Bataillon de Sidi-Brahim

Ce Blog est la mémoire du 8e bataillon de chasseurs à pied et aussi l'histoire de sa renommé.

 

La destinée de ce bataillon sera diviser en deux parties; la vie du bataillon (bataillon de Sidi -Brahim) et son sacrifice pour son pays, dans la bataille de « SIDI-BRAHIM » (Histoire)

 

Avant-propos

Les anecdotes que vous allez suivre dans ce blog, sont en partie tirés du livre du général Paul Azan. L'auteur de ce volume a été bien placé pour se renseigner exactement. De 1897 à 1902, comme sous-lieutenant et lieutenant au 2e zouaves, il a été à diverses reprises en garnison à Nemours (anciennement Djemmaa-Ghazaouet) et à Lalla-Maghrnia ; il a pu ainsi parcourir les sentiers et recueillir des renseignements auprès des habitants contemporains des événements et se faire montrer par eux les itinéraires suivis par les soldats du lieutenant-colonel de Montagnac et les emplacements de leurs bivouacs. En 1898, il a assisté aux fêtes organisés pour la cérémonie de l'inauguration du monument commémoratif élevé aux héros de Sidi-Brahim devant l'hôtel de ville d'Oran ; au cours de la réception offerte au Cercle Militaire par les officiers de la garnison aux  « survivants » du drame, il fut par hasard le voisin du clairon Rolland, âgé de 77 ans ; il s'est fait raconter par ce brave tous les détails de l'affaire et lui en a demandé la confirmation dans une correspondance ultérieure.

 Au printemps de 1899, il a procédé avec son bataillon , à l'exhumation des restes des carabiniers tués près de Nemours, qui reposaient au milieu des ronces dans l'ancien cimetière abandonné du poste, sous une petite colonne rongée par le temps, et à leur transport dans le mausolée appelé le « TOMBEAU DES BRAVES », édifié sur le lieu même où les carabiniers étaient tombés.

 En 1906,1097 et 1908, il a pu explorer en détails la lisière marocaine d'où était partie l'agression d'Abd el Kader. Pendant ses séjours à Paris entre ses campagnes africaines, il à pu consulter au service historique de l'Armée les archives officielles de ministère de la guerre ; il a aussi découvert divers documents privés extrêmement intéressants : les mémoires inédits du général Courby de Cognord, l'ancien chef d'escadrons du 2e hussards et ceux du général d'Exéa, ancien chef du 10e bataillon de chasseurs. Il également trouver, la trace de descendants de quelques-uns des héros de l'affaire. Le petit fils de Courby de Cognord, M. Raymond Malartie avait eu la gentillesse de confier à Paul Azan les mémoires inédits du général Courby de Cognord, qui contenaient le récit du combat , écrit de sa main.

 Puis, il a réunis peu à peu , en écrivant aux familles , d'autres récits laissés par des hommes qui avaient pris part à l'action : celui du chasseur Antoine, conservé par son fils ; celui du hussard Natali, écrit sous la dictée du maire de son village, en Corse ou il s'était retiré ; celui du chasseur Léger, recueilli par le capitaine Pernot ; celui de Lavayssière, envoyé en 1846 à un parent du capitaine Dutertre ; celui du Chasseur Tressy, habitant un petit village près d'Orléans, rédigé en 1892 par un de ses compatriote, et de très nombreuses pièces officielles, du ministère de la guerre.

 L'utilisation des documents réunis n'était pas sans présenter quelques difficultés. Beaucoup d'entre eux, en effet étaient entachés d'erreurs de détails, il a donc fallu par une critique rigoureuse, arracher à chaque documents la part de vérité qu'il contenait, et, avec les éléments obtenus de la sorte, composer un récit homogène.

 L'orthographe des noms propres a été établie de la manière suivante :

 Pour les noms de personne, elle a été rectifié d'après les pièces d'archives, extraits de naissances, etc., afin d'éviter des notes fréquentes et inutiles.

Pour les noms arabes, ainsi que pour les noms de lieux et de tribus, l'orthographe du document a été respectée, de manière à éviter toute erreur d'identification. Le même mot est écrit de bien des façons différentes. On trouve par exemple : Djemmaa-Ghazaouet, Djèma-Ghrazaouet : Djemâa-el-Ghazouët, etc.Le lecteur, en rencontrant des orthographes étranges, et parfois différentes au cours d'un même document, sera tenté de croire à des fautes d’impressions : il n'en est rien : les orthographes reproduites sont celles qui existent sur les originaux. Les noms sont en général très reconnaissables ; dans le cas où il y a un doute possible , une note donne l'identification.

 Certains de ces documents avaient été imprimés dans de nombreux journaux de l'époque, mais avec des erreurs, des omissions ou des coupures qui les dénaturaient.

 Sidi-Brahim, est la page la plus belle de l'histoire de nos chasseurs à pied et de nos Hussards; chaque année, ces deux corps fêtent avec éclat l'anniversaire du combat, et la date du 23 septembre est chère à tous ceux qui ont porté l'un de ces deux uniformes.

 A la lecture de ce blog, le lecteur fera de lui même des réflexions qu'il serait déplacé de provoquer par des remarques, peut-être pourra-t-il tirer un enseignement d'un épisode qui apparaîtrait surtout au premier abord comme, comme original et émouvant.

 Sidi-Brahim a été l'un de nos plus cruels désastres en Algérie, et cependant ce combat est revendiqué comme un titre de gloire par les chasseurs et les hussards. On comprend le légitime orgueil que les soldats qui servent dans ces corps peuvent en tirer, quand on voit comment leurs aînés ont combattu et comment ils sont morts.

 Je vous souhaite une bonne lecture d'une interprétation raccourci et unique de l'ouvrage d'un grand soldat : 

«  le général Paul Azan. »

 

A notre connaissance, très peu de lettres des rescapés des combats du Marabout ont été rendus visibles,

 

seule quelques fragments ont parus dans un livre écrit vers 1905 par le commandant CAFFIER (ex-major du 8e bataillon de chasseur à pied), et un livre du général Paul Azan

 

Cette publication à pour titre «  Au Marabout de Sidi-Brahim et à Calais » retraçant l'inauguration du Monument de Sidi-Brahim à Calais le 18 décembre 1898, monument élevé par le Souvenir français avec le concours de la population.

 

Je vous rappelle que le commandant CAFFIER est né en 1850, donc il n'a fait que d'entendre par de très proche cette affaire de SIDI-BRAHIM.

 

 

 

 

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07 février 2015

La Renaissance du Bataillon de SIDI-BRAHIM

La Renaissance du Bataillon de SIDI-BRAHIM

La libération.

 

          Le 25 août 1944, Paris étant libéré, le Général de GENERAL de GAULLE s’adressait dans un célèbre discours à l’hôtel de ville  au peuple parisien alors que la libération du pays s’organisait.

          Par note du commandement Supérieur des forces Françaises en Grande-Bretagne n° 41/EMG en date du 11 août 1944 et de la note du Général NOIRET chef de l’Etat-major Guerre, n° 57/EMA/I en date du 7 septembre 1944, il était procédé  dans la région parisienne à la création d’un Bataillon de Chasseurs  qui prendrait la nomination de 8e Bataillon de Chasseurs.

                                                                                                     

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          Le lieutenant-colonel POCHARD était désigné pour prendre le commandement.

Cette unité devait être constituée par priorité au moyen du personnel de la « SIDI-BRAHIM » société de préparation militaire, qui sous le commandement du Lieutenant de réserve de MONTEGUIAGA s’était reformée sous l’occupation, et avait combattu pour la libération de Paris dans le 14e arrondissement, et complétée, si besoin  était à l’aide d’autres éléments F.F.I de la région Parisienne.                                                        

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        Le Bataillon se forme à l’école militaire à Paris et très rapidement son effectif atteint 800. Tous les gradés et Chasseurs sont des Parisiens. Tous sont F.F.I., la plupart des officiers sont des anciens chasseurs.

         En septembre 1944, il adopte une structure à 8 compagnies de combat et 1 section hors rang puis en octobre le type américain ‘’ Rangers ‘’.Il comprend alors une compagnie de commandement, une compagnie d »appui et 3 compagnie de combat. Les compagnies de combat sont à l’effectif de 75, à deux pelotons et un groupe de mitrailleuse.                                                  

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         La période du 22 septembre au 20 octobre fut mise à profit pour pousser l’instruction et se procurer l’armement individuel (Strnn, fusils Anglais) et collectif était au complet

          Seuls les moyens de transmissions manquaient. Mais ‘’ Paris n’est pas un endroit favorable à l’organisation et à l’instruction d’une unité de guerre ‘’ comme le souligne le Lieutenant –Colonel POCHARD dans ses deux rapports sur le moral des 6 et10 octobre 1944 : les volontaires du « 8e » qui ‘’ ne demandent qu’à se battre ‘’ connaissent alors un trop long mois d’attente.

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          Le 21 octobre 1944, le 8e embarquait enfin pour la région de Verdun. Il débarquait à Dieue-sur-Meuse et était mis sous les ordres du Général DODY, gouverneur militaire de Verdun et de Metz. Le Bataillon était mis à la disposition du Général Walker, Commandant le 20e Corps d’Armée U.S.

 

1944, Paris - Ecole Militaire :  Avant le départ pour la LORRAINE , défilédu 8e Bataillon de Chasseurs, reconstituéà partie du groupement de Résistance  - SIDI-BRAHIM

 - En tête, le chef de de Bataillon MINTEGUIGA commandant l'ex-Groupement.

