PETIT HISTORIQUE RAPIDE DU 8ième B.C.P.

 

 

 

Le 8e Bataillon de Chasseurs à pied, ainsi que neuf autres Bataillons, est créé par l’Ordonnance Royale du 23 septembre 1840.

 Une autre Ordonnance du même jour confie l’organisation de ces Bataillons au Duc d’Orléans, Lieutenant-Général du Royaume de France : d’où le nom de Chasseurs d’Orléans qui servira, pendant un certain temps (Le 19 juillet 1842, le duc d’Orléans se tuait dans un accident de voiture à Neuilly. Un mois plus tard, pour honorer la mémoire du créateur des chasseurs, le Roi rendit une ordonnance le 18 août 1842, conférant aux bataillons le nom de « Chasseurs d’Orléans ».  Ils devaient conserver cette appellation jusqu’en mars 1848).

 Commandé par le Chef de Bataillon ULRICH, le 8e assiste, le 12 mai 1841, au camp de Romainville (Seine), à la revue du Roi et à la remise du  drapeau confié à la garde des Chasseurs à pied.

 Le 10 juin 1841, Le Bataillon s’embarque à Toulon, à destination de l’Afrique. Débarqué le 14 à Mostaganem, il prend part, le 21 mars 1842, au combat Sikak, sous les ordres du Général BEDEAU.

 Il est Bataillon d’avant-garde à la bataille de l’ISLY, gagné par le Général BUGEAUD, le 14 août 1844.

 Le 23 septembre 1845, sous les ordres du Lieutenant-colonel DE MONTAGNAC, le 8e Bataillon, commandé par le commandant FROMENT-COSTE, grossi des 2e hussards commander par le Chef d’Escadrons COURBY-DE-COGNORD, réalise ces prestigieux exploits qui ont immortalisé le nom de « SIDI-BRAHIM ».

Le Commandant, 8 officiers et 252 sous-officiers et chasseurs sont frappés à mort.img998

 En 1856, il fait partie de l’expédition de Kabylie.

 En 1859, il prend part à la bataille de Magenta, en Italie.

 Le 15 août, jour de la Saint-Napoléon, le 8e Bataillon défile à Paris, avec le reste de l’armée d’Italie, sous les applaudissements populaires.

 Après la campagne d’Italie le Bataillon vit dix années de calme.

 Par décret du 10 mars 1860, les Bataillons de Chasseurs sont reconstitués à huit compagnies.

 Le 21 avril de la même année, le commandant Merle est remplacé à la tête du Bataillon par le commandant LOCKNER.

 Le Bataillon alla tenir ses quartiers à Boulogne, du 28 avril 1862 au 22 décembre 1864

 Par décision du 16 octobre 1864 le commandant DUCREST de VILLENEUVE prend le commandement du « 8e ».

 Par décret du 28 décembre 1864, il fut appelé ensuite au commandement des Chasseurs de la garde, et remplacé par le commandant VINCENDON.

 Du 13 janvier1864 au 1er décembre 1866 le Bataillon se trouve à Metz et au camp de Châlons ; à Vincennes jusqu’au 11 septembre 1867.

 Par décret du 3 août 1867, le commandant POYET est appelé à remplacer le commandant VINCENDON à la tête du Bataillon.

 A partir du 12 septembre 1869, le Bataillon tient ses quartiers à Paris jusqu’au 22 septembre 1869, date à laquelle il part pour Toulouse où il reste jusqu’à la déclaration de la guerreLe 21 juillet, le Bataillon quitte Toulouse er arrive le 25 à Strasbourg. Il fait partie du 1er corps d’armée commandé par le maréchal de MAC-MAHON, 3e division (général RAOULT), 1re brigade (général l’HERILLER).

 Le 3 août, le Bataillon subit à Frœschwiller. Le 6, la 1re et la 2e chargimg132e l’ennemi à la baïonnette jusque dans les maisons à Woerth. La bataille fait rage à Reichshoffen. Les 3e, 4e, 5e, et 6e compagnies sont dans les bois à Frœschwiller. Le commandant POYET est tué. Assaillies de tous côtés, les compagnies durent mettre  bas les armes. Il ne restait plus au Bataillon que les 1re et 2e compagnies qui malgré leurs pertes, avaient échappé au désastre. On compta 250 hommes tués ou blessés dans les rangs du 8e.

 Le 8e Bataillon est reconstitué au camp de Châlons (après avoir récupéré dans ses rangs environ 100 hommes à Saverne et 190 hommes venus du dépôt de Toulouse). Le 4 août, le 8e fait partie du 1er corps d’armée (DUCROT), 3e division (lL’HERLLIER),1re brigade (CARTERET-TRECOURT).

Le 21 août, le « 8e » part avec l’armée de Châlons, les troupes sont bloquées sous Metz. Lors de la bataille de Sedan, ou l’armée française est de nouveau vaincue par le nombre, encerclée et bombardée dans la cuvette de Sedan, le « 8e » est de ceux qui se battent jusqu’à la dernière heure. La capitulation est inévitable. NAPOLEON III se constitue prisonnier pendant la nuit. Le 2 septembre on procède à la reddition. " Dans cette journée, le Bataillon fort de 490 hommes perdit environ 110 hommes, tués, blessés ou disparus." Le Bataillon est prisonnier, le 6 septembre il part pour l’Allemagne avec les autres prisonniers de guerre. Les officiers furent conduits sur Coblence et les Chasseurs à Ingolstadt en Bavière.

Cependant, dès la fin de septembre 1870, avait commencé la mise sur pied avec les éléments les plus divers : chasseurs des compagnies de dépôts, recrues de la classe 1870, engagés volontaires, de bataillons de marche de chasseurs à pied.

Le 9 novembre, GAMBETTA quitte la capitale en ballon pour organiser depuis TOURS de nouvelles armées.

