRE (DIT) RONAT, Né le 25-01-1820 à SAINT-DIDIER-EN-VELAY (Haute-Loire), au 8e de depuis 1840, mort peu après son entrée à Djemaâ;

Le 1Re Classe MÉDAILLE Bazille, Né le 15-06-1821 à Gissac (Aveyron), au 8e depuis 1842, mort à l'ambulance de Djemaâ le 26-10-1845;

Le Clairon des Carabiniers SIGUIER Joseph, Né le 11.11.1820 à BURLATS (Tarn), au 8e depuis 1840, l'Hôpital Militaire Mort D'ORAN le 11-12-1845;

Le Carabinier FERT Daniel, Né le 19-02-1820 à Dieulefit (Drôme), au 8e depuis 1840, mort à l'Hôpital de TLEMCEN le 19-01-1846.

2) Trois survivants échappés isolement du KERKOUR Avant le repli sur Sidi-Brahim:

Les Carabiniers RAPIN François, Né le 16-03-1818 à ESCAMPS (Yonne), au 8e de 1840 à 1846 Qui, indisposer, par Avait Été distance La Colonne Peu avant son encerclement par les Arabes et regagna de nuit La Redoute de Lalla-Maghrnia (frontière Marocaine) Le à 24 4 heures, le premier à Rendre compte de la situation; André CAILLÉ, Né le 15-05-1819 à Aumagne (Charente-Maritime), au 8e de 1840 à 1847, et COHARD Louis, Né le 23-07-1817 à Goncelin (Isère), au 8e de 1840 à 1847 Qui, poursuivis par la cavalerie de l'émir, ne durent Leur Falaise salut Qu'en sautant d'une. Ce Sont Qui eux furent recueillis par le 10e Bataillon (BARRAL Colonne) Sont évoqués et par le Capitaine Fourie  Et le lieutenant GARÇON Dans la communication Leur p.28 de la plaquette du colonel Paul Guinard et Jean BRUNON: «Sidi-Brahim, Notes et documents, 1845-1945».

3) Quatre prisonniers évadés du Maroc:

Le Chasseur BESSODES Jean Antoine, né le 12-03-1815 à Montjaux (Aveyron), au 8e jusqu'en 1848, le Prisonnier 23-09, évadé le 06-10, rejoignit Djemaâ le 13-10-1845:

Le 1Re Classe Bernard Louis, Né le 11-10-1811 à Montredon-LABESSONIE (Tarn), au 8e depuis 1840, Blesse, rentré le 25-02-1846;

Le Clairon ROLLAND Guillaume, Né le 18-09-1821 à Lacalm (Aveyron), blessé, rentré le 17-05-1846

Le Chasseur DELPECH Joseph, Né le08-02-1821, un Lugagnac (Lot), au 8e depuis 1842, évadé rentré Seulement le 02-08-1846.

4) Deux Prisonnier Epargnes général au massacre de la nuit du 27 au 28-04-1846 et rachetés par l'Entremise de l'Espagne:

Le Sous-lieutenant Larrazet Jérôme, Né le 05-08-1810 à Bazas (Gironde); question du rang AYANT Servi au Bataillon de Tirailleurs devenu 1ER B.C.P., grade jusqu'au  d'adjudant, nommé sous-lieutenant au 8e B.C.P. Le 11-02-1842 Qu'il rejoignit en Afrique; Après plusieurs années de la 1ere Cie, passa à la Cie de Carabiniers du Capitaine de Gereaux dont il FUT détaché pour commander provisoirement la 3e Cie; prisonnier après 2 blessures.

L'Adjudant THOMAS Marie-François-Xavier, né le 10-02-1816 à BRIEY (Meurthe-et-Moselle, d'entreprendre en 1834 Dans l'infanterie légère, DeViNT Sergent au 3e Puis RIMA au 8e B.C.P. En décembre 1840 OU IL FUT promu sergent-major en 1841; Proposé sous-lieutenant en juillet 1845 et, en attendant, l'adjudant  Le 26-08-1845.