         

LE 11 NOVEMBRE ? LE Capitaine d’active PUGLIESI-CONTI prenait le Commandement : le 10 novembre la 1re Demi-brigade de Chasseurs avait été formée (8e, 16e, 30e). Le 8e fournissait au 16e et 30e Bataillons un important appoint de cadres et de spécialistes.                                                                                           

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          Le 16 novembre, la Demi-Brigade serait sur le dispositif du 20e Corps d’Armée U.S, le (8e)  se portait à Thionville et Rezonville. Le 18, les patrouilles tâtaient des défenses avancées de Metz à Gravelotte. ‘’ A la demande des américains, deux sections de la 1re compagnie (lieutenant  Berdouare) et toute la troisième compagnie (lieutenant Fromageot) effectuaient une série de patrouille de reconnaissance et de nettoyage dans la région située entre Gravelotte et le groupe fortifié Jeanne d’Arc. (…) Baptême du feu pour les chasseurs qui firent très bonne contenance sous les tirs d’artillerie et d’armes automatiques. La 3e compagnie ramena une trentaine de prisonniers, malheureusement le détachement s’engagea dans un champ de mines et heureusement seul le chasseur LAPEYRADE fut déchiqueté, premier mort du Bataillon et de la Demi-Brigade. ‘’

Le Bataillon participa avec la Demi-Brigade et le 20e C.A  U.S à la libération de Metz où il défila le 22 novembre 1944, c’est le premier défilé des troupes françaises  à Metz depuis 1940. Le Général Walker adressa au colonel POCHARD une très belle lettre de félicitations.

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Mon colonel,

       ‘’ Le 2oe corps s’est emparé de Metz, c’est avec beaucoup de fierté que je remercie les officiers et chasseurs de la 1re Demi-Brigade pour leur participation à la bataille. Je veux exprimer à vos Bataillons ma joie et mes remerciements d’avoir eu sous mes ordres au cours de cette opération historique des éléments de la 1re Demi-Brigade de chasseurs de Lorraine comprenant le 8e, 16e, et 30e bataillons de chasseurs à pied ‘’

                                                    Fidèlement votre

 

          Le (8e) devait garder son P.C. à Thionville durant 3 mois. Le bataillon de Sidi-Brahim effectua des missions de sûreté pour le 20e corps, dans la région de Valmestroff (2e compagnie). Koenningsmacker, Petit-Hettange, Kerling (4e compagnie), ayant pour mission de garder les voies de communications, et les dépôts d’essences et de munitions du 20e corps.

          En décembre, la 3e compagnie s’installe dans la région d’Apach-Monneren, elle pousse des reconnaissances en Allemagne dans la région de Perl.

                                                                             

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          Le Bataillon devait être porté fin septembre dans la région de Trèves.

          Le Général Walker lui a fait décerner 14 bronze Stars.

          Le 25 novembre 1945, le Général Patton, commandant la 3e Armée américaine, est nommé sergent-chef honoraire au 8e Bataillon de Chasseurs                                                                        

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Début mars 1945, les éléments avancés du « 8 »collaient à la D.I. U.S et entraient en Sarre. Le Général Walker  faisait alors officiellement demander au gouvernement Français que la ½ Brigade de Chasseurs reste à sa disposition au cas où le 20e C.A  entrerait en Allemagne.

          Le 29 mars 1945, les éléments du « 8 » atteignent Coblence et Boppard qu’ils occupent, l’armée Américaine franchit le Rhin mais la ½ Brigade reçoit l’ordre de s’arrêter sur le Rhin, cependant certains éléments le franchissent et font le coup de feu avec les ‘’ Yankee Brothers’’.

          Le 27 avril, le 8e B.C.P. se rassemble à Thionville, il entre alors dans la composition de la 3e D.B. Il s’implante le lendemain à Souppes-sur-Loing. Le 11 juin l’armistice surprend le « 8 »  en manœuvre de chars avec l’armée américaine.

                                                                                                  

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31 janvier 2015

Historique du 8e B.C.P du 24 juin 1938 au 27 novembre-1942

HISTORIQUE DU 8e BATAILLON DE CHASSEURS A PIED

1939-1940

Chef de Bataillon, Commandant PAUTY (24-juin-1938 au 27-novembre-1942)

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Insigne de la 11e Division d'Infanterie

 - LA DIVISIONDE FER - 

          Le 13 août 1939, Cérémonie au Schrat, près du col de Westtsheim, où a lieu le passage du Drapeau du 6e au 8e Bataillon de chasseurs, par le Général GAMELIN. Le même jour que l’inauguration du Monument de la Croix du Linge. Le Drapeau est ramené au quartier du 4e à Colmar.

                                                                                            

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                       Sur les pentes du Schratzmaennele , en Alsace : Le Général Gamelin remet le Drapeau  des  Chasseurs au 8e Bataillon, Bataillon de Sidi-Brahim

(L'illustration)

          Dès le 21 août 1939, le Bataillon est alerté en raison de la situation internationale.

          La journée du 22 est consacrée aux opérations de mise sur pied de l’échelon « A »

           Le 23 à 11 heures, le commandant PAUTY présente le bataillon au Drapeau ; le 8e quitte le quartier Luxembourg pour se rendre à la gare où il embarque pour Sarre-Union.

          Les cadres officiers et sous–officiers rejoignent avec l’échelon B et ceux passant dans d’autres formations sont sur le quai pour saluer les partants.

                                                                                      

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          Après le débarquement, le Bataillon fractionne ; l’Etat-Major, la 1re Compagnie, la Compagnie d’accompagnement vont cantonner à Kirviller (France) ; la 2e Compagnie et la 3e Compagnie se dirigent sur Honskirich (Moselle).

          Du 24 au 30 août, le Bataillon exécute des travaux de défense passive.

          Le 31, l’échelon « B » amené par le Capitaine BATARD est reparti dans les unités, la Compagnie Hors-Rang passe  sous le commandement du Capitaine MOREL, la 1re Compagnie reçoit le Capitaine PILLANT.

          La journée du 1er septembre ne laisse pas présager une mobilisation générale, qui est néanmoins décrété le 2 à zéro heure ; elle est suivie le lendemain de la déclaration de guerre à l’Allemagne, à 11 heures par l’Angleterre, à 17 heures par la France.

          Le Général AYMES, commandant la 11e Division lance l’ordre du jour suivant : « Ordre général n°1 : « Au moment où la 11e D.I. entre en campagne, je rappelle aux officiers, sous-officiers et hommes de troupe qu’ils appartiennent à une grande unité particulièrement réputé pour son beau passé militaire. » 

« Aujourd’hui comme hier, la Division de fer (8e BCP, 30e BCP et 61e BCP) saura, je l’espère, fournir les efforts qui la maintiendront inébranlablement sur le chemin de l’honneur et de la victoire qu’elle a toujours suivi ».

                                                                                               

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          Le 5 septembre à 22 heures, le Bataillon se regroupe à Kirviller (Moselle) et part pour Ippling (Moselle) où il cantonne le 6 et une partie du 7.

          Le 8e se porte dans le bois de Grosbliederstroff (Moselle) où il s’organise aux lisières Est.

          Dans la journée du 8, les unités complètent leurs approvisionnements en munitions ; un réglage d’artillerie est effectué. Ces opérations font prévoir une attaque proche.

          Le 9, la 11e Division ayant attaqué au petit jour, le Bataillon appuie le 170e R.I. sur son flanc gauche, la 3e Compagnie et une section de mitrailleuse franchissent la Sarre à Grosbliederstroff, suivis du gros du Bataillon.

          La 1re Compagnie s’installe aux lisières Nord de Kleinbliettersdorf (Allemagne), la 2e avec des éléments de la C.A., aux lisières Est, la 3e Compagnie dot une section avait tenu la Tuilerie, s’installe sur la route de Bubingen.

          Le Bataillon est accueilli par des rafales de mitrailleuses venant du Vorderwald ; les mines commencent à faire parler d’elles : une chenillette saute occasionnant la mort des occupants et la perte de la vue de l’adjudant FEHSE.

          Au cours de la nuit, le groupe du sergent PIRE de la 2e Compagnie capture un prisonnier qui est immédiatement emmené à la Brigade.

          Le 10, dans l’après-midi, la Tuillerie  est réoccupée par une section de la 2e Compagnie, appuyée par une section de mitrailleuse ; la section BERNARD de la 3e Compagnie vient ensuite étoffer le dispositif.

          La 1re Compagnie profite de l’obscurité pour se porter dans Bubingen avec une section de mitrailleuse et l’occupe sans coup férir. Les mines causent des pertes en hommes et en matériel.

          Le 11 une reconnaissance de la 1re Compagnie (Lieutenant GUYON) part en direction de Güdingen (Allemagne), son chef est grièvement blessé ; une autre de la 2e Compagnie (Lieutenant FORET) se dirige vers la lisière de l’Hinterwald (Allemagne) qu’elle met en état de défense ; elle est renforcée par la section (CHALVET de RECY). Le reste de la 2e s’installe sur le saillant Est de Bubingen.

          La 3e Compagnie est en retrait au téléférique.

          Du 12 au 18 septembre, l’ennemi réagit par son artillerie et par l’envoi de nombreuses patrouilles ; nos incursions journalières dans les lignes allemandes permettent de déterminer qu’il s’organise sérieusement dans le Hambusch (Moselle) et le Birnberg. Au cours d’une reconnaissance, le chasseur MARIEN se défend seul avec son F.M. ; malgré le bipied traversé et la bretelle de son arme coupée par les balles, il continue le feu ce qui lui permet de décrocher.

          Du 19 au 23, le Bataillon cantonne à Welferding (Moselle); il effectue des travaux de défense passive et des terrassements à la Côte 345, au nord d’Ausmacher (Sarre).

          Le 24, il relève le 2e bataillon du 170 R.I. dans l’Hinterwald et le Vorderwald et reste en secteur jusqu’au 12 octobre.

          A partir du 4 octobre le 8e occupe seul le front de 2 bataillons.

          Il reçoit la visite d’un Général anglais venu inspecter nos organisations.

          Dans la nuit  du 12 au 13 octobre il est relevé par le 170e R.I. et va se reposer en étant toutefois en réserve d’armée à Remelfing.

          Le 15, la 1re Compagnie est détachée en Sarre à Frauenberg (Allemagne).Après le repli stratégique, le 17, la 2e Compagnie se porte sur Welferding pour interdire le franchissement de la Sarre.