La vie de ce 8e de marche dans Orléans sera très coute : à peine formé, mal équipé, sans munitions suffisantes, il perd les deux tiers de son effectif n_19_Orl_ans_les_Aydes___inauguration_du_monumentdans les combats d’Artenay (nord d’Orléans) et dans les Faubourgs d’Orléans (les Aydes). Les 10 et 11 octobre aux Aydes, les troupes françaises livrent un dur combat d’arrière garde, quand surgit sur le terrain un Bataillon de Chasseurs à pied arrivé en toute hâte d’Orléans. C’est le 8e de marche qui se met en ligne, à la place des troupes française.

Sous le commandement du Chef de Bataillon ANTONINI, il se déploie le long du chemin de fer. Le commandant signale au lieutenant Frédéric d’ASSIGNY (7e Cie) une masse noire qui débouche du côté de Cercottes : " Voilà la cavalerie, tout le monde couché ! hausse à 500 m et laissez arriver !" Les chasseurs et les éléments d’autres unités rallié aux chasseurs couchés le long du talus reçoivent, à 500m les cavaliers allemands par un feu roulant très meurtrier ; ils font demi-tour et vont se reformer derrière leur artillerie.

 Le combat dura 6 heures et la Bataillon menacé de débordement, ayant subi des pertes sérieuses, se replie sur la forêt d’Orléans. Son équipement, ses dotations en munitions étaient incomplets, sa constitution en détachements de chasseurs mal soudés en rendait le commandement délicat. Mais, persévérant et tenace, le commandant ANTONINI était un soldat intrépide. Il venait d’être nommé au commandement du « 8 » dont les rangs se mêlèrent au 5e Bataillon de marche de chasseurs à pied dont ANTONINI venait de commander une compagnie.

 Dans le faubourg des Aydes ils combattirent au coude à coude et les allemands eux-mêmes témoignèrent de leur héroïsme : " on se battit durement autour de ce faubourg et cette bataille ne peut se comparer qu’à la prise d’assaut de Bazeilles".

 Le commandant ANTONINI, à bout de force avec plusieurs de ses chasseurs se cachèrent dans la sacristie de la Visitation (Notre Dame des Aydes). Antonini avait pris des habits de jardinier du couvent et demeurait quelques jours sur place ; Malheureusement, il sortit trop tôt en ville. Il fut reconnu, arrêté et déporté.

Le 11 octobre 1871, un monument fut inauguré aux Aydes, élevé par les Orléanais aux soldats qui les avaient défendus le 11 octobre 1870, les 5e et 8e Bataillons de marche de chasseurs à pied y figurent sur la face gauche.

Sur une autre face on lit :

 

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Le bataillon est reconstitué à Laval du 18 au 27 octobre, le commandant BERTRAND en prenait le commandement le 3 novembre.

Le 4 novembre 1870, Alors que la ville de Paris est assiégée, la 1re République est proclamée.

Le 17 novembre, le « 8e » prend part aux combats de Landelles (Eure-et-Loir).

Le 21 novembre, 2 compagnies sont engagées dans les combats de Bretoncelles (Eure-et-Loir)

Le 4 décembre 1870, le « 8e » est de retour dans Orléans et participe à sa défense, le soir il reçoit l’ordre de se replier et de repasser la Loire. Orléans est à nouveau perdue. Réduit à 125 hommes, le Bataillon participe à la bataille du Mans, le janvier 1871. Le lendemain l’armée de la Loire amorce sa retraite sur la Loire.

Le Gouvernement capitule le 28 janvier 1871.

Le 15 avril, les prisonniers rentre de captivités. Le commandant VIENO, reprend le commandement du bataillon, jusqu'au 28 janvier 1872 où le commandant ANTONINI le remplace

La paix est ratifiée par l’Assemblée le 10 mars.

 Le 10 mai 1871, la France signe le désastreux Traité de Francfort qui exige d’elle la cession de l’Alsace et une grande partie de la Lorraine.

 Une fois l’armée dissoute, le « 8e » est renvoyé à Toulouse, ou il arrive le 18 mars les compagnies du « 8e » de marche fusionnent avec les 2 compagnies du dépôt de Chasseurs, Le commandant ANTONINI, rentré de captivité en prenait le commandement les 26 et 27 mars 1871.

Le Bataillon est garnison à Toulouse jusqu’au 15 avril 1875. Envoyé en Afrique du Nord à cette époque, il séjourna successivement à Fort-National jusqu’en mai 1877 et à Millianah jusqu’en octobre.

Le 11 juin 1877, le commandant CHAUFFEUR remplaçait le commandant Aimg061NTONINI.

 Le 3 octobre 1877, le « 8e » rentrait en France et était envoyé à Amiens. La compagnie de dépôt venant de Toulouse l’avait précédé.

Le 2 octobre 1878, après son arrivée à Amiens, ce qui devait être sa ville de garnison jusqu’en 1913. Il célébra la fête commémorative du combat de SISI-BRAHIM, d’après un programme arrêté par les commandants des 30 Bataillons de Chasseurs à pied réunis à Châlons. Il en a été décidé que cette fête serait renouveler chaque année.

En 1899, le 8e bataillon comptait parmi ses officiers le capitaine Pétain

Guerre de 1914-1918

Une décision ministérielle du 5 mai 1913 désignait le « 8e » Bataillon de Chasseurs à pied pour aller tenir garnison à Etain, près de Verdun. Le « 8e » quitta Amiens le 30 septembre, et arriva dans sa nouvelle garnison le 5 octobre.

 Du 18 au 22 août 1914, le « 8e » est tout d’abord placé en surveillance entre Etain et Metz.

 Du  19 au 21 août, dans les environs de Longuyon et Pierrepont il perd un capitaine 3 lieutenants, un adjudant et une centaine d’hommes, il doit alors se replier sur Arrancy ou il reçoit l’ordre de tenir la position « coûte que coûte jusqu’à la mort », « Arrancy va être votre Sidi-Brahim », tel fut le mot du général ROQUES.

 Le 22 octobre, le « 8e » est envoyé en Belgique. Sa mission est « d’aider les troupes belges à regagner le terrain perdu au nord-est de Pervyse ».

