Un magnifique sarcophage d’onyx abritera désormais les restes des héros de Sidi-Brahim.


(
bulletin de liaison n° 4 du 30ème de janvier 194,)
Le 26 septembre 1945, d’émouvantes cérémonies marquaient, sur les lieux mêmes du combat de Sidi-Brahim, le centenaire de cet événement historique.
Les manifestations se déroulèrent successivement au Marabout lui-même et au Tombeau des Braves, monument historique qui sert de sépulture aux Héros, bâti au pied du village des Oulad Ziri, à deux kilomètres de Nemours, sur l’emplacement même où sont tombés dans un dernier combat les survivants de l’engagement de Sidi-Brahim.
Les plus hautes personnalités de l’Algérie qui y assistaient purent constater avec une pointe d’amertume que les ossements de ces braves méritaient mieux pour les contenir qu’un caisson de bois vermoulu. Il y avait là un geste à faire. Il est fait : depuis le 26 septembre 1946, les restes des Héros sont abrités dans un magnifique sarcophage d’onyx. Le transfert a été l’occasion d’une nouvelle cérémonie, plus émouvante encore que celle de l’année dernière.
L’Echo d’Oran en a donné le récit suivant :
On note la présence des autorités suivantes : le général Conne, commandant la division d’Oran, le colonel Destremeau, commandant la subdivision de Tlemcen, le colonel Guibert, commandant le 5ème Chasseur à Cheval de Tlemcen, le colonel Gauthier, commandant le D.C.R.E de Sidi-Bel-Abbès, M. le sous-préfet de Tlemcen, M. Vallot, maire et conseiller général de Nemours, une délégation de son conseil municipal, le vice-président des Anciens Combattants, le président de la France Combattante, le président du Comité de Secours aux P.G, le membre correspondant de la Société de géographie et d’archéologie de la province d’Oran et les corps constitués.
Peu après 15 heures, les autorités et la foule sont rangées autour du Mausolée, qu’ombragent des cyprès et des eucalyptus au feuillage épais.
Dans un silence religieux, le clairon lance dans l’air les notes déchirantes de la sonnerie « Aux Morts ». Puis une minute de silence est religieusement observée tandis que s’incline le Fanion des Chasseurs de Sidi-Brahim, porté par un officier de réserve de ce corps d’élite.
On assiste alors à l’émouvant transfert. Deux soldats du Service de Santé, vêtus et gantés de blanc, procèdent délicatement au dépôt des ossements dans le sarcophage. Les autorités signent le procès-verbal, dont un exemplaire est placé dans le tombeau, lequel est alors poussé dans la crypte de l’ossuaire.
Le monument est fermé et les couleurs sont amenées avec le cérémonial d’usage, tandis que les troupes, des détachements du 5ème Chasseurs, du 3ème Spahis, du 1er régiment étranger et du 6ème R.T.A, présentent les armes.
Tous les Chasseurs seront touchés par la sollicitude avec laquelle l’Armée d’Afrique veille sur les tombes de nos morts : nous lui en exprimons notre gratitude »