          Le 19, le Bataillon occupe Hundling (Moselle), Metzing (Moselle) et Ippling (Moselle) ; le soir, il regagne Remelfing (Moselle) d’où il doit partir pour une contre-attaque avec des chars sur la blies près de Neunkirch ; cette opération est annulée, la reconnaissance ayant reconnu que l’ennemi n’avait pas franchi la rivière ; la 1re Compagnie rejoint Sarreinsming (Moselle).

          Le 24, le 8e relève à Cadenbronn (Moselle) les éléments du 18e Chasseurs à cheval ; il tient les avant-postes de l’Ermerich, de Kerbach (Moselle) et la ligne de résistance passant près de la route Forbach-Sarreguemines.

                                                                                         

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          De jour, un groupe de la section de l’Ermerich occupe le village d’Alsting (Moselle) situé entre les deux lignes adverses.

          Pendant 21 jours, les travaux d’organisation sont poussés malgré la pluie qui inonde les tranchées et les abris précaires.

          Le 11 novembre, le Bataillon se tient sur ses gardes en prévision d’une attaque ennemie qui se produit que le 12 à la gauche du dispositif.

          Relevé par le 7e R.I., il arrive le 13 à Ernestviller Moselle) et embarque en camion pour Einville au Jard (Meurthe-et-Moselle) son cantonnement de repos.

          Le 23 novembre, une prise d’armes a lieu à Lunéville.

          Le 30, le 8e va cantonner à Jallaucourt (Moselle).

          Le 9 décembre, il a l’honneur de défilé à Novéant (Moselle) devant le Roi d’Angleterre.

          Le 5 février, une remise de croix de guerre s’effectue par les soins du Général REQUIN qui lui-même, le 15, est décoré à Vic-sur-Seille de la Grand-Croix de la Légion d’honneur.

          Le 18, le Bataillon quitte Jallaucourt (Moselle) et se rend fractionné à Laning et Maxstadt (Moselle), où dès le 20 il pose des rails, creuse des tranchées, coule du béton jusqu’au 26 mars date à laquelle il organise une position à Lixing et Vahlebersing Moselle).

                                                                                                     

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          Le 10 mai, il quitte ses cantonnements qu’il avait agrémentés de jardin potager et de massif de fleurs pour se rendre à Bening (Moselle).

          Le 11 mai au soir, il relève le 61e B.C.P. dans la région de Cocheren (Moselle près de Forbach. La 1re Compagnie tient Rosbruck (Moselle), la 2e Compagnie est à l’Hérapel (Moselle), la 3e occupe Morsbach Moselle) ; la Compagnie d’accompagnement est répartie dans les autres unités.

          Le 12 à 3 h.55, l’ennemi commence à pilonner nos positions ; son tir se termine vers 13 heures et il lance son infanterie à l’attaque en formation très denses. Les avant-postes qui ont reçu la mission de tenir jusqu’au bout exécutent fidèlement l’ordre et son encerclés ; les tentatives de dégagement sont vouées à l’échec. Leur sacrifice a permis aux éléments de la ligne de résistance d’ajuster leur feu et de disloquer les vagues qui déferlaient de toutes parts.

          Le 13, la canonnade reprend, mais elle est de moins longue durée que la veille ; les tentatives d’infiltration échouent devant notre tir intense.

          Les Allemands n’ayant pu entamer notre position, entreprennent des tirs de harcèlement, mais comme les jours précédents, notre artillerie fait taire celle d’en face.

          Le 16 à 22 heures, le Bataillon est relevé et se rend à Fremestroff (Moselle) ; le 18 il cantonne à Pevange et Rode (Moselle).

          Le 19, il embarque à Haboudange(Moselle). Après plus de trois jours de voyage, il arrive à Plessis-Belleville (Oise) et gagne Chaalis ; le lendemain il fait mouvement sur Bethisy-Saint-Pierre (Oise) où il séjourne quelques heures ; il marche sur la Faisanderie (8 km de Compiègne) où il organise la défense de la forêt, particulièrement contre les engins blindés.

          Le 2 juin, il occupe les bords de l’Aisne et creuse des emplacements dans la région de Trosly-Breuil (Oise).

          Le 10, il reçoit l’ordre de décrocher ; le départ est salué par des rafales de Mitrailleuses.

                                                                                                  

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          Le 8e se porte sur Ormoy-Villiers où à nouveau il crée des organisations ; la 3e Compagnie appuie le 61e B.C.P. et soutient un combat acharné ; malgré un ennemi nombreux se renouvelant sans cesse, elle ne se laisse pas entamer.

          La 2e Compagnie s’apprête à renforcer la ligne dans la soirée du 12 ; à ce moment l’ordre arrive de se porter sur la Marne à Trilbardou (Seine- et-Marne L’ennemi étant à Meaux, le Bataillon décroche et se rend à Presles-en-Brie ; il embarque en camion pour la Chapelle-la-Reine (S et M) et prend ensuite le train pour la Ferté-Saint-Aubin (Loiret).

          Le 17 juin, il stationne dans le bois de la Caille, près de Tigy (Loiret) ; le lendemain il occupe les bords de la Loire, près de Sully-sur-Loire (Loiret), où tous ses éléments rivalisent de cran pour empêcher le franchissement  et permettre aux éléments n’ayant pas trouvé de ponts de revenir sur notre rive.

          Le 19 juin, il bivouaque à la ferme de Boulaire à 3 kilomètres de Pierrefitte (Loir-et-Cher) ; la 2e Compagnie et une section de mitrailleuses doivent renforcer le 61e B.C.P. ; la reconnaissance est effectuée, mais l’ordre d’exécution est annulé par la suite du mouvement général envisagé. Vers 22 heures, l’ennemi tente de déborder notre gauche ; les rafales de mitrailleuses et de mitraillettes crépitent sur les éléments rassemblés au point initial ; la riposte est immédiate, nos F.M. et fusils imposent bientôt le silence.

          Après la traversée se Salbris (Loir-et-Cher), le 8e s’installe à Mennetou (Loir-et-Cher) où certains éléments ennemis l’avaient précédé ; il s’organise et passe la journée sur les bords du Cher, interdisant l’approche de notre rive, appuyé par un canon de 75, en batterie près du pont sauté et tirant à vue directe.

          Au cours de l’action, le Capitaine NACHBAUR est blessé grièvement ; la 1re Compagnie est

 Chargée de tenir la rivière pendant que les autres unités gagnent Graçay (Cher), et quitte son emplacement dans la nuit.

          Le Bataillon embarque en camions à destination de Buzançais, puis du château de Lacombe. Il s’organise dans la journée du 23 à Pouillac (Charente), puis est transporté à nouveau à Aumont (Lozère) où il apprend la signature de l’armistice le 24 juin 1940.

          Le 25 juin, le Drapeau est remis au commandant qui est cantonné au Château d’Aumont ;

          Le 26 juin, le 8e est à une grand’messe célébré à Aumont pour les morts du 8e Bataillon.

          Le 6 juillet, le 8e est transporté par voie ferrée à Limoges, où il stationne jusqu’au 28 août (Quartier Beaupuy).

          Le 7 juillet, le Drapeau est présenté aux 8e et 30e Bataillon qui sont passés en revue par le Général Frère ;

          Le 11 juillet, il défile dans les rues de Limoges avec toutes les troupes de la 11e Division.

          Le 28 août, le 8e quitte Limoges pour Marthon (Charente).

         Le 3 octobre, le Bataillon rallie Marthon qu’il quitte le 21 pour Magnac-Laval (haute-Vienne). Après un séjour au camp de la Courtine (juin-juillet 1942), le « 8 » est dissous le 27 novembre 1942 lorsque l’armée d’armistice  est désarmée  lors de la riposte allemande au débarquement en Afrique du Nord.

          Le 9 octobre, devant le Général JEANNEL, commandant la 12e Division militaire, il y remet le Drapeau dont il a eu la garde pendant toute la campagne, à une délégation du 16e Bataillon qui l’a remplacé à Limoges.

          Pendant la durée de cette guerre, le 8e Bataillon de Chasseurs à Pied s’est montré digne du numéro qu’il porte ; partout où le commandement lui a fixé une mission, il l’a fidèlement exécutée ; il ne s’est jamais découragé et même dans les moments difficiles, il s’est souvenu qu’il était le Bataillon de « Sidi-Brahim ».                                                       

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          Les témoignages des grands chefs qui sont insérés dans cet historique, prouvent d’une manière éloquente qu’au combat et en paix, il avait à cœur de continuer les belles traditions que lui ont léguées les chasseurs de 1845 et ceux de 1914 à 1918.

 

          Le 11 juillet 1940 la 11e Division d'Infanterie est dissoute,  le 8e B.C.P. tient ses quartiers à Limoges (Caserne Beaupuy), il est dissous le 2 août 1940, il est reformé à la même datte en unité d'armée d'armistice. Il stationne à Marthon (Charente), ou plutôt il est " disséminé  sur 25 kilomètres de front pour assurer la surveillance de la ligne de démarcation."

         

          ( Le P.C est à Marthon, a 1re Cie à Taponi, la 2e à Vouzan puis à Saint-Somain, la 3e à Grassac, les engins à feuillade). Au printemps 1941 le «8e» séjourne au complet pendant quelques semaines au camp de Bourg-Lastic, puis il partpour le camp de Fontaine du Berger, près de Clermond-Ferrand , où le commandant PAUTY lui fait ses adieux le 10 septembre 1941 après l’avoir commander depuis le 24 juin 1938, il est remplacé le 15 septembre par le chef de Bataillon CADORET. Le 3 octobre le Bataillon rallie Marthon qu’il quitte le 21 pour Magnac-Laval (Haute-Vienne)                                                                                   

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            Après un séjour au camp de la Courtine (juin-juillet 1942), le «8e» est dissous le 27 novembre 1942 lorsque l’année d’armistice est désarmée lors de la riposte allemande au débarquement en Afrique du Nord.  