 Le 2 novembre, le bataillon rentre dans Dixmude.

 Le 31 décembre , sous les ordres du commandant DEVINCET, il rentre en France, une des périodes les plus noires de son histoire vient de s’achever.

 L’année 1915 débute pour le 8e B.C.P. par une période de repos et d’instruction avant de retourner au front de janvier à juillet, dans l’Argonne les combats du 29 juin au 1er juillet 1915 à Bagatelle sont l’évènement de l’année 1915.

 Dans le secteur de Bagatelle le « 8e »relève le 16e B.C.P.

 Au lendemain du combat de Bagatelle, au moment où les débris du Bataillon ont été relevés, le Chef de corps a pu compter 4 sous-lieutenants survivants et environ 130 chasseurs. Trois jours avant, le Bataillon avait pris les tranchées avec un effectif de 21 officiers et 1100 chasseurs. Il avait donc perdu dans ce combat 17 officiers, et près de 800 chasseurs.

 Le 11 juillet, le « 8e » B.C.P.était passé en revue par M.MILLERAND, ministre de la guerre, qui remettait au commandant DEVINCET la croix de la Légion d’Honneur. Peu après le Bataillon recevait sa première citation à l’ordre de l’armée pour son courage lors des combats de Bagatelle.

 Du 25 septembre au 15 octobre 1915, le Bataillon participe à la grande offensive de Cham8e_clairons_02pagne.

 Dès le 21 février 1916, commence la grande offensive allemande sur Verdun. Le général JOFFRE, qui ne voulait pas compromettre l’offensive sur la Somme, confia la défense de la place au général Pétain. Cette place put tenir, malgré les pertes énormes du côté français. Le 8e BCP, connut des journées particulièrement rudes dans le secteur de Verdun.

 Après une période de repos à Châlons sur Marne, le « 8e » Bataillon est envoyé dans le secteur de Douaumont du 10 au 31 mars. Pendant vingt jours le « 8e » tient ce secteur au milieu d’un bombardement sans égal, il est relevé dans la nuit du 30 au 31 mars.

 Après une courte semaine de repos, le « 8e » est envoyé dans le secteur de Mort-Homme qu’il va défendre du 9 au 11 avril aux côtés du 16eB.C.P. et du 151e R.I.

 Du 9 au 11 avril, le Bataillon résiste héroïquement à une vive attaque allemande « Dans ces journées de combats le Bataillon a perdu 19 officiers et près de 600 hommes de troupe ».

 Le « 8e » B.C.P. est relevé dans la nuit du 11 au 12 avril par le 251e R.I. ; Il cantonne ensuite à Combles où il reste jusqu’au 7 mai pour y être reconstitué.

 Par un décret du 12 avril, le capitaine Michel de Grilleau, commandant le groupe cycliste de la 2e division de cavalerie, était promu au grade de chef de Bataillon et recevait le commandement du 8e B.C.P. Pour la troisième fois le « 8e » reprenait la direction de Verdun.

 Du 13 au 29 mai 1916, le « 8e » occupe, le secteur de Cumières-Chatencourt.

 Du 11 juin au 22 août, le 8e B.C.P., occupe le secteur de Reillon, en Lorraine, à l’est de Lunéville, secteur relativement calme malgré l’attaque allemande du 10 juillet qui fut repoussé les 11 au 12 juillet.

 En septembre, le Bataillon est envoyé en Picardie.

 Le 20 septembre au matin, le Bataillon occupe ses positions devant Rancourt qu’il aura mission d’attaquer le 25. A peine installé, il subit un bombardement des plus violents qui détruit la moitié de la 2e compagnie. La prise de Rancourd est un succès, malgré les barrages d’artillerie et le feu des mitrailleuses ennemies. Les pertes sont lourdes, mais le bataillon avançait toujours. Il est relevé dans la nuit du 29 au 30 septembre après que tous les objectifs soient atteints.

 Le 26 octobre, le Bataillon monte à nouveau en ligne à Sailly-Saillisel (30 km au sud d’Aras) dans ces combats, ses pertes sont encore très lourdes : 100 tués, 201 blessés, 90 disparus, 15 évacués. Il est relevé dans la nuit du 6 novembre par le 1er Bataillon du 161e R.I.

 Jusqu’en avril 1917, le Bataillon ne participe à aucun fait d’armes important. Il se prépare à l’offensive générale prévue par le général Nivelle.

 Le 16 avril, le Bataillon participe à l’offensive au nord de Berry-en-Bac, avec le 332e, le 94e R.I. et le 16e B.C.P. L’effectif du « 8e » est de 35 officiers, 1420 gradés et chasseurs. On ne parvient qu’à enlever le premier échelon au prix de lourde pertes : 69 tués, 69 disparus, 382 blessés, 9 évacués. Mais grâce au courage des Chasseurs, le « 8e » fait 287 prisonniers, prend des mitrailleuses, 3 minens et un canon de 37. « Les Chasseurs sont remarquable de courage et de sang froid », note fièrement le rédacteur du journal de marche.

 Pendant 21 jours, avec la faim, la soif, le froid, les nuits sans sommeil, au milieu des bombardements, les Chasseurs du « 8e » tiennent le secteur ; ils sont relevés dans la nuit du 7 au 8 mai 1917.

 Le 15 mai, Nivelle cédait la place à Pétain au poste de Chef d’Etat-major.

 A Verdun, avec le 16e B.C.P. et le 287e R.I., le « 8e »participa à l’une des attaques à objectifs limités. L’attaque commence le 20 août au matin. Le commandant de Grilleau est blessé. Malgré des pertes sensibles (110 hommes hors de combats) les positions sont enlevées. On fait plus de 150 prisonniers et l’on prend 8 mitrailleuses. Du 20 au 2 août les combats sont acharnés. Le 26 à « A 13 heures, tous les objectifs  sont atteints, 400 prisonniers dont 17 officiers ont mis bas les armes » journal de marche du 26 août 1917.) Le bataillon est relevé le 27 août. L’attitude particulièrement valeureuse et les actions héroïques de nombre de ses Chasseurs valent au « 8e » une nouvelle citation à l’ordre de l’armée en date du 20 septembre 1917. En novembre 1917, ayant obtenu quatre citation à l’ordres de l’armée, le « 8e » reçoit la fourragère aux couleurs de la médaille militaire.