   

     Parmi ces dix-neuf survivants (l'effectif du 8e Parti en opérations le Était 21-9 de 354!) Le Chasseur François BARDIOU Qui faisait longtemps l'objet des recherches Était N'a jamais retrouvé. Peut-être BARDIOU a-t-il appartenu au 8e À l'époque de Sidi-Brahim sans pour Autant Avoir participe aux combats. Les 5e et 8e Compagnies Qui intervinrent laissèrent en effet une djema 188 hommes (dont 110 indisponibles), la 1ere Cie demeurée Était à Tlemcen, les 4e et 5e Compagnies en garnison à Toulouse (Dépôt du Bataillon), cette dernière (125 hommes) d'Ailleurs called à débarquer en renfort dès le 11-10-1845.

     Seul un dépouillement des registres matricules du 8e, DÉTENUS EN archives par le Service Historique de l'Armée à Vincennes confirmerait ou infirmerait cette hypothèse.

     En revanche, Ce qui est sûr, c'est Qu'un enfant de LIMOGE tomba au Champ d'Honneur de Sidi-Brahim: Le Chasseur Bernard BEDOUILLE, Né le 15-04-1810.

C'est Recherches Faite Ont Été en 1979, et parus dans la revue «Le Cor de Chasse» Bulletin de liaison des bataillons de Chasseurs à Pied. N ° 460 de l'annee 1980

Numérisée par Michel Chantriaux, membre de l'Amicale «anciens du bataillons de Sidi-Brahim»

BATAILLE DE SIDI-BRAHIM

Etat nominatif des prisonniers entre les mains d'Abd-el-Kader.

GOURBY DE GOGNORD, Chef d'escadron au 2e Hussards : Blessures quatre.

Larrazet, Lieutenant au sous 8e d'Orléans : Deux blessures.

THOMAS, Adjudant au 8e d'Orléans: Une blessure.

BARBUT, Maréchal des Logis au 2e Hussards : Une blessure                                    

LÉVY, Interprète : Une blessure

BATAILLE DE SIDI-BRAHIM

Etat nominatif des prisonniers entre les mains d'Abd-el-Kader.

8e D'ORLEANS

<>

<>

<td valign = "top" width = "88" style = "BORDER-BOTTOM: windowtext 1pt solid; border-LEFT: # f0f0f0; BORDER-BOTTOM: 0cm; BACKGROUND-COLOR

EMNO

PRENOMS

FONCTIONS

BLESSURES

ANDRIEUX

Sergent

4 blessures

BELLOUT

Fourrier

1 blessure

BELLIER

=

1 blessure

PARES

Caporal

1 blessure

MOZER

=

1 blessure

CHATRAN

=

1 blessure

FAYT

=

2 blessures

MOULIN

         =

1 blessure

MARIE

Carabinier

1 blessure

BALBOT

1 blessure

MOLLET

Clairon

2 blessures

Thioly

Chasseur

1 blessure

GUILLET

=

1 blessure

MORARE

=

1 blessure

POGGI

=

1 blessure

LUCAN

=

1 blessure

FRANCK

=

1 blessure

PERRIN

=

2 blessures

BALMOUT

=

1 blessure

Desprat

=

4 blessures

DUPONT

=

1 blessure

CHAUVIN

=

2 blessures

RIEUX

=

2 blessures

DONIAE

=

1 blessure

MURTEL

=

1 blessure

GALLUS

=

1 blessure

BERTRAND

=

1 blessure

DURAND

Jean

=

1 blessure

BILLVIRE

=

1 blessure

ROLLAND

Clairon

1 blessure

VESIAT

Chasseur

1 blessure

CANMEIL

=

1 blessure

ALEXANDRI

Caporal

=

1 blessure

JULIEN

=

1 blessure

PERRIN

Jules

=

1 blessure

GRAAL

=

1 blessure

DELPECH

=

1 blessure

ROUSTAN

=

1 blessure

Blancart

Carabinier

5 blessures

BITGARET

   Caporal

1 blessure

ISMAËL

=

1 blessure

Veith

        =

2 blessures

Chevran

        =

2 blessures

VOUTHRON

Posté par SFORLEANS à 17:23 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]