          

Numérisation pour - sidibrahim.canalblog.com - (21/01/2015)

Edition de Limoges avec carnet de Photos du Bataillon

 

 

ORDRE DU BATAILLON N° 16

 

Officiers, Sous-Officiers, Caporaux chefs, caporaux, Clairons et Chasseurs,

 

          Le Gouvernement français a dû signer l’armistice qui met fin à la guerre.

          Les conditions de l’ennemi sont dures, il fallait s’y attendre et si l’ère des combats est close, celle des dures épreuves morales et matérielles ne fait que commencer. Notre tâche n’est donc pas terminée.

          Comme ses aînés dans le passé, le Bataillon de « Sidi-Brahim »a fait son devoir. Pendant dix mois, avec ténacité et avec courage, il a tour manié l’outil sur la ligne Maginot et servi ses armes pour défendre la France. Il a eu le privilège de fouler le sol allemand et l’honneur de se dresser sur la route de l’envahisseur pour lui barrer le passage. Vous savez comme moi qu’il n’a jamais franchi le mur vivant de nos poitrines et qu’il a payé cher son audace téméraire.

          Et si le bataillon doit subir le sort commun de l’Armée française malheureuse, du moins il doit avoir le sentiment profond qu’il n’a jamais été vaincu. Son moral n’a pas connu de défaillance et malgré les vides cruels qu’une mort glorieuse a creusés dans ses rangs, il est toujours debout et demeure le bataillon de Sidi-Brahim.

          Aux heures les plus douloureuses et les plus tragiques de la retraite, il a donné aux populations affolées l’exemple du calme et fait luire jusqu’à la dernière minute, l’espoir d’une victoire possible. Il a toujours conscience d’appartenir à l’élite de l’Armée française.

          Je ne sais ce que nous réserve l’avenir, mais je suis sûr que la Patrie peut encore compter sur notre affection et sur notre courage pour défendre son honneur et garder intacte la foi dans sa grandeur.

          Pour être à la hauteur de cette tâche, tendons encore toutes nos énergies, soyons prêt à tous les sacrifices, restons unis comme sous la mitraille. Puisons dans une discipline éclairée mais stricte et dans un dévouement réciproque la force de rester dans le malheur ce que nous avons toujours été, le plus beau des « Bataillons bleus »

          Restons au service de la France, disciplinés et confiants, demeurons en toute circonstances la phalange qui donne  l’exemple du devoir que tout Français doit s’imposer. Et si parfois l’un de nous sentait sa volonté faillir, qu’il puise dans le sacrifice de nos camarades tombés au champ d’honneur l’exemple du courage viril qui doit être le sien.

          Je compte sur vous tous pour montrer sans relâche une garde vigilante autour de notre drapeau

          Haut les cœurs, et la main dans la main, n’ayons tous qu’une seule pensée : SERVIR LA FRANCE  Pour qu’elle reste malgré tout confiante dans sa belle destinée.         

                                                                                                                               

           AUMONT (Dordogne), le 24 juin 1940

           Le chef de bataillon PAUTY

           Commandant le 8e Bataillon de Chasseurs

 

 

ORDRE GENERAL N° 179

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          A la suite du défilé, le Général commandant la 12e Région a bien voulu m’adresser ses vives félicitations pour la façon brillante avec laquelle la Division venait de se présenter.

          A ces félicitations, je joins mes plus vifs remerciements.

 

          Soldats de la 11e Division,

          Vous venez de défiler magnifiquement, mais ce qui fut encore plus impressionnant, c’est qu’à travers votre belle tenue, votre belle allure, on découvrait les soldats crânes et fiers que l’ennemi n’a jamais fait reculer.

          Demain notre belle Division sera dissoute, démembrée, privée de ses chefs, mais l’âme que vous avez su lui donner lui survivra dans cet esprit de corps qui fut sa force.

          Oui, rentrés dans vos foyers, vous vous sentirez encore et toujours « ceux de la 11e Division » et dans les heures pénibles que vous aurez à vivre, vous saurez puiser dans le souvenir de vos drapeaux, le courage de faire pleinement votre devoir.

          Servir sera donc encore et toujours votre devise ; servir jusqu’à ce que notre France meurtrie si aimée ait repris parmi les Nations une place digne de son passé.

 

           P.C., le 10 juillet 1940,

           Le Colonel ALLEMANDET,

           Commandant pvt. La 11e Division d’Infanterie

           Signé : ALLEMANDET

 

 

 

 

 

 

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30 janvier 2015

Capitaine Dutertre, héros du Calaisis

 

 

 

NOTICE

Sur le

Capitaine DUTERTRE

D’après G. LANDRIN. Archiviste de la ville de Calais

 

          Dutertre, Louis, Laurent, François, Hippolyte, né à Coulogne (Canton de Calais), le 10 août 1807 ; il était fils de Jaques Hippolyte Dutertre et de Louise, Charlotte, Lucie, Célinie Leroy.

          Son père, né à Montreuil-sur-Mer, fils de Charles, Marie-Ambroise Duterre, en son vivant major de la citadelle de cette place, avait épousé, à Calais, le 2 brumaire an XIV (24 octobre 1805) la fille de Laurent, Charles Leroy, ancien juge, membre du conseil municipal et de Marie, Louise Leblanc.

 La Famille Dutertre ou Du Tertre est une des plus anciennes familles de la région. Dès le XIIe siècle, nous voyons Daniel écuyer, « sieur de du Tertre » à Bourain. A travers l’histoire de nos anciennes provinces, on rencontre dans divers régiments, beaucoup d’officiers de ce nom, dont plusieurs chevaliers de Saint-Louis.

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          Au VIIIe siècle, Ambroise, François, Louis Antoine du Tertre, lieutenant-colonel d’infanterie eut, d’autres enfants, Charles, Marie, Ambroise du Tertre qui devient capitaine au régiment de Picardie, puis major vde la citadelle de Montreuil et épousa Marie, Marguerite, Acary.

          A partir du XIVe siècle, nous voyons les Acary figurer avec honneur dans les fastes du Boulonnais, Charles, François Acary « sieur de Monthuis et de la Rivière », était lieutenant des maréchaux de France à Montreuil en 1877, et M. d’Acary de Beaucorrey était lieutenant du Roi dans la même ville, à cette époque.

          Le futur héros que Cologne a vu naître tenait donc par ses ancêtres aux meilleures familles du pays. Sa mère descendait d’une belle lignée de bourgeois venus se fixer à Calais vers 1740.

          Le 19 septembre 1743, on célèbre en l’église Notre-Dame le mariage de Jean, Baptiste Leroy, « cuisinier de son métier » natif de Compiègne où son père était « huissier royal », et de Hélène Devin, originaire de Dunkerque.

          Le 18 décembre de l’année suivante, on baptise dans la même église Laurent, Charles, fils de Jean, Baptiste Leroy qualifié cette fois de « maître cuisinier », et d’Hélène Devin.

          Laurent, Charles Leroy, grand-père maternel de notre héros devint notaire et procureur de sa ville natale, il épousa, le 30 juin 1776, Marie, Louise Leblanc, fille de maître François, Louis, Toussaint Leblanc, ancien conseiller du Roi, commissaire aux prisées, ventes et inventaires, conseiller du corps municipal, notaire royal et procureur.

          Quatre ans plus tard, le 27 octobre 1780 venait au monde Louis, Lucie, Charlotte, Célinie Leroy   qui devint la femme de Jacques Hippolyte Dutertre, le 24 octobre 1805, et fut la mère de notre capitaine qui vit le jour à Coulogne, ainsi que je l’ai dit, le 10 août 1807.

          M. Leroy avait sa maison de campagne située dans « la section de la Basse-Coulogne ». Jacques, Hippolyte Dutertre et sa jeune femme passaient la belle saison dans ce charmant village plein de grâces et de fraicheur, où il faisait bon vivre silencieusement, loin du tumulte de la ville, à l’ombre des grands arbres qui couvraient alors de leur majestueux abri la plus grande partie du territoire.

          M. Dutertre est désigné comme capitaine de la garde nationale à Calais, au moment de la naissance de son fils. Mais il ne dut pas occuper bien longtemps ce poste, car, moins de deux ans après, nous le retrouvons à Montreuil où il a repris le domicile qu’il avait au moment de son mariage. Ses beaux-parents et sa femme ont quitté Calais en même temps que lui.

          Cependant à Montreuil ne réussit pas à retenir Dutertre qui quitte de nouveau la ville pour se fixer à Boulogne où le futur capitaine « fut amené fort jeune » dit une Chronique contemporaine.

          Le jeune Dutertre, quelques années plus tard fut envoyé au collège Saint-Louis à Senlis, et il fit d’excellentes études ; de là il entra en 1821 à l’école militaire de Saint-Cyr, d’où il sortit sous-lieutenant dans le 32e de Ligne. A la création des chasseurs d’Orléans, il fut appelé à faire partie du 8e bataillon de ce corps.

          C’était un officier d’un rare mérite et qui avait été remarqué par le duc d’Orléans ; il avait obtenu une mention honorable dans le rapport du maréchal Bugeaud après la bataille de l’Isly.

          Le règne pacifique de Louis-Philipe, contenant l’œuvre entreprise par la Restauration, travaillait à répandre la civilisation française par la conquête de l’Algérie. Depuis des siècles les pirates algériens infestaient la Méditerranée, s’attaquant à toutes les marines européennes, pillant les vaisseaux marchands et réduisant les équipages en esclavages. Pour en finir avec eux, il fallait s’emparer de ce nid de corsaires. La France eut la gloire de réaliser cette pensée. Mais au prix de combien d’efforts. Que de sang versé pour cela. Que d’existences sacrifiées.

          La tâche était difficile ; les Français avaient à lutter contre des races agressives et fanatiques, contre un climat sec et brûlant, contre des obstacles matériels, le manque d’eau, le manque de routes, enfin contre des difficultés géographiques, car les clairons de l’Atlas étant parallèles à la côte, tout le pays est occupé par une série de terrasses étagées s’élevant à mesure qu’on s’écarte  du rivage, sans communications faciles entre-elles ; on ne peut escalader de l’une à l’autre que par des défilés escarpés où une poignée d’hommes arrêterait une armée. Par contre, le succès devait donner à la France une colonie qui avait été un pays les plus riches, les plus fertiles et les plus commerçants, avec des villes splendides, une population nombreuse et instruite, avant que la conquête mahométane l’eût plongée dans la barbarie.