 Après cette attaque, le « 8e B.C.P se trouve pendant trois semaine à Laheycourt, (près de Châlons-sur-Marne)pour y être reconstitué. Puis il remonte en ligne vers les Eparges. Après un mois de repos au sud de Toul (du 5 octobre au 2 novembre 1917), il passera tout l’hiver de 1917-1918 dans le secteur du bois Le Prêtre." Les pertes pendant cette occupation se sont élevés à 5 tués, 8 blessés, 2 disparus. " le 2 mars 1918, le Bataillon reçoit des mains du général DEBENAY la garde du Drapeau des Chasseurs.

 Le Bataillon sera relevé du bois le Prête le 7 avril 1918.

 Après quelques jours de repos dans la région de Toul, il est embarqué par chemin de fer pour se rendre dans la Somme où l’offensive allemande à fait des progrès inquiétants.

 Début mai, le Bataillon est en ligne devant Hangard-en-Santerre où il reçoit la mission de défendre Amiens, ville où il eut ses quartiers pendant trente cinq ans.

 Le 8 août, Le bataillon passe à l’attaque dans la région de Thennes, près d’Amiens. Il progresse de plus de 9 kilomètres dans les lignes ennemies, fait 280 prisonniers, prend 4 canons de 150, 3 de 77, 22 mitrailleuses lourdes, 37 légères, et un important matériel ; ses pertes était de 41 tués, 122 blessés. Le « 8e » obtient une autre citation à l’ordre de l’armée à la suite de cette offensive.

 Après l’attaque du 8 août le Bataillon est envoyé dans le secteur relativement calme de Moivrons, Près de Metz ; il est relevé début octobre et s’apprête à monter en ligne.

 La triple offensive du 26 septembre de grande envergure : Franco-américains, Franco-anglais et Franco-belges oblige la Bulgarie à signet un Armistice. Dès le 3 octobre, le gouvernement allemand demande l’Armistice immédiat.

 Ainsi le 1er novembre 1918 " Le Bataillon est chargé de soutenir l’attaque commencée par le 16e B.C.P. au nord-est de Vouziers, de le dépasser et de s’installer en fin de combat sur la rive gauche de la Bar, au sud est de Chatillon-sur-Bar ".(Journal de marche)

 C’est à Saint-Germain-la-Ville où le 11 novembre, le « 8e » apprend la signature de l’Armistice.

 Le « 8e » s’est glorieusement illustré pendant " la Grande Guerre ". Pour ces 7 citations (6 à l’ordre de l’armée, 1 à l’ordre du corps d’armée), il reçoit, le 21 janvier 1919, la fourragère aux couleurs du ruban de la Légion d’honneur.

 Le Bataillon a perdu durant cette période 2281 Officiers, sous-officiers,caporaux et chasseurs, soit environ deux fois son effectif. La France en 1918 comptait 1.310.000 tués ou disparus et 1.100.00 blessés, mutilés, gazés, frappés d’une invalidité permanente

L’ENTRE DEUX GUERRES

Le 8e Bataillon fait partie, pendant les premiers mois de l’année 1919, des troupes d’occupation en Allemagne. Il cantonne à Haguenau puis à Sultz. Le Bataillon est chargé d’assurer l’ordre dans une région pétrolifère où commence une grève.

 De retour en France, le 24 juin 1921, le 8e B.C.P. manœuvre sur le terrain de Frescaty en présence du Prince Impérial du Japon et du ministre de la guerre qui le lendemain, adresse ses félicitations au Bataillon.

 Le 8 mai 1923, une partie du 8e B.C.P. quitte Metz à destination de la Rhur, en renfort de l’armée du Rhin.

 Le 9, le Chef de Bataillon d’ACQUIN (1923-1925), trois capitaines, cinq lieutenants, et 362 chasseurs débarquent à Düsseldorf où ils cantonnent dans les bâtiments du jardin zoologique. Le 8e assure à partir du 10 mai la garde du Q.G. de l’armée au Stalhof et la surveillance d’un secteur de voies ferrées allant de Düsseldorf à Bilk.

 Le Bataillon passera les années 1925 et une partie de 1926 en casernement.

 Après Haguenau, Saint-Ingbert, Sultz, Metz et Düsseldorf, le « 8e » retourne à Metz le 27 août 1926.

 Le 17 septembre 1927, le Bataillon repart à nouveau pour assurer le service d’ordre à Paris pour l’arrivée de l’ « Américain Légion ».

 Le 28 mars 1931, le Bataillon de Sidi-Brahim fait une entrée remarquée dans sa nouvelle ville de garnison. A 14 heures, le « 8e » fait son entrée dans la ville de Forbach toute pavoisée. Après avoir parcouru les principales artères de la ville, il est reçu solennellement devant la mairie par la municipalité qui offre un vin d’honneur aux officiers, une prime de 5 francs aux sous-officiers et une prime de trois francs à tous les chasseurs présents au Corps.

 Le 8 janvier 1932, un détachement du Bataillon, composé du Chef de Corps, du Drapeau (au corps depuis le 7 septembre 1930) de la fanfare et de quatre sections de la 2e compagnie, quitte Forbach pour se rendre aux obsèques du ministre de la guerre. André MAGINOT.

 Le 1er août 1934, le Bataillon quitte Forbach par voie ferrée pour se rendre à Nancy où il doit assister aux obsèques du Maréchal LYAUTEY (décédé à Thorey, le 27 juillet 1934.

 Le « 8e » a donc changé huit fois de garnison entre 1919 et 1934. Les mutations nombreuses ne sont pas l’apanage de quelques corps. Les hésitations du ministère de la guerre pendant l’entre deux guerre provoquent des va et vient incessants qui sont préjudiciables à l’entrainement de la troupe.