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          Une des pages les plus glorieuses de notre histoire en Algérie est assurément celle où est retracée la lutte épique soutenue à Sidi-Brahim par quatre cent cinquante chasseurs et carabiniers, qu’accompagnaient quatre-vingt-deux Hussards, contre plus de six mille arabes.

          Le 20 septembre 1845, un chef que l’on croyait sincèrement attaché à notre cause, vint informer le colonel de Montagnac, commandant le poste de Djemmaa qu’Abd-el-Kader se trouvait avec une faible escorte dans les montagnes de Trari.

          M. de Montagnac, plein de confiance dans cet avis trompeur, se mit en route vers quatre heures ; il emmena avec lui le commandant Froment Coste et 200 hommes du 8e bataillon d’Orléans et un escadron du 2e Hussards. Dans ce combat du Kerkour, M. de Montagnac tomba un des premiers, puis ce fut le tour du chef du 8e bataillon, le commandant Froment-Coste.  De toute la colonne partie l’avant-veille de Djemmaa-Ghazaouet, il ne restait plus que la compagnie de carabiniers, laissée à Sidi-Moussa el-Anber auprès des bagages. Le capitaine de Géreaux qui voyait depuis quelques minutes les cavaliers indigènes arriver de toutes parts vers son camp, songeait déjà au salut de ses troupes. Il abandonna le camp, et alla se réfugier à quatre lieues plus loin dans un petit Marabout. Il se vit tout à coup entouré d’une masse énorme de cavaliers et de fantassins arabes et marocains, L’affrontement fut terrible.

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      Les 24 et 25 et 26 septembre 1846, dans le Marabout, nos 80 intrépides carabiniers vendirent chèrement leur vie, ils étaient à un  contre cent. C’est maintenant qu’intervient l’héroïsme du capitaine Dutertre. Après plusieurs sommations de se rendre, Abd el Kader fit venir le capitaine Dutertre qui était déjà son prisonnier, et à 50 mètres du mur et il leur formule cette proposition infâme : « Camarades leur crie-t-il, le reste du bataillon est mort ou prisonnier, et Abd el Kader m’envoie vous demander de vous rendre. Mais moi je vous engage à résister à nos bourreaux, et à vous défendre jusqu’à la mort. » Il fut décapité aussitôt.

          De la colonne de chasseurs d’Orléans et de hussards partis de Djemmaa-Ghazaouet le 21 septembre au soir, il ne revenait, le 26 au matin, ni un officier ni un sous-officier ; seize hommes seulement avaient pu atteindre la porte de Djemmaa.

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          Au nombre de ces héros morts pour la Patrie, le Calaisis est fier de compter un de ses enfants. Dutertre, dont le nom est déjà inscrit sur le marbre du Musée de Versailles et auquel la ville de Calais voulut réserver la place d’honneur au faîte du Monument du Souvenir Français érigé en 1904.Quant à la commune de Coulogne qui vit naître Dutertre, elle a depuis longtemps donné le nom de son glorieux enfant à l’une de ses rues. Le centième anniversaire de la mort du héros n’ayant pu être célébré en 1945, elle veut aujourd’hui exalter  sa mémoire afin que son nom demeure, « Un symbole d’honneur offert à ses enfants.

 

Historique paru dans le programme des fêtes en l’honneur du capitaine Dutertre, héros de Sidi-Brahim,  et de la venue de l’unique drapeau des chasseurs à pied le 6 et 7 septembre à Calais et Coulogne.

Participait à ses journées :

Les drapeaux des chasseurs avec sa garde d’honneur du 11 e BCA

Le fanion du 8e BCP (Bataillon de Dutertre) avec sa garde d’honneur

Un détachement du 16e BCP, avec le fanion et sa garde d’honneur

Les fanions des amicales d’anciens chasseurs

Une délégation des amicales d’anciens chasseurs La fanfare du 16e BCP

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20 octobre 2014

Le Général Courby de Cognord

 

                         

   LE GENERAL COURBY DE COGNORD

(1799-1862)

 

 

Un hommage partuculier à ce grand officier, qui auprès d'Abd el Kader avait obtenu la vie sauve à tant de soldat, alors qu'ils étaient prisonniers de ses hommes de mains.

         Un des héros des guerres d’Afrique, Le général COURBY de COGNORD a occupé soit dans l’armée, soit dans le département des Hautes-Pyrénées une situation en vue. Il était né à Thiers, le 26 août 1799 et entra au service en 1815. Il a battu campagne en Espagne, en Belgique et en Afrique de 1815 à 1841, promu chef d’escadron en 1841 ; il rentra en France avec le 2e Hussards à Vesoul, et épouse Mlle de Lasalle, d’Odos. Son régiment revenant en Afrique, Le commandant Courby de Cognord le suit et est cité à l’ordre de l’armée à la bataille de lIsly.

          En 1845, il est à Djemma-Ghazaouet (Nemours). Le 23 septembre eut lieu un héroïque fait d’armes dont tous les bataillons de chasseurs à pied se glorifient, mais dont une part, également va au au 2e Hussards, régiment de chamborant dont le 2e escadron fut présent à ce glorieux combat et devait y trouver la mort presque en entier.

                                  Le commandant de Cognord s’y distingua particulièrement, fait prisonnier et emmené en captivité. Sauvé in extrémis de la lame d’un arabe, reconnu comme un chef par un autre, la gorge ensanglanté il échappe à la mort. Plus tard il fut promu lieutenant-Colonel et reçut la rosette  de la Légion d’Honneur pour sa vaillance et son courage dans cette affaire mémorable. Nommé par la suite colonel, puis général de brigade, il commanda à trois reprises, à Tarbes, en 1852, et comme commandant deimages_2_ la subdivision militaire du département en 1856 et 1859.

          Le 26 août 1861, le Général Courby de Cognord prenait sa retraite et se retire au château d’Odos. Le 4 décembre 1862, il décédait à l’âge de 63 ans, 12 rue de Massey , à Paris                                

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18 juin 2014

PROJET DE CREATION D'UN MONUMENT " SIDI-BRAHIM" A ORAN (Algérie)

Comité du Monument (Article paru dans l'Indépendant de Mostagamem du 30 janvier 1894)

Le 11 janvier1894, à quartes heures du soir, le comité constitué pour l’érection à Oran d’un monument commémoratif du fait d’armes de Sidi-Brahim, s »est réuni à l’Hôtel de Ville d’Oran, sous la présidence de M.Johner, 1er adjoint remplaçant M. le Maire empêché.Etaient présent : M.Courserant, notaire honoraire à Mostaganem ; Jacques, Président du Conseil général ; le Commandant Mirauchaux ; Bézy, conseiller général, directeur du Petit Fanal ; Gross, commandant le 2e Zouaves ; Monbrun, rédacteur de l’Echo d’Oran.

M. le Maire ayant rejoint le groupe ouvre la séance et présente au comité le dossier des délibérations antérieures et de la correspondance échangée et la photographie d'un projet de monument par le sculpteur Dalou, communiquée par M. Havard, inspecteur des Beaux-arts. M. Monbrun est désigné comme secrétaire de séance. M.Courserant expose que le projet d'ériger un monument commémoratif du combat de Sidi-Brahim est déjà très ancien, que des souscription importantes on été recueillie par le comité d’action en Algérie et par M. le Baron de Montagnac, en France, qu’il convient d’aviser aux moyens de réunir les fonds nécessaires à l’œuvre et de prendre d’ores et déjà une décision pour la prompte exécution de ce monument.

M. Courserant ajoute que l’on devrait ouvrir un concours parmi les sculpteurs en fixant toutefois un délai très court pour la présentation des maquettes et en expliquant qu’il ne sera pas donné de prix aux concurrents, tous les fonds de la souscription devant être exclusivement réservés au monument, c’est-à-dire à une œuvre patriotique pour laquelle on compte sur leur désintéressement absolu.

MM. Jacques et Bezy fond observer que ce concours demandera encore un temps assez long et qu’il est à craindre qu’il ne donne pas de résultat ; quel que soit, en effet le patriotisme des artistes auxquels on fera appel, il y a des dépenses matérielles qu’il faudra payer, tandis qu’il serait plus pratique d’adopter le projet de M. Dalou, l’éminent statuaire. Il résulte d’ailleurs de la correspondance échangés entre M. Fouque, alors Maire d’Oran avec M. Dalou et M. Havard qu’un engagement a été pris vis-à-vis de M. Dalou, à la suite du concours promis à l’œuvre par M. le Ministre des Beaux-arts.

M. Le Président présente ce projet. Il consiste en un obélisque de granit ou de marbre reposent sur un riche piédestal et portant les noms des héros massacrés à Sidi-Brahim. Au sommet de l’obélisque apparaît une renommée aillée qui apporte une palme à ces glorieux martyrs du devoir et de l’honneur. Au pied de l’obélisque apparaît et agenouillée sur le piédestal, la France tenant un drapeau de sa main gauche, achève d’inscrire les noms des derniers héros auxquels le monument est consacré.

M. le Baron de Montagnac à qui ce projet à été présenté à fait connaître qu’il n’est pas d’avis de l’adopter, que d’après lui, il ne répond à rien et que si la municipalité d’Oran  et le comité l’acceptaient il se désintéressait de tout concours à l’exécution d’un monument commémoratif, à Oran, de Sidi-Brahim. Après lecture des lettres de M. le Baron de Montagnac contenant ces critiques contre le projet de M. Dalou plusieurs membres du Comité déclarent qu’à leur avis au contraire le projet de monument répond au souvenir qu’il s’agit de perpétuer et que le nom du sculpteur est une garantie que son œuvre sera digne de souvenir.