 LES MANŒUVRES ALLEMANDES

 Le 30 janvier 1933, HITLER est nommé chancelier en Allemagne, deux ans plus tard la Sarre vote son rattachement à l’Allemagne nazie. Le 7 mars 1936, HITLER dénonce le traité de LOCARNO et occupe militairement la Rhénanie. Ces événements sont sous-entendus par le commandant PAUTY (chef de corps du  « 8e » du 24 juin 1938 au 10 septembre 1941) dans l’historique du Bataillon, concernant la période 1936-1941 : en 1936 le Bataillon tient encore ses quartiers à Forbach. En août 1936 le Bataillon quitte Forbach pour Toul.

 Lorsqu’en septembre 1938 HITLER envahit la Tchécoslovaquie, la tension internationale ne cesse de monter. Paris rappelle alors une partie de réservistes. Le Bataillon se porte à la frontière pour tenir «  le secteur confié à sa garde »

1939 – 1940

 Dès le 21 août 1939, le Bataillon est alerté en raison de la situation internationale.

 La journée du 22 est consacrée aux opérations de mise sur pied de l’échelon « A ».

 Le 23 à 11 heures, le commandant Pauty présente le bataillon au Drapeau ; le 8e quitte le quartier Luxembourg pour se rendre à la gare où il embarque pour Sarre-Union.

 Les cadres officiers et sous officiers rejoignent avec l’échelon « B » et ceux passant dans d’autres formations sont sur le quai pour saluer les partants.

 Après le débarquement, le Bataillon se fractionne ; l’état-major, la 1re Compagnie, la compagnie, la Compagnie d’accompagnement vont cantonner à Kirviller ; la 2e Compagnie et la 3e Compagnie se dirigent  sur Honskirich (Moselle).

 Du 24 au 30 août, le Bataillon exécute des travaux de défense passive.

 Le 31, l’échelon « B » amené par le capitaine BATARD est reparti dans les unités, la Compagnie Hors-Rang passe sous le commandement du Capitaine MOREL, la 1re Compagnie reçoit le Capitaine PILLANT.

 La journée du 1er septembre ne laisse pas présager une mobilisation générale, qui est néanmoins décrété le 2 à zéro heure ; elle est suivie le lendemain de la déclaration de guerre à l’Allemagne, à 11 heures par l’Angleterre, à 17 heures par la France.

 Le Général AYMES, commandant la 11e Division lance l’ordre du jour suivant : « Ordre général n° 1 : -Au moment où la 11e Division, entre en campagne, je rappelle aux officiers, sous-officiers et hommes de troupe qu’ils appartiennent à une grande unité particulièrement réputée pour son beau passé militaire. »

 « Aujourd’hui, comme hier, la Division de fer saura, je l’espère, qui la maintiendront inébranlablement sur le chemin de l’honneur et de la victoire qu’elle a toujours suivi ».

 Le 5 septembre à 22 heures, le Bataillon se regroupe sur Kirviller et part pour Ippling où il cantonne le 6 et une partie du 7.

 Le 8e Bataillon se porte dans le bois de Grosbliederstroff où il s’organise aux lisières Est.

 Dans la journée du 8, les unités complètent leurs approvisionnements en munitions ; un réglage d’artillerie est effectué. Ces opérations font prévoir une attaque proche.

 Le 9, la 11e Division ayant attaqué au petit jour, le Bataillon appuie le 170e R.I. sur son flanc gauche, la 3e Compagnie et une section de mitrailleuses franchissent la Sarre à Grosbliederstroff, suivis du gros du Bataillon.

 La 1re Compagnie s’installe aux lisières Nord de Kleinblittersdorf, la 2e avec des éléments du C.A., aux lisières Est, la 3e Compagnie dont une section avait tenu la Tuilerie, s’installe sur la route de Bubigen.

 Le Bataillon est accueilli par des rafales de mitrailleuses venant de Vorderwald ; les mines commencent à faire parler d’elles ; une chenillette saute occasionnant la mort des occupants et la perte de la vue de l’adjudant FEHSE.

 Au cours de la nuit, le groupe du sergent PIRE de la 2e Compagnie capture un prisonnier qui est immédiatement emmené à la Demi-brigade.

 Le 10, dans l’après-midi, la Tuilerie est réoccupée par une section de la 2e Compagnie, appuyée par une section de mitrailleuses ; la section BERNARD de la 3e Compagnie vient ensuite étoffer le dispositif.

 La 1re Compagnie profite de l’obscurité pour se porter dans Bubingen  avec une section de mitrailleuses et l’occupe sans coup férir. Les mines causent des pertes en hommes et en matériel.

 Le 11, une reconnaissance de la 1re Compagnie (lieutenant GUYON) part en direction  de Gudingen, son chef est grièvement blessé ; une autre de la 2e Compagnie (lieutenant FORET) se dirige vers la lisière de l’Hinterwald qu’elle met en état de défense ; elle est renforcée par la section CHALVET de RECY. Le reste de la 2e Compagnie s’installe sur le saillant Est de Bubingen.

 La 3e Compagnie est en retrait au téléphérique.

 Du 12 au 18 septembre, l’ennemi réagit par son artillerie et par l’envoi de nombreuses patrouilles ; nos incursions journalières dans les lignes allemandes permettent de déterminer qu’il s’organise sérieusement dans le Hambusch et le Birnberg. Au cours d’une reconnaissance, le chasseur MARIEN se défend seul avec son F.M. ; malgré le bipied en travers et la bretelle de son arme coupée par les balles, il continue le feu ce qui lui permet de décrocher.

 Du 19 au 23, le Bataillon cantonne à Welferding ; il effectue des travaux de défense passive et de terrassements à la Côte 345, au nord d’Ausmacher Sarre).

 Le 24, il relève le 2e Bataillon du 170e R.I. dans l’Hinterwald et le Vorderwald et reste en secteur jusqu’au 12 octobre.

 A partir du 4 octobre, le 8e occupe seul le front de 2 Bataillons.