M. Monbrun  ajoute que d’ailleurs, une photographie, une maquette ne peuvent donner qu’une idée de ce que sera l’œuvre de M. Dalou, mais que si par la pensée on voit ce monument à la place où il sera édifié, à la place d’Armes, où il mesurera une hauteur de 15 mètres au moins, on se rend compte qu’il y sera fort imposant et qu’il y symbolisera par son aspect général à la fois austère et grandiose. L’œuvre si glorieuse de l’armé d’Afrique. On est d’accord d’ailleurs sur ce point avec M. de Montagnac, (après avoir agité longtemps la question de savoir si le monument devrait recevoir la statue de Dutertre, celle de Froment-Coste, de Montagnac ou de tout autre des héros de Sidi-Brahim), que le monument ne doit avoir rien de personnel, qu’il est en quelque sorte un monument élevé à l’armée, éminemment militaire et démocratique. Or, le projet de M. Dalou à traduit très heureusement cette pensée.

M.Courserant réplique que dans ces conditions il n’insistent pas pour la mise au concours, que si le souvenir qu’il veut voir perpétuer peut l’être et plus tôt par le projet de M. Dalou, il se range bien volontiers à l’opinion qui vient d’être émise, il demande seulement que dans ce cas puisque, d’après une lettre de M. Havard à M. Dalou, on fait connaître que son projet est susceptible de modifications, on le complétera par des bas-reliefs rappelant le fait d’armes de Sidi-Brahim, car c’est ce souvenir qui a donné naissance à un projet de monument commémoratif. Selon lui, les épisodes principaux du fait d’armes de Sidi-Brahim, et qu’il conviendrait de rappeler dans le bronze du bas-relief sont les suivant :

1° Le combat de la colonne qui était sous les ordres du colonel de Montagnac, la mort du chef de Bataillon, le commandant Froment Costes, et de tous les officiers, sous-officiers et soldats qui prirent part à cette mémorable action ;

2° L’attaque du marabout de Sidi-Brahim au moment où l’intrépide caporal Lavayssière plante sous les balles les couleurs de la France.

3° L’héroïsme de Dutertre à son ultime sacrifice qui n’a d’égal dans l’histoire que celui de Regulus et chevalier d’Assas ;

4° La lute finale, c’est-à-dire le dernier combat livré par le capitaine de Gèreaux dans le fond du ravin, où il trouve avec ses compagnons d’armes une mort si glorieuse et si digne de passer à la postérité.

M. Mirauchaux et M. Gross appuient cette proposition de M. Courserant, relative aux bas-reliefs. Le comité décide à l’unanimité que le projet de M. Dalou avec cette indication qu’il conviendra de le compléter par le bas-relief. Passant aux voies et moyens d’une exécution rapide du monument. Le comité après discussion et examen de diverses proposition, décide à l’unanimité :

1° M. Dalou sera immédiatement avisé de l’adoption de son projet dans les conditions ci-dessous ;

2° M. Mirauchaux est spécialement désigné pour faire auprès des héritiers de M. Delmonte les démarches nécessaires en vue d’obtenir que le marbre de l’obélisque, et à provenir  de leurs magnifiques carrières, soit donné par eux. Il est bien entendu que ce don sera rappelé par une inscription sur le monument.

3° Des démarches seront immédiatement faites auprès de MM. Les Ministres de la guerre et des Beaux-arts, à l’effet d’obtenir leur concours pour l’érection du monument. MM. Jacques, Etienne et St Germain, représentants du département d’Oran au Parlement seront priés de seconder le comité auprès de MM. Les Ministres. M. Havard, inspecteur des Beaux-arts, que le comité remercie de son bienveillant et précieux concours, sera prié de le seconder encore auprès de M. le Ministre des Beaux-arts.

4° On organisera une active propagande pour recueillir de nouvelles souscriptions, la somme de 25.578fr. 10 recueillie à ce jour étant insuffisant pour un monument de cette importance. En dehors des listes de souscriptions qui seront présentées à l’armée et à la population, on donnera des fêtes, des concerts, des bals à Oran et dans le département, en faisant appel au concours si dévoué de la presse et des sociétés. On s’efforcera d’intéresser à l’œuvre la presse parisienne pour l’organisation à Paris d’une fête  donné spécialement pour la caisse du monument de Sidi-Brahim. Pour le département, M.Courserant est spécialement chargé de diriger l’organisation des fêtes avec le concours des Présidents de sociétés, il s’adjoindra en outre toutes les personnes qu’il désignera  pour le seconder.   Le Comité agrée avec reconnaissance l’offre qui lui est faite dès maintenant par la société musicale de la Mosquée qui propose de donner au profit de l’œuvre un grand concert le 17 février 1894 et la remercie de sa généreuse initiative.

5° M. Le Baron de Montagnac sera avisé des décisions qui viennent d’êtres et il sera fait appel à son patriotisme  et à son dévouement à l’œuvre pour la prompt exécution du monument à l’aide des souscriptions recueillis  tant en France qu’en Algérie.

A l’unanimité, le Comité félicite M. Courcerant du dévouement et du zèle infatigable  qu’il a déployé jusqu’ici et qui contribueront si largement au succès d’une œuvre éminemment patriotique.

La séance est levée à six heures

                                                           Vu : le Président

                                                           Signé : JOHNER

                                        Le secrétaire

                                        Signé : Th. MONBRUN  

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11 février 2014

Biographies militaires

 

Biographies militaire

 

Lieutenant-colonel de Montagnac :

 

- Né au château de Pourru-aux-Bois (Ardennes) le 17 mai 1803

- Sous-Lieutenant au 1er RI de ligne, le 1er octobre 1821.

- Lieutenant le 30 décembre 1827.

- Capitaine le 28 janvier 1836.

- Chef de bataillon le 14 juillet 1841 au 61e régiment.

- Lieutenant-colonel au 15 léger, le 10 mars 1845.

- Campagnes :

- En Espagne : 1823

- En Afrique, de 1836 à 1845.

- Décorations :

- Décoré de l'ordre de Charles III d'Espagne

- Décoré de l'ordre de la Légion d'honneur (14-07-41)

 

 

*********

Froment-Coste Auguste-Laurent-Adolphe :

 

- Né à Stradella, (département de Gènes) le 4 décembre 1805.

- Sous-Lieutenant au 6e régiment d'Infanterie, le 1er octobre 1825.

- Lieutenant , le 28 mars 1830.

- Capitaine, le 28 janvier 1830.

- Passe au 3e bataillon de chasseurs à pied , le 21 octobre 1840

- Chef de bataillon, commandant le 2e bataillon de chasseurs, le 19 mars 1841.

- Passe au 8e bataillon de chasseurs à pied, le 3 décembre 1841, par permutation avec le

commandant Uhrich.

- Campagne :

- Espagne : 1826-1827-1828.

- Afrique : 1830-1831.

- Belgique : 1832.

- Afrique : de 1842 à 1845.

- Décorations :

- Chevalier de la Légion d'honneur le 30 août 1842.

- Officier le 22 septembre 1844.

- Citations :

- Cité l'ordre de l'armée pour sa belle conduite au combat de la Sikkak, le 6 juillet 1835

- Tué à Sidi-Brahim, le 23 septembre 1845

 

********

 

De Géreaux Louis-François-Oscar :

 

- Né à Périssac (Gironde), le 8 juillet 1812.

- Élève à l'école spéciale militaire le 17 novembre 1829.

- Sous-lieutenant au 8e régiment de ligne , le 1er octobre 1831.

- Lieutenant le 28 janvier 1836.

- Détaché au bataillon provisoire de chasseurs à pied, le 27 novembre 1838

- Passe au bataillon de tirailleurs le 24 septembre 1839.

- Passe au 1er bataillon de chasseurs , le 28 septembre 1840.

- Nommé adjudant-major au 8e bataillon, le 10 avril 1841.

- Capitaine à la compagnie de carabiniers au 8e bataillon, le 3 mai 1842.

- Mort dans la bataille de Sidi-Brahim, le 23 septembre 1845

- Campagnes :

- En Belgique, (1832)

- En Afrique, (de 1841 à 1845)

- Blessures :

- Un coup de feu à la cuise droite, reçu en dirigeant la retraite des carabiniers sur le marabout de

Sidi-Brahim.

- Décorations :

- Chevalier de la Légion d'honneur, le 4 avril 1844.

- Citations :

- Cité à l'ordre de l'armée, le 8 juillet 1841, pour sa belle conduite aux combats de Scheliff.

- Tué au marabout de Sidi-Brahim, le 26 septembre 1845

 

***********

 Dutertre Louis-Laurent-Charles-François-Hippolyte.

 

- Né le 10 août 1807, à Coulogne (Pas-de-Calais)

- Entre à l’École spéciale militaire , le 17 novembre 1824.

- Sous-lieutenant au 32e de ligne, le 1er octobre 1826

- Lieutenant au 32e de ligne, le 20 août 1831.

- Capitaine au 32e de ligne, le 24 octobre 1838.

- Capitaine au 8e bataillon de chasseurs à pied, le 21 octobre 1840

- Capitaine adjudant-major au 8e bataillon de chasseurs, le 3 mai1841.

- Campagnes :

- En Afrique de 1841 à 1845.

- mort le 23 septembre 1845, dans la bataille de Sidi-Brahim

- Citations :

- Cité à l'ordre de l'armée, le 14 août 1844, à la bataille d'Isly

- Blessures :

- Coup de feu à la cuisse gauche, le 11 juin1832, à Machecoul (Loire Atlantique)

- Trois coups de feu reçu le 23 septembre 1845

- Décorations :

- Chevalier de la Légion d'honneur, le 6 août 1843.

- Tué sur le champ de bataille de Sidi-Brahim, le 23 septembre 1845.

 

 

 

- Burgard Pierre-Gatine-Charles

 

- né à Clermond-Ferrand, le 28 juillet 1811

- Sous-lieutenant, le 14 août 1835.

- Lieutenant le 20 décembre 1839.

- Passe au 5e bataillon de chasseurs, le 27 octobre 1840.

- Capitaine au 8e bataillon de chasseurs , le 11 avril 1844.

- Campagnes :

- Afrique : de 1841 à 1845.

- Blessures :

- Coup de feu le 12 avril 1834, aux événement de Lyon.

- Tué sur le champ de bataille de Sidi-Brahim, le 23 septembre 1845.

 

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De Chargère Jérôme-Alphonse.

 

- Né à Guengnon (Saône-et-Loire) le 22 mai 1805.

- Sou-lieutenant au 64e Régiment d'Infanterie, le 1er octobre 1827.

- Lieutenant au 8e régiment d'Infanterie, le 14 septembre 1838.

- Capitaine au 8e régiment d'Infanterie, le 25 mai 1840.

- Capitaine au 8e Bataillon de chasseurs à pied, le 21 octobre 1840.

- Campagnes :

- En Afrique de 1844 à 1845.

- Tué sur le champ de bataille de Sidi-Brahim, le 23 septembre 1845.

 

 

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- Lavayssière Jean,

 

- né le 23 novembre 1821, à Castelfranc, (Lot)

- Incorporé au 8e bataillon de chasseurs, le 16 novembre 1842.

- Caporal à la 3e compagnie, le 12 janvier 1845.

- Sergent de carabiniers, le 10 octobre 1845

- Décoration :

- Chevalier de la Légion d'honneur, le 11 octobre 1845.

- Rentre dans son foyer le 31 décembre 1848.

- Décédé le 4 juillet 1892, à Castelfranc (Lot)

- Après sa libération, Lavayssière accepta et exerça pendant quatorze ans, le modeste emploi - – d'éclusier sur le canal du Lot, à Puy-Laborde et à Douelle (Aveyron). Presque aveugle dans sa - - veillesse, Lavayssière fut admis le 8 juillet 1883 à l'hospice national des quinze-Vingt, où il subit - avec succès une opération que pratique le docteur Fieuzal.

 

 

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 - Larrazet Jérôme

 

- Né le 5 août 1810, à Basas (Gironde)

- Entre au service au 19e de ligne le 250 mars 1831.

- Libéré comme sergent-major le 4 mars 1840.

- Rentre comme chasseurs au bataillon de tirailleurs de Vincennes le 13 mars 1840.

- Lors de la formation du 1er bataillon de chasseurs, Larrazet figure dans les cadres comme

sergent-major.

- Nommé adjudant le 26 novembre 1841.

- Sous-lieutenant au 8e bataillon de chasseurs à pied, le 11 février 1842.

- Lieutenant au 8e bataillon de chasseurs, le 22 décembre 1845.

- Capitaine au 5e bataillon de chasseurs , le 19 mars 1852.

- Campagnes :

- En Afrique, de 1840 à 1845.

- Blessures :

- Blessés de deux coups de yatagan à la tête au combat de Sidi-Brahim.

- Décorations :

- Chevalier de la Légion d'honneur, le 26 avril 1846.

- Prisonniers, rendu à la liberté le 27 novembre 1846

- Officier le 28 décembre 1859.

- Chevalier de l'Ordre de Saint-Maurice (Malte), le 6 janvier 1860

- Décédé le 26 mai 1874.

 

 

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 De Daymond Lasbordes Eugène-François.

 

- Né à l’Île de Grenade, le 5 avril 1815.

- Élève à l'École spéciale militaire, le 10 novembre 1831.

- Passe au 19e régiment d'Infanterie, le 1er novembre 1833

- Sous-Lieutenant au 19e de ligne, le 19 juillet 1839.

- Lieutenant , au 5e Bataillon de chasseurs à pied, le 11 octobre 1840.

- Passe au 8e Bataillon de chasseurs, le 17 mars 1842.

-Campagne :

- En Afrique de : 1841 à 1845.

 

 

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 - Conte Gentil- Saint-Alphonse, Jules -Eugène-Denis

 

- Né à Paris, le 23 août 1810

- Élève à l'École spéciale militaire, en 1827.

- Sous -lieutenant au 17e régiment d'Infanterie légère en 1829.

- Passe aux hussards de Chartres (1er régiment) en 1830.

- Lieutenant au 3e chasseurs d'Afrique en 1833.

- Lieutenant-adjudant-major au spahis réguliers à Bônes en janvier 1835.

- Capitaine adjudant-major en 1835.

- Passe au 2e hussard le 5 février 1837.

- Campagne :

- Belgique 1831-1832

- Afrique de 1834à 1836 et 1844-1845

- Citations :

- Cité à l'ordre de l'armée pour sa belle conduite à la bataille de l'Isly (14 août 1844)

- Décorations :

- Chevalier de la Légion d'honneur

 

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 - De Chappedelaine Louis-Antoine.

 

- Né à Sévignac le 26 septembre 1815, (Côtes-du-Nord).

- Élève à l'École spéciale militaire, le 15 décembre 1833.

- Sous-lieutenant au 21e régiment de ligne , le 1er octobre 1835.

- Sous-lieutenant de grenadiers, le 8 mai 1840.

- Passe avec son grade au 8e bataillon de chasseurs, le 21 octobre 1840.

- Lieutenant le 2 janvier 1841.

- Campagnes :

- En Afrique de 1841 à 1845.

- Blessures :

- Un coup de feu au côté droit , reçu en dirigeant la retraite des carabinier sur la Koubba du

Marabout de Sidi-Brahim, tué durant cette bataille le 26 septembre 1845.

 

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 Rozagutti Antoine-André

 

- Né le 12 juin 1806, à Bastia (Corse)

- Élève Chirurgien, le 26 décembre 1826.

- Chirurgien sous-aide, le 10 mai 1830.

- Aide-major au 8e bataillon de chasseurs , le 8 mars 1842

- Tué dans la bataille de la Koubba de Sidi-Brahim. (en s'échappant de celle-ci).

 

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- Rolland Guillaume :

 

- Né le 18 septembre 1821, à lacalm (Aveyron).

- entré en service au 8e Bataillon de chasseurs à pied le 2 août 1842.

- Clairon le 16 janvier 1844.

- Fait prisonniers à la bataille de Sidi-Brahim , le 23 septembre 1845.

- S'échappe du massacre de la Daïra et rentre au corps le 17 mai 1846.

- Clairon de carabiniers, le 6 juillet 1846.

- Campagnes :

- En Afrique du 18 novembre 1843, au 29 décembre 1847.

- Blessures :

- Atteint d'un coup de feu au combat de Sidi-Brahim.

- Décorations :

- Chevalier de la Légion d'honneur, le 20 août 1846.

- A obtenu la médaille forestière, le 31 octobre 1883.

- A obtenu la médaille coloniale, le 21 août 1896

 

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- Léger Gabriel.

 

- Né en 1812 à Gouloux (Nièvre)

- Entré au service du 14e léger le 16 novembre 1833.

- Libéré le 30 décembre 1839.

- Entre en service comme remplaçant au 21e léger le 28 septembre 1840.

- Passe au 8e bataillon de chasseurs à pied le 27 octobre 1840.

- Caporal de carabinier le 11 octobre 1845, en récompense de sa belle conduite

Pendant la retraite de Sidi-Brahim à Djemmaa.

- Campagnes :

- En Afrique, de 1841 à 1846.

- Décorations :

- Chevalier de la Légion d'honneur le 21 août 1846.

- A obtenu la médaille coloniale, le 15 avril 1896.

 

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- Pègues Jacques-Louis

 

- Né le 21 mai 1821, à Marcillac (Aveyron).

- Incorporé au 8e Bataillon de chasseurs à pied le 11 juin 1842.

- Caporal le 27 janvier 1844.

- Sergent-fourrier le 21 septembre 1845

- libéré du service le 31 décembre 1848.

- Incorporé au bataillon de chasseurs de la garde comme engagé volontaire

pour deux ans, le 1e 22 juillet 1854.

- Lieutenant en premier de la 1ere compagnie des mobiles d'Alger, le 16 février 1871.

- Campagnes :

- En Afrique de 1842 à 1846 et de 1871 à 1872. (Insurrection en Kabylie)

- Blessures :

- Coup de feu au poignet gauche au combat du 26 septembre1845, dans le ravin de Djemmaa

- Décorations :

- Chevalier de la Légion d'honneur le 26 août 1846,

- Médaille coloniale le 1er mars 1895.

 

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- Barbut Pierre-Auguste

 

- Né le 10 mai 1816, à Avallon.

- Entre au 2e régiment de hussards, le 10 mai 1838.

- Maréchal des logis fourrier, le 10 mai 1840.

- Maréchal-des-logis chef, le 1er janvier 1845.

- Prisonnier d'Abd el Kader, racheté le 27 novembre 1847.

- Sous-lieutenant au 5e régiment de hussards le 27 avril 1848.

- Capitaine au 5e réhgiment de hussards, le 30 mai 1858.

- Chef d'escadron au 12e chasseurs, le 5 octobre 1864.

- Lieutenant-colonel au 2e régiment de dragons, le 10 juillet 1870.

- Colonel au régiment de cavalerie mixte, le 18 novembre 1870.

- Général de Brigade, à titre provisoire, le 11 janvier 1871.

- Remis colonel au 1er régiment de hussards par décision de la commission de révision,

des grades, le 18 décembre 1871, pour prendre rang 18 octobre 1871.

- Colonel au 3e régiment de dragons, le 2 mars 1873.

- Retraité le 20 mai 1876.

- Décédé le 25 décembre 1877.

- Campagnes :

- En Afrique du 18 juillet 1844 au 23 juillet 1848.

- du 28 avril 1855 au 25 mai 1857.

- du 27 novembre 1857 au 31 mai 1859.

- Au Mexique du 24 juillet 1862 au 18 avril 1867.

- Contre l'Allemagne 19 juillet 1870 au 7 mars 1871.

- En Afrique du 20 novembre 1871 au 5 janvier 1872.

- Blessures et actions d'éclats :

- Cité à l'ordre de l'armée , le 13 janvier 1866 pour s'être particulièrement

distingué au combat de lors Lormas (Mexique) le 23 novembre 1865

- Décorations :

- Chevalier de la Légion d'honneur , le 31 octobre 1845.