 Il reçoit la visite d’un Général Anglais, venu inspecter nos organisations.

 Dans la nuit du 12 au 13 octobre, il est relevé par le 170e R.I. et va se reposer en étant toutefois en réserve d’armée à Remelfing ;

 Le 15, la 1re Compagnie est détachée en Sarre à Frauenberg. Après un repli stratégique, le 17, la 2e Compagnie se porte sur Welferding pour interdire le franchissement de la Sarre.

 Le 19, le Bataillon occupe Hundling, Metzing, et Ippling ; le soir, il regagne Remelfing d’où il doit partir pour une contre-attaque avec chars sur la Blies près de Neunkirch ; cette opération est annulée, la reconnaissance ayant reconnu que l’ennemi n’avait pas franchi la rivière ; la 1re Compagnie rejoint Sarrensming.Le 24, le 8e relève à Caderbronn les éléments du 18e Chasseurs à cheval ; il tient les avant-postes de l’Ermerich, de kerbach et la ligne de résistance passant près de la route de Forbach-Sarreguemines.

 De jour, un groupe de la section de l’Ermerich occupe le village d’Alsting situé entre les deux lignes adverses. Pendant 21 jours, les travaux d’organisations sont poussés malgré la pluie qui inonde les tranchées et les abris précaires.

 Le 11 novembre, le Bataillon se tient sur ses gardes en prévision d’une attaque ennemie qui ne se produit que le 1e 12 à la gauche du dispositif.

 Relevé par le 7e R.I., il arrive le 13 à Ernstwvller et embarque en camion pour Einville au Jard (Meurthe-et-Moselle) son cantonnement de repos.

 Le 23 novembre, une prise d’armes a lieu à Lunéville.

 Le 30, le 8e va cantonner à Jallaucourt (Moselle).

 Le 9 décembre, il a l’honneur de défiler à Novéant devant le Roi d’Angleterre.

 Le 5 février 1940, une remise de croix de guerre s’effectue par les soins du Général REQUIN qui lui-même, le 15, est décoré à Vic-sur-Seille de la grand-croix de la Légion d’honneur.

 Le 18, le Bataillon quitte Jallaucourt  et se rend fractionné à Lanning et Maxstadt, où dès le 20 il pose des rails, creuse des tranchées, coule du béton jusqu’au 26 mars date à laquelle il organise une position à Lixing et Vahlebersing.

 Le 10 mai, il quitte ses cantonnements qu’il avait agrémenté de jardin potagers et de massifs de fleurs pour se rendre à Bening.

 Le 11 mai au soir, il relève le 61e B.C.P. dans la région de Cocheren près de Forbach. La 1re Compagnie tient Rosbruck, la 2e Compagnie est à l’Hérapel, la 3e occupe Morsbach ; la Compagnie d’accompagnement est répartie dans les autres unités.

 Le 12 à 3h 55, l’ennemi commence à pilonner nos positions ; son tirse termine vers 13 heures et il lance son infanterie à l’attaque en formations très denses. Les avant-postes qui ont reçu la mission de tenir jusqu’au bout exécutent fidèlement l’ordre et sont encerclés ; les tentatives de dégagements sont vouées à l’échec. Leur sacrifice à permis aux éléments de la ligne de résistance d’ajuster leur feu et de disloquer les vagues qui déferlaient de toutes parts.

 Le 13, la canonnade reprend, mais elle est de moins longue durée que la veille ; les tentatives d’infiltrations échouent devant notre tir intense.

 Les Allemands n’ayant pu entamer notre position, entreprennent des tirs de harcèlements, mais comme les jours précédents, notre artillerie fait taire celle d’en face.

 Le 16 à 22 heures, Le Bataillons relevé se rend à Fremestroff, le 18 il cantonne à Pévange et Rode.

 Le 19, juin 1940, il embarque à Haboudange. Après plus de trois jours de voyage, il arrive à Plessis-Belleville et gagne Chaalis ; le lendemain il fait mouvement sur Bethisy-Saint-Pierre (Oise) où il séjourne quelques heures ; il marche sur la Faisanderie (8 kilomètres de Compiègne) où il organise la défense de la forêt, particulièrement contre les engins blindés.

 Le 2 juin, il occupe les bords de l’Aisne et creuse des emplacements dans la région de Trosly-Breuil.

 Le 10, il reçoit l’ordre de décrocher ; le départ est salué par des rafales de mitrailleuses.

 Le « 8e » se porte sur Ormoy-Villiers où à nouveau il crée des organisations ; la 3e Compagnie appuis le 61e B.C.P. et soutien un combat acharné ; malgré un ennemie nombreux se renouvelant sans cesse, elle ne se laisse pas entamer.

 La 2e Compagnie s’apprête à renforcer la ligne dans la soirée du 12 ; à ce moment l’ordre arrive de se porter sur la Marne à Trilbardou. L’ennemi étant à Meaux, le Bataillon décroche et se rend  à Presle-en-Brie ; il embarque en camion pour la Chapelle-la-Reine et prend ensuite le train pour la Ferté-Saint-Aubin.

 Le 17 juin, il stationne dans le bois de la Caille, près de Tigy ; le lendemain il occupe les bords de la Loire, près de Sully-sur-Loire, où tous ses éléments rivalisent de cran pour en empêcher le franchissement et permettent aux éléments n’ayant pas trouvé de ponts, de revenir sur notre rive.

 Le 19 juin, il bivouaque à la ferme de Boulaire à 3 kilomètres de Pierrefitte ; la 2e Compagnie et une section de mitrailleuses doivent renforcer le 61e B.C.P. ; la reconnaissance est effectuée, mais l’ordre d’exécution est annulé par suite du mouvement général envisagé. Vers 22 heures, l’ennemi tente de déborder notre gauche ; les rafales de mitrailleuses et de mitraillettes crépitent sur les éléments rassemblés  au point initial ; la riposte est immédiate, nos F.M. et fusils imposent bientôt le silence.

 Après la traversée de Salbris, le « 8e » s’installe à Mennetou où certains éléments ennemis l’avaient précédé ; il s’organisent et passe la journée sur les bords du Cher, interdisant l’approche de notre rive, appuyé par un canon de 75, en batterie près du pont sauté et tirant à vue directe.

 Au court de l’action, le capitaine NACHBAUR est blessé grièvement ;la 1re compagnie est chargée de tenir la rivière pendant que les autres unités gagnent Grassay et quitte son emplacement dans la nuit.

 Le Bataillon embarque en camion à destination de Buzançais, puis du château de Lacombe. Il s’organise dans la journée du 23 à Pouillac, puis est transporté à nouveau à Aumont où il apprend la signature de l’Armistice le 24 juin 1940.

 Pendant la durée de cette guerre, le 8e Bataillon de Chasseurs à pied s’est montré digne du numéro qu’il porte ; partout où le commandement lui a fixé une mission, il l’a fidèlement exécutée ; il ne sait jamais découragé et même dans les moments difficiles, il s’est souvenu qu’il était le Bataillon de « SIDI-BRAHIM ».

 Les témoignages des grands chefs qui sont insérés  dans cet historique prouvent d’une manière éloquente qu’au combat et en paix, il a à cœur de continuer les belles traditions que lui ont léguées les Chasseurs de 1845 et ceux de 1914-1918.

 

                                     Ordre du Jour du Général FRÈRE

 

Commandant la VIIe Armée

Officiers, Sous-officiers, Soldats,

         La guerre se termine sans que la VIIe Armée ait été battue. Attaqués sur la Somme et sur l’Ailette par un ennemi disposant d’une supériorité écrasante aviation et en engins blindés, vous n’avez pas cédé.

         Ces durs combats ont été suivis de la douloureuse épreuve de la retraite. L’avance de l’ennemi sur nos deux flancs nous menaçant d’encerclement, il a fallu pour échapper à son étreinte, opérer un repli de plus de 400 kilomètres. Je connais les efforts surhumains que vous avez dû fournir. Si je vous ai demandés, c’est pour éviter la honte et les misères d’une  capitulation en rase campagne.

         Vous connaissez les causes de nos échecs. Le Maréchal Pétain, le glorieux vainqueur de 1918, vous les a indiquées.

         Soldats de la VIIe Armée, vous représentez une force contre laquelle l’ennemi s’est brisé et qu’il n’a pu dissocier. Il faut que les vôtres le sachent, quand vous rentrerez dans vos foyers.

         Je décide donc que tout combattants, ayant pris part aux opérations du 5 au 24 juin et resté en armes dans son unités, recevra la croix de Guerre.

         Maintenant, refaites vos forces et demeurez, comme dans la bataille et dans la retraite, groupés autour de vos chefs. C’est aujourd’hui, plus que nécessaire que jamais.

         Soldats de la VIIe Armée, conservez le cœur fier et la tête haute : vous n’avez pas connu la défaite.

 Q.G.A., 24 juin 1940 (23h).                             Le Général FRÈRE

                                                                      Commandant la VIIe Armée                              

 

PARTICIPATION A L’ARMEE D’ARMISTICE

 

Le 8e est reformé à la même date en unité d’armée d’armistice. Il stationne à Marthon (Charente), ou plutôt, il " est disséminé sur 25 kilomètres du front pour assurer la surveillance de la ligne de démarcation." (le P.C est à Marthon, la 1re Cie à Tapont, la 2e à Vouzan puis à St. Somain, la 3e à Grassac, les engins à Feuillade). Au printemps 1941 le « 8e » séjourne au complet pendant quelques semaines au camp de Bourg-lastic, puis il part pour le camp de la Fontaine du Berger, près de Clermont-Ferrand, où le commandant PAUTY lui fait ses adieux le 10 septembre 1941 après l’avoir commandé depuis le 24 juin 1938, il est remplacé le 15 septembre par le commandant CADORET. Le 3 octobre le Bataillon rallie Marthon qu’il quitte le 21 pour Magnac-Laval. (Haute-Vienne).

 Après un séjour au camp de la Courtine (juin-juillet1942), le « 8 » est dissous le 27 novembre 1942 lorsque l’armée d’armistice est désarmée lors de la riposte allemande au débarquement en Afrique du Nord.

 LA LIBERATION

 Le 25 août 1944, Paris était libéré. Le Général de GAULLE s’adressait dans un célèbre discours à l’hôtel de ville au peuple parisien, alors que la libération du pays s’organisait.

 Par note du commandement supérieur des forces Françaises en Grande-Bretagne n° 41/EMG en date du 11 août 1944 et la note du Général NOIRET chef de l’Etat-major guerre, n° 57/EMA/I en date du 7 septembre 1944, il était procédé dans la région parisienne à la création d’un Bataillon de Chasseurs qui prendrait la nomination de 8e Bataillon de Chasseurs.

 Le lieutenant –colonel POCHARD était désigné pour prendre le commandement.

 Cette unité devait être constituée par priorité au moyen du personnel de la " Sidi-Brahim" société de préparation militaire, qui sous le commandement du Lieutenant de réserve MONTEGUIAGA s’était reformée sous l’occupation, et avait combattu pour la libération de Paris dans le 14e arrondissement, et complétée, si besoin était à l’aide d’autres éléments F.F.I. de la région parisienne.

 ENCADREMENT DU 8e B.C.P.

 Commandant du Bataillon   : Lieutenant-colonel POCHARD (A)

Chef d'Etat Major                : Chef de bataillon KUGLER (R)

 Capitaine adjoint               : Capitaine PUGLESI-CONTI (A)

 Médecin Chef                    : Médecin Capitaine BERTRAND (R)

 COMPAGNIE DE COMMANDEMENT

 Commandant de Compagnie : Capitaine SIMEON (R)

 Officiers des détails            : Lieutenant de MONTPLANET (R)

 Officier du matériel             : Lieutenant FROMAGEOT (R)

 Officier des Transmissions   : Lieutenant HAINAULT (A)

 Officier d’appro. Et auto      : Lieutenant GEX (R)

 Le Bataillon se forme à l’école militaire à Paris et très rapidement son effectif atteint 800. Tous les gradés et Chasseurs sont des Parisiens. Tous sont F.F.I., de la région Parisienne.

 En septembre 1944, il adopte une structure à 8 compagnies de combat et 1 section hors rangs puis en octobre le type américain "Rangers". Il comprend alors une compagnie de commandement, une compagnie d’appui et 3 compagnies de combat. Les compagnies de combat sont à l’effectif de 75, à deux pelotons et un groupe de mitrailleuse.

 La période du 22 septembre au 20 octobre fut mise à profit pour pousser l’instruction et se procurer l’armement et l’équipement nécessaires.

 Le 21 octobre 1944, après un long mois d’attente, il embarquait enfin pour la région de Verdun. Il débarquait à Dieue-sur-Meuse et était mis sous les ordre du Général DODY, gouverneur militaire de Verdun et de Metz. Le Bataillon était alors mis à la disposition du Général WALKER. Commandant le 20e Corps d’Armée US.

 Le 11 novembre, le Capitaine d’active PUGLIESI-CONTI prenait le commandement : Le 10 novembre la 1re Brigade de Chasseurs avait été formée (8e, 16e, 30e Bataillons), le 8e fournissait aux 16e et 30e Bataillons un important appoint de cadres et de spécialistes.

 Le 16 novembre, la Demi-brigade serait sur le dispositif du 20e C.A. U.S, le « 8e » se portait à Thionville et Rezonville.

 Le 18, les patrouilles tâtaient les défenses avancées de Metz à Gravelotte. En ramenant une trentaine de prisonniers, le détachement s’engagea dans un champ de mines et le Chasseur LAPEYRADE fut déchiqueté, premier mort du Bataillon et de la Demi-brigade.

 Le Bataillon participa avec la Demi-brigade et le 20e C.A.- U.S à la libération de Metz où il défila le 22 novembre 1944, c’est le premier défilé des troupes françaises à Metz depuis 1940. Le Général WALKER adressa au colonel POCHARD la lettre suivante.

 " Mon colonel,

 Le 20e Corps s’est emparé de Metz, c’est avec beaucoup de fierté que je remercie les officiers et Chasseurs de la 1re Demi-brigade pour leur participation à la bataille. Je veux exprimer à vos Bataillons ma joie et mes remerciements d’avoir eu sous mes ordres au cours de cette opération historique, des éléments de la 1re Demi-brigade de Chasseurs de Lorraine comprenant le 8e, 16e, et 30e Bataillon de Chasseurs à Pied " .

                                                                                               Fidèlement votre

 Le « 8e » devait garder son P.C. à Thionville durant 3 mois. Le Bataillon de Sidi-Brahim effectua des missions de sûreté pour le 20e Corps dans la région de Valmestroff, Koeningsmaker, Petit-Hettange, Kerling, ayant pour mission de garder les voies de communications, et les dépôts d’essence et de munitions du 20e Corps.

 En décembre, la 3e compagnie s’installe dans la région d’Apach-Monneren, et pousse des reconnaissances en Allemagne dans la région de Perl.

 Début mars 1945, les éléments avancés du « 8e » collaient à la D.I. U.S et entraient en Sarre. Le Général Walker faisait alors officiellement demander au gouvernement Français que la ½ brigade de Chasseurs reste à sa disposition au cas ou le 20e C.A. entrerait en Allemagne.

 Le 29 mars, les éléments du « 8e » atteignent Coblence et Boppard qu’ils occupent, l’armée Américaine franchit le Rhin mais la ½ brigade reçoit l’ordre de s’arrêter sur le Rhin (le « 8e »  exploite l’occasion, et tremper son fanion dans ce grand fleuve). Cependant certains éléments le franchissent et font le coup de feu avec les " Yankee Brothers".

 Le 27 avril, le 8e B.C.P se rassemble à Thionville, il entre alors dans la composition de la 3e D.B. Il s’implante le lendemain à Souppes-sur-Loing.

 Le 11 juin l’armistice surprend le « 8e » en manœuvre de chars avec l’armée américaine.

 Le Bataillon est porté fin septembre dans la région de Trèves.

 Le Bataillon de Chasseurs à pied, fut l’une des premières unités régulières reformées sur le territoire libéré. De ce fait, il a été stationné dans la zone des combats du 21 octobre 1944 au 28 avril 1945.

 Le 8e B.C.P. a eu 8 morts et de nombreux blessés.

 Le Général Walker lui a fait décerner 14 bronzes Stars (4e médaille dans l’ordre américain).

 Le 25 novembre 1944 le Général PATTON, commandant la 3e Armée américaine, est nommée sergent honoraire au 8e Bataillon de Chasseurs à Pied.

 Quatre années après c’est le lieutenant-colonel POCHARD qui a recrée le 8e B.C.P. qui devenu en 1847 le 8e Bataillon de Chasseurs portés sous les ordres du lieutenant-colonel TABOUIS.

 Alors que le colonel VERGUET commandait le Bataillon en 1968, le « 8e » a pris le nom de groupe de Chasseurs mécanisés.

 C’est enfin sous les ordres du Colonel LOMBARD que le « 8e » groupe de Chasseurs, en tant qu’unité de la 1re division blindée, va participer à l’aventure européenne en devenant l’un des corps d’infanterie du Corps Européen.

 Le Bataillon voit sa dissolution à Wittlich, en 1999

 

Note de l'auteur

 Je garderais un grand souvenir de ce 7 mai 1999 où j’ai put assister aux adieux à la population de Wittlich du « BATAILLON DE SIDI-BRAHIM » J’y aie entendu, de la part de grand anciens du Bataillon, des paroles dures envers ceux qui ont d’un trait de crayon, rayé de l’Armée française ce Bataillon décoré de la Légion d’honneur, qui a offert à l’arme Chasseurs, les traditions qui ont fait d'eux une arme d’élite.

 L’auteur Michel Chantriaux