- Officier de la Légion d'honneur le 14 août 1863.

- Commandeur de la Légion d'honneur, le 11 janvier 1876.

- Médaille commémorative de la campagne du Mexique.

- Officier de N.D. De la Guadeloupe, le 7 août 1867

 

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- Courby de Cognord, Pierre-Louis.

 

- Né à Thiers (Puy de Dôme), le 26 août 1799.

- Mousquetaire à la garde impériale le 1er mars 1815.

- Sous-lieutenant au dragons du Calvados, le 15 décembre 1815.

- Lieutenant aux hussards de la Moselle en janvier 1822.

- Passe aux hussards de la garde royale, en 1825.

- Capitaine au 15 dragons en 1830.

- Passe au 5e hussard en avril 1830.

- Chef d'escadrons au 1er chasseurs d »Afrique en 1840.

- passe au 2e hussard , le 17 juin 1840.

- Lieutenant-colonel au 3e hussards, le 15 mars 1846.

- Colonel au 6e hussards, le 9 décembre 1848.

- Passe au 6e lanciers, en décembre 1846.

- Colonel au 6e lanciers, le 9 décembre 1848.

- Général de brigade disponible en janvier 1852.

- Décédé à Tarbes, le 4 décembre 1892..

 

 

 

 

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Les Captifs rachetés le 27 novembre 1846, étaient.

 

Les Captifs rachetés le 27 novembre 1846, étaient.

 

- L'ensemble des prisonniers étaient 300 env avec ceux de la colonne Hillarin

 

- Le lieutenant-colonel Courby de Cognord : 2e Hussard.

- Le lieutenant Larrazet : 8e d'Orléans.

- Le sous/lieutenant Thomas 8e d'Orléans

- Trotté : 8e d'Orléans

- Lieutenant Marin du 15e Léger

- M.le Docteur Cabasse du 15e Léger

- Maréchal-des-logis Barbut, du 2e hussard.

- Testard : 2e Hussard

- Metz : 2e Hussard.

- Michel : 41e de ligne

- Lieutenant Hillarin, du 41e de ligne (décédé la veille)

- Madame Thérèse Gille, dont Abd el Kader avait marier sa fille à l'un de ses chefs

- les douze prisonniers ont été rachetés pour la somme de 32.ooo francs

 

 

 

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Un sarcophage en onyx abritera les restes des héros de Sidi-Brahim.

 

Un magnifique sarcophage d’onyx abritera désormais les restes des héros de Sidi-Brahim.


(
bulletin de liaison n° 4 du 30ème de janvier 194,)
Le 26 septembre 1945, d’émouvantes cérémonies marquaient, sur les lieux mêmes du combat de Sidi-Brahim, le centenaire de cet événement historique.
Les manifestations se déroulèrent successivement au Marabout lui-même et au Tombeau des Braves, monument historique qui sert de sépulture aux Héros, bâti au pied du village des Oulad Ziri, à deux kilomètres de Nemours, sur l’emplacement même où sont tombés dans un dernier combat les survivants de l’engagement de Sidi-Brahim.
Les plus hautes personnalités de l’Algérie qui y assistaient purent constater avec une pointe d’amertume que les ossements de ces braves méritaient mieux pour les contenir qu’un caisson de bois vermoulu. Il y avait là un geste à faire. Il est fait : depuis le 26 septembre 1946, les restes des Héros sont abrités dans un magnifique sarcophage d’onyx. Le transfert a été l’occasion d’une nouvelle cérémonie, plus émouvante encore que celle de l’année dernière.
L’Echo d’Oran en a donné le récit suivant :
On note la présence des autorités suivantes : le général Conne, commandant la division d’Oran, le colonel Destremeau, commandant la subdivision de Tlemcen, le colonel Guibert, commandant le 5ème Chasseur à Cheval de Tlemcen, le colonel Gauthier, commandant le D.C.R.E de Sidi-Bel-Abbès, M. le sous-préfet de Tlemcen, M. Vallot, maire et conseiller général de Nemours, une délégation de son conseil municipal, le vice-président des Anciens Combattants, le président de la France Combattante, le président du Comité de Secours aux P.G, le membre correspondant de la Société de géographie et d’archéologie de la province d’Oran et les corps constitués.
Peu après 15 heures, les autorités et la foule sont rangées autour du Mausolée, qu’ombragent des cyprès et des eucalyptus au feuillage épais.
Dans un silence religieux, le clairon lance dans l’air les notes déchirantes de la sonnerie « Aux Morts ». Puis une minute de silence est religieusement observée tandis que s’incline le Fanion des Chasseurs de Sidi-Brahim, porté par un officier de réserve de ce corps d’élite.
On assiste alors à l’émouvant transfert. Deux soldats du Service de Santé, vêtus et gantés de blanc, procèdent délicatement au dépôt des ossements dans le sarcophage. Les autorités signent le procès-verbal, dont un exemplaire est placé dans le tombeau, lequel est alors poussé dans la crypte de l’ossuaire.
Le monument est fermé et les couleurs sont amenées avec le cérémonial d’usage, tandis que les troupes, des détachements du 5ème Chasseurs, du 3ème Spahis, du 1er régiment étranger et du 6ème R.T.A, présentent les armes.
Tous les Chasseurs seront touchés par la sollicitude avec laquelle l’Armée d’Afrique veille sur les tombes de nos morts : nous lui en exprimons notre gratitude »

 

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inhumation des ossements des braves de Sidi-Brahim.

Inhumation des ossements des braves de Sidi-Brahim

( 11 février 1846 )

A près la catastrophe de Sidi-Brahim, Abd-el-Kader transporta son camp au delà d'Ouchda, dans le Maroc, afin d'éviter la présence des troupes françaises. Il n’amena avec lui que ses réguliers, auxquels il confia la garde des prisonniers. Sa retraite à une dizaine de lieues seulement de la frontière ne laissait pas que d'être inquiétante; on pouvait craindre à chaque instant que l’Émir n'envahit subitement le territoire des populations qui nous était restées fidèles.
Pour être prêt à tout événement , le général Cavaignac fit activement surveiller la frontière par un poste d'observation, placé sous les ordres du colonel de Mac-Mahon, du 41e de ligne. Son campement était à Nedroma, point intermédiaire entre Lalla-Magrihrnia et Djemmaa-Ghazaouet. Dans les premiers jours de février 1846, informé qu'une sourde agitation régnait dans la Deïra chez les Beni-Amer , le général sortit de Tlemcem avec 2.500 hommes de renfort pour rejoindre le camp de Nedroma et se mettre à la tête des opérations.
Le 7, sa colonne était réunie à Lalla-Meghrinia ; elle comptait 5.000 hommes. Après un séjour, elle se dirigea le 11 sur Djemmâa, suivant la route qu'avait prise le lieutenant-colonel de Montagnac avec le 8e bataillon.
C'était la première fois qu'une troupe française voyait le théâtre d'un combat impérissable : Tous les cœurs étaient émus.
Ici nous laissons parler le général Cavaignac
« Au pied d'un mamelon, nous avons trouvé les cadavres des soldats qui avaient péri, victimes de la trahison. Nous pouvions lire sur le sol l'histoire de tous les détails du combat. Un carré régulier d'ossements nous montrait le carré qui s'était fait tuer , UN CONTRE TRENTE et au milieu duquel était l'intrépide Montagnac, criant à sa troupe, pour dernier adieu, de mourir comme lui plutôt que de se rendre.
A côté, une ligne d'ossements, qui s'arrêtait au pied d'une colline nous représentait la charge du 2e hussards, sous les ordres du commandant Courby de Cognord, qui s'étaient jetés SOIXANTE CONTRE DEUX MILLE.
Tous les ossements furent recueillis avec un soin religieux, puis la cavalerie défila au pied de la fosse où ils avaient été précédemment déposés et le feu successif des feux de bataillon rendit les honneurs aux restes mortels de tant de braves gens.
A une heure plus loin, nous saluâmes de nos acclamations le marabout de SIDI-BRAHIM et tout le monde s'y précipita, cherchant avec anxiété, sur les murs, la trace de de Géraux : on n'y voyait que du sang ; seulement, dans un coin de la muraille, nous découvrîmes, écrite au crayon, une simple date : 26 septembre. »
Quelques mois après,par décision du duc d'Aumale, gouverneur militaire de l'Algérie, un monument durable fut élevé par les soldats du génie à la mémoire des braves qui avait péri à Djemmâa, sur le lieu même où il avaient été précédemment inhumés* ; sur sa base furent inscrits les noms des officiers-sous officiers et soldats qui s'étaient immortalisés par leur mort héroïque.
Quand une troupe passe dans la vallée de Djemmaa-Ghazaouet , elle porte les armes et les clairons sonnent.
La cavalerie, sabre au poing, défile, au trop.
Si c'est un bataillon de chasseurs, il s'arrête, présente les armes. Les clairons, après le rappel sonnent au champs ; il part en sonnant la marche du 8e bataillon.
Le 8e bataillon n'existait plus. Au mois d'avril 1846, il fut réorganisait à Djemmaa-Ghazaouet, par son nouveau commandant M. le Normand de Lourmel, avec les débris de Sidi-Brahim, les hommes restés à Tlemcen et à Djemmaa , ceux du dépôt de Toulouse et 400 autres chasseurs fournis par les quatre bataillons en France – 1er, 2e, 4e, et 7e.
Nous étions chargé nous même de ce convoi. Les ossements furent mis dans des sacs de l'administration et transportés par des mulets du train ; on les déposa ensuite dans une fosse provisoire, non loin du lieu ou s'élève aujourd'hui la colonne de Sidi-Brahim, à Kohbat-el-Mezzoug.- les cadavres avaient été complètement dépouillées par les Arabes ; nous ne retrouvâmes sur le sol du combat que le képi du commandant Froment-Coste, que les Arabes avaient jeté dans une broussaille, après en avoir
enlevé les soutaches